QUE
salaire suffisant, déterminent les ouvriers anglais à se grouper pour formuler des réclamations collectives $. Des orèves nombreuses éclatent, et sont fréquemment l'occasion de violences. On remarquait en 1741 que les cardeurs de laine « s'étaient depuis un certain nombre d'années érigés en une sorte de corporalion.. et quand ils devenaient un peu redoutables, ils donnaient des lois à leurs maîtres et aussi à eux-mêmes. Ainsi : que nul ne carderait la laine au-dessous de 2 shillings par douzaine; que nul maître n’emploierait un cardeur qui ne fût pas de leur club. S'il le faisait, ils s'accordaient tous à ne pas travailler pour lui : et même s’il avait vingt ouvriers tous quiltaient le travail, el souvent ils n'élaient pas satisfaits ainsi, mais mallraitaient l’honnèle homme qui travaillait et, faisant désordre, le battaient, brisaient ses pots et détruisaient ses instruments de travail » 4.
En 1768, Benjamin Franklin, pendant son séjour à Londres, se plaint « que la capitale soit quotidiennement le théâtre d'émeutes et de désordres... On voit des débardeurs et des portelaix employés au transport du charbon, qui mettent à sac la maison des marchands de charbon, qui refusent d'augmenter leurs salaires; des scieurs de long qui démolissent les scieries; dés marins qui désarment des navires en partance, el les empèchent de mettre à la voile jusqu'à ce que les armateurs aient élevé leurs salaires; des bateliers qui détruisent des bateaux appartenant à des particuliers, et menacent de démolir les ponts »5.
En 1765, 1769 et 1773, les lisseurs de soie de Spitalfield fomentent des troubles, et font des processions qui dégé-
3. Histoire du Trade-Unionisme, p. 98, 31, 38, 44, 46. — ASSINDER, The Legal Position of Tradé-Unions, 1912, p. 3-8.