Histoire du Trade-Unionisme, p
80, Histoire du Trade-Unionisme, p. 279-273 31, Histoire du Trade-Unionisrne, p. 275-987.
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une marrmile de poudre avait fait explosion dans la cheninée de la maison d’un ouvrier, Thomas Fernehough, qui avail par deux fois abandonné l'Union des ouvriers fabricants de lames de scies, et travaillait à ce moment pour un patron contre lequel les fabricants de lames et de poignées de scies avaient fait grève, Cel attentat n'était qu'un numéro dans une série de crimes qui avaient déjà rendu Sheffield célébre, La coutume de l'empéchement du travail existait depuis longtemps dans cette ville : elle consistait dans l’enlévement temporaire des courroies de meules où des outils d'un ouvrier en retard pour payer sa cotisation à son Union, « C'était devenu le moyen ordinaire de contraindre, non seulement au paiement des cotisalions, mais encore à l'obéissance aux règlements corporatifs du Club. La juridiction sommaire et légale ainsi usurpée par les clubs de Sheffield aboutissait facilement à une application plus sérieuse de Ja loi de Iynch, si l'empéchement pur et simple restait sans effet, Les ouvriers récalcitrants élaient terrorisés par des explosions de boîtes à poudre placées sous leurs meules à aiguiser ou Fancées dans leurs cheminées; et dans plusieurs cas les explosions causérent de sérieux dommages. Les diverses Unions de repasseurs de lames jouissaient d’une triste notoriété pour des attentats de ce genre qui avaient, de temps à autre, excité des spasmes d'indignation dans la presse locale. Une tentative en 1861, pour faire sauter un petit magasin dans Acorn Street, provoqua une explosion d'indignation publique; et les procès-verbaux du conseil des syndicats de Londres montrent que déja, à cette occasion, le conseil exprima publiquement son horreur pour ces violences criminelles. Après cette date, il y eut pendant trois ou quatre ans une diminution du nombre des actes sérieux de violence; mais les années 1865-1866 virent renaître ces fächeuses pratiques, surtout paf le fait de l'Union des fabricants de
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lames de scies. Il fut établi plus tard que l'explosion de New Herejord Slreet, en octobre 1866, avait eu lieu à l’instigation de celte union » #2.
La presse capitaliste s'empara de l'attentat d'octobre 1866 pour réclamer une enquête sévère. De leur côté, les leaders des grandes Trade-Unions exprimèrent hautement leur indignation contre l'attentat, mais aussi contre la présomption générale établie par les journaux qu'il était une manifestation usuelle et nécessaire du Trade-Unionisme, et demandèrent également la nomination d’une commission royale d'enquête, munie de pouvoirs exceptionnels, chargée de faire la lumière sur les attentats commis pendant les dix années précédentes à Sheffield ou ailleurs, ainsi que sur « tout le sujet et tous les effets du Trade-Unionime » #.
La commission royale nommée au début de 1867 commença aussitôt ses travaux sur ces deux points. L'enquête faite à Sheffield ne révéla d’abord rien de nouveau. « Mais en juin 1867 l'émotion générale fut soulevée par les aveux dramatiques de Broadhead, et d’autres membres des clubs corporatifs de repasseurs, qui dévoilérent une série d’attentats sauvages commis par eux, et payés sur la caisse des clubs. Pendant quelque temps, il sembla que toutes les accusations lancées contre le Trade-Unionisme en général élaient sur le point d’être justifiées; mais les commissaires rapportèrent que les quatre cinquièmes des sociétés, même à Sheffield, étaient innocentes des attentats, et que ceux-ci avaient été nombreux, surtout en 1859, et avaient diminué ensuile. Le seul autre centre dans lequel les commissaires pensèrent nécessaire de faire une enquête sur les attentats fut Manchester, où l'Union des briquetiers avait commis plus d’un crime, mais où la complicité d'aucune autre union ne fut établie. Il devint évident pour tous ceux qui
32. Histoire du Trade-Unionisme, p. 276, 277, note 1. 33. Histoire du Trade-Unionisme, p. 271.
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suivaient l'affaire sans parti pris, que ces actes criminels ne pouvaient être mis à la charge de tout le Trade-Unionisme. Ils représentaient, en réalité, la survivance, dans des métiers grossiers et isolés, comme ceux des briquetiers et des repasseurs, des usages barbares d’une époque où les ouvriers se sentaient eux-mêmes hors la loi et opprimés par la tyrannie » %#,
Devant le gros de la commission, resté à Londres pour étudier la question des Trade-Unions en général, la défense des grandes unions du « nouveau modèle » fut habilement présentée par un député radical, M. Thomas Hughes, et par un leader positiviste, M. Frédéric Harrison, secondés par les membres de la « Junta », spécialement par Allan et Applegarth. Ils démontrèrent que le Trade-Unionisme n'avait rien de commun avec des attentats isolés, et réussirent à déterminer un changement d’attitude chez les classes gouvernantes, qui se traduisit par le vote des acts de 1869 et 1871, protégeant les fonds des Unions contre les détournements de leurs agents, et leur accordant une capacité civile limitée.
Les grèves qui survinrent entre 1871 et 1875 démontrèrent encore avec quelle sévérité les magistrats appliquaient les lois sur les coalitions. En 1871 « sept femmes furent emprisonnées en Galles-Sud simplement pour avoir crié « Bah » à un « blackleg » #. En 1872, des ouvriers gaziers de Londres furent condamnés à douze mois de prison pour « conspiracy » dans le but de contraindre et molester lèurs patrons en se préparant à quitter le travail tous ensemble %, La même année, à l'occasion d’un lockout de journaliers agricoles près de Chippng Norton, « deux juges, qui se trouvaient tous deux être des prêtres,