‹ La Violence Dans Les Grèves AnglaisesChapitre 62 sur 181 · LE ST SEE · texte numérisé non relu

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la voir se prolonger, décuplait les effets immédiats de la cessation partielle de la circulation des trains, et que la grève des ouvriers des ports, qui l'avait précédée, et qui durait encore dans beaucoup de centres, avait déjà raréfié les subsistances et les matières premières immédiatement disponibles.

Quoi qu'il en soit, dès le 19 Août, M. Lloyd George, le pacificateur de 1907, réunissait au Board of Trade les représentants des compagnies, les membres du comité de grève, et M. Ramsay Mac Donald, du Labour Party, adversaire du syndicalisme des Tom Mann et des Tillett. Les représentants des compagnies avaient reçu la promesse du gouvernement qu on leur permettrait un léger relèvement des tarifs. Les membres du comité de grève étaient un peu effrayés du mouvement qu'ils avaient déchaïné, el ne cherchaïent qu'une porte de sortie honorable. Enfin M. Ramsay Mac Donald et les politiciens travaillistes étaient, au fond, furieux contre les unions qui avaient déclaré la grève sans demander leur avis, et qu'ils étaient forcés de suivre, puisqu'ils n'avaient pu les diriger, Aussi, après une longue discussion, on finit par se mettre d'accord sur une solution bâtarde, aussi peu satisfaisante que celle de 1907, mais qui permettait aux leaders ouvriers d'éviter les risques d’un échec, et de crier victoire à bon compte. À onze heures du soir, le comité de grève télégraphiait à toutes les unions locales des chemins de fer : « Le comité a mis fin à la grève. Victoire pour le trade-unionisme sous tous les rapports. Les hommes doivent reprendre immédiatement le travail » ®.

En réalité, l'accord de 1907 restait debout. Les compa-

57. Voir Syndicalism, by J. Ramsay MAC DONALD, 1912. — Socialist Review, February 1912, À plea for puritanism, by J. Ramsay MAC DONALD, p. 422-430.

58. Le Mouvement social, Novembre 1911, La Grève des Chemins de fer. anglais, par Hilaire BELLOC, p. 987-991, spécialement p. 989. :

59, Journal des Econoïmistes, Septembre 1911, p. 362.

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gnies ne reconnaissaient pas les Unions. On prévoyait seulement la nomination d’une commission royale chargée d’enquêter « sur le fonctionnement du système élabli depuis novembre 1907, et de proposer les changements propres à obtenir un prompt règlement des conflits » 5. Aussi les travailleurs des chemins de fer n'étaient guère satisfaits. Quelques jours après, dans le « Labour Leader » M. J. Bruce Glasier qualifiait sévèrement l'accord du 19 Août : il l'appelait « le Sedan des employés des chemins de fer » et ajoutait « Après n'avoir rien obtenu, les membres du comité de grève ont envoyé un télégramme disant qu'ils avaient la victoire. C'était un mensonge : et c'est sur ce mensonge que les hommes ont repris le travail » 6t.

Peut-être cette condamnation de l'accord du 19 Août 1911 était-elle trop sévère : 1l stipulait en effet qu'aucun agent ne serait révoqué, ni poursuivi pour rupture de contrat, ce qui était déjà une concession appréciable, vu le caractère de la grève, déclarée au mépris des engagements en cours &@. Et d'ailleurs, les employés de chemins de fer allaient s’efforcer d'en tirer tout le parti possible, en n'acceptant parmi ses conséquences que celles qui leur étaient favorables, et en prétendant que les décisions de la Commission royale n'obligeaient que les compagnies, contrairement au texte de la note annexée à l'accord de 1911, mais conformément à l’axiome syndicaliste : « Il n’est pas besoin de garder la foi jurée au patron » &,

60. Revue Politique et Parlementaire, 10 Mars 1912, p. 529-530.

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