Histoire du Trade-Unionisme, p. 140 et
RTS
La doctrine de la « conspiracy at common law », l'interprélation large des termes « molestation and obstruction » contenus dans l’act de 1825, l'application des lois sur les rapports entre maîtres et serviteurs qui punissaient de prison le fait de quitter un travail sans l’achever, servirent à juslifier de nombreuses condamnations prononcées contre les ouvriers désireux de recourir à la grève pour appuyer leurs revendications 2.
Des grèves malheureuses achevèrent de décourager les travailleurs, qui laissèrent tomber la Grande Union nalionale consolidée des Méliers, pour se consacrer à l'agitation révolutionnaire chartiste. Leur activité dans l'ordre professionnel se manifesta par des attentats qu'expliquait la iyrannie exceptionnelle des patrons, et dont nous trouvons le type dans le procès de cinq fileurs de coton de Glasgow, poursuivis en 1838 pour conspiration, intimidation violente et meurtre de compagnons de travail. L'union des fileurs de coton avait établi à Glasgow un régime de terreur, et certains de ses membres étaient coupables de violences graves, sinon de meurtres. Cependant, « la classe ouvrière était de leur côté, et leur condamnation à sept ans de détention fut accueillie avec autant d’indignation que celle qui avait été prononcée quatre ans auparavant contre les journaliers de Dorchester. C'était un des effets naturels du despotisme de classe et de la rébellion à peine voilée que nous avons déjà décrits. L'emploi de la violence par les ouvriers, soit contre des patrons odieux, soit dans leurs propres rangs contre les traîtres, était considéré à peu près comme les attaques politiques d'une race sujeite contre la domination étrangère. De tels faits, en réalité, ne marquaient pas un état de dégradation morale chez ceux qui les accomplissaient » #,