‹ La Violence Dans Les Grèves AnglaisesChapitre 16 sur 181 · PE. UE · texte numérisé non relu

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venir du dehors pour les remplacer, et, là encore, les menaces et les coups auront un rôle à jouer; parois, 1ls auront pris d'avance la précaution de mettre les machines hors d'état de fonctionner, moyen radical de couper court à une tentative de « sarrasinage »3. Si le patron ne capitule pas rapidement, s’il est riche, ou si sa fierté ou les calculs qu'il a faits d’après ses bilans, lui interdisent de céder, les grévistes commencent à crier famine, et l'heure du recours aux grands moyens ne tarde pas à sonner. Il s’agit maintenant de faire peur au patron, et aux autorités. On commence par des menaces; on continue par des démonstrations tumultueuses: on finit parfois par l'incendie, la dynamite et le « citoyen browning ».

Sans doute, toutes les grèves ne suivent pas le processus que nous venons de décrire brièvement : leur évolution plus ou moins pacifique dépend de la résistance du patron, des ressources des ouvriers, du tempérament local. Mais, après tout, quand des troupes entourent une ville et, sans

3. Emile POUGET, le Sabolage, 1911, p. 46, citant BOUSQUET: « Se mettre en grève et laisser en état normal les machines et les outils, est du temps perdu pour une lutte efficace. En effet, le patronat, disposant des renégats, de l’armée, de !a police, fera fonctionner les machines. et le but de la grève ne sera pas atteint.

» Le premier devoir avant la grève est donc de réduire à l'impuissance les instruments de travail. C’est l'A, B. C. de la lutte ouvrière ».

4. Lorsque les ouvriers peuvent s'appuyer sur des syndicats riches et puissants, les violencés sont en général plus rares. Le fait de recevoir une indemnité de grève suffisante pour vivre leur épargne les souffrances de la faim, mauvaise conseillère. Un syndicat puissant, englobant la majorité de la profession, peut empêcher, par sa seule autorité morale, que les ouvriers en grève ne soient remplacés par des jaunes. Si le patron fait venir des jaunes des localités non touchées par la grève, le syndicat pourra les déterminer à s’en retourner, en leur expliquant la làcheté de leur conduite, en les menaçant de les faire boycotter plus tard par les syndicats de leur ville, enfin en leur payant leur retour, au prix duquel il joindra parfois une légère gratification. Mais il ne faut pas oublier que la caisse d'un syndicat, même riche et influent, n'est jamais inépuisable, et qu’un syndicat n’englobe jamais tous les ouvriers de la profession. Si la grève est longue, il faudra tôt ou tard recourir à la violence, si l’on ne préfère capituler. — Comparer BOURGET, La Barricade, acte III, Scène III: « La tactique de la persuasion n’est pas admissible après quarante-sept jours de grève ».

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