Réflexions sur la Violence, p
42, Réflexions sur la Violence, p. 100-121.
es
contre la mollesse et la lâcheté.…. une école de vie ardue et d’héroïsme » #, Peut-être ne réalisera-t-elle pas l’'émancipation du prolétariat par la grève générale révolutionnaire, synthèse d'idées puissamment motrices, mythe qui dirige et ennoblit ses efforts # ? En tout cas « elle apparaît comme une chose très belle et très héroïque, au service des intérêts primordiaux de la civilisation » #. Dominée par le mythe de la grève générale victorieuse, qui produit « un état d'esprit tout épique » et permet, grâce à la persistance de la nation catastrophique, d'alimenter l’idée de lutte de classes « au moyen d'incidents qui paraîtraient médiocres aux historiens bourgeois » #, elle n'exigera pas un grand déploiement de brutalité. Acte de guerre, elle ne dégénérera point en férocité, car « tout ce qui touche à la guerre se produit sans haine et sans esprit de vengeance »47. Préparant l'avènement de la morale du producteur, elle répudiera le sabotage, contraire à la dignité de l'ouvrier, à sa valeur professionnelle ‘8.
En somme, la conception idéologique de la violence formulée par Sorel nous apparaît bien différente de la conception plus simpliste et plus brutale des syndicalistes : c’est un symbole, comme la grève générale est un mythe. Sa doctrine n’est pas cette synthèse fidèle des aspirations du monde ouvrier que les intellectuels venus des rangs de la
43. I] est curieux de noter, sur le rôle moral de la guerre, les opinions assez voisines de joseph de Maistre, Proudhon, Frédéric Nietzsche, William James et Georges Sorel.
44. Réflexions Sur la Violence, p. 155-205. Il semble bien qu'aux yeux de Sorel la supériorité morale du prolétariat tient à ce qu'il est une classe pauvre et opprimée, soumise à la loi du travail; cette supériorité morale risquerait de disparaître s’il était victorieux,