‹ La Violence Dans Les Grèves AnglaisesChapitre 17 sur 181 · LEE CURE · texte numérisé non relu

LEE CURE

donner l'assaut, l'obligent à se rendre par la famine, elles ne font qu'employer la tactique des grèves les plus calmes 5. Sans doute, la loi interdit certains procédés trop énergiques que les ouvriers ont souvent tendance à employer. Mais la guerre aussi à ses lois. Il est vrai que les lois de la guerre manquent souvent de sanction effective, landis que le bras de la justice répressive s’abat parfois sur les grévistes coupables d'actes de destruction et de brutalité. Mais combien de délinquants de ce genre échappent à toute pénalité ?

C'est d’ailleurs l'intervention de la loi posilive qui va nous fournir le criterium de la violence. De prime abord, on pourrait dire que toute grève, même la plus calme, constitue un acte de violence : en effet, exercer une contrainte sur une personne pour oblenir d'elle une concession qu'on n'obüendrait pas de son plein gré, peser sur la volonté d'un contractant, lui infliger un dommage pour le forcer à modifier les clauses d’un contrat synallagmatique, c'est lui faire violence 5. Or la grève est bien le moyen de contrainte que nous venons de décrire : en maintenant la cessation concertée de travail, les ouvriers veulent causer au patron une perte telle qu'il juge plus avantageux d'accorder une réponse favorable à leurs revendications que de continuer une résistance ruineuse. Pendant longtemps le droit posiil a réprimé toutes les grèves, comme constituant en ellesmêmes une violence, une contrainte, une atteinte à la liberté du commerce et de l'industrie, et la mentalité de plus d'un juriste et d'un magistrat conserve encore l'empremie de celle législation 7.

Actuellement, dans presque tous les pays du monde, la

5. M. LEFrAS, dans les Grèves et leur Réglementation, p. 193.

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