‹ La Violence Dans Les Grèves AnglaisesChapitre 24 sur 181 · Réflexions sur la Violence, p · texte numérisé non relu

Réflexions sur la Violence, p

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occupalions morales, qui dominent chez les intellectuels 37, créent eutre eux et les militants des divergences profondes, qui atteignent jusqu'à la notion même de la violence. Pour Sorel, comme pour Renan, « les valeurs morales baissent, le sacrifice disparaît presque » #. Le monde ne peut attendre une résurrection morale de la classe bourgeoise, composée d'intellectuels, de marchands et de politiciens #, uniquement préoccupés de jouissancés immédiates, de satisfactions matérielles, envahis par la dégénérescence démocratique, par les vagues théories de philanthropie amollissante, de paix sociale et de niaiserie sentimentale, qui déguisent sous le prestige des grands mots les appétits les plus bas #. Le prolétariat est le dernier réservoir d'énergie : il sauvera malgré elle la civilisation moderne en substituant la morale des producteurs # à celle des oisifs et des jouisseurs. Malheureusement, 1l tend lui-même à se laisser envahir par la dégénérescence démocratique, et séduire par le prestige de rélormes sociales, habilement exploité par les politiciens. La violence lui rendra son énergie, et, en même temps, contramdra les capitalistes à se réveiller, et à maintenir et développer le progrès industriel dont ils sont les artisans, et dont ils seront les victimes *?. Elle sera cet « équivalent moral de la guerre » que cherchait le psychologue William James, de la guerre « organisation monstrueuse de la déraison et du crime », mais qui constitue pourtant « un rempart

37. Consulter sur ce point : La Philosophie syndicaliste, de M. GUY-GRAND, 1911; — la thèse de M. Gaëtan PIROU, Paris, 1911, Proudhonisme et Syndicatisme révolutionnaire; — un article de M. PIrROU dans la Revue polilique et Parlementaire d'Octobre 1911, « à propos du Syndicalisme révolutionnaire. Théoriciens et Militants », p. 130-142, — et La Vie ouvrière, 5 Décembre 1911, D. 742-744; 20 Décembre 1911, p. 840; 5 Octobre 1911, p. 450-451.

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