Journal des Economistes, Novembre 1910, p
tants du pays. Les mineurs profitèrent des troubles pour tirer une vengeance profitable de leurs exploiteurs; à Tonypandy et à Llywpia, ils pillèrent et incendièrent plusieurs bouliques, et maltraitèrent les commerçants, ce qui amena des collisions sanglantes avec la police 1.
M. Winston Churchill se décida alors à donner au général Macready, dont la brigade était à Cardiff, l'ordre d'envoyer sa cavalerie sur le lieu des troubles. Tout redevint tranquille, et la grève se poursuivit désormais avec un calme relatif. Mais l'intervention de la troupe ne développa pas les sentiments militaristes chez les mineurs du Sud-° Galles, ni, surtout, chez les leaders syndicalistes, dont l'influence était prépondérante parmi eux %. Tom Mann s'était trouvé dans le pays de Galles, en tournée de conférences, au début de novembre. Il prêta au mouvement l'appui de sa parole et de son journal, l’Industrial Syndicalist, qui publia, fin novembre, un « Symposium on Syndicalism », débutant par un « hurrah » poussé en l'honneur du « vaillant petit pays de Galles » 1, et concluant sur un appel enflammé de W. F. Hay, « l'Espérance du Mineur », en
19, Journal des Economistes, Novembre 1910, p. 345.
Le Sociai Democrat, de Novembre 1910, et le Labour Leader, du 25 Novembre 1910, désavouèrent le sac des boutiques de Tonypandy, mais déclarèrent que tous les autres délits commis pendant la grève contre les personnes et les biens avaient été provoqués par l'attitude agressive et la brutalité de la police.
Voir aussi dans Æorinigthly Review, 1e semestre 1911, « Anarchist propaganda in England », by G.…., p. 332-348.
20. En Mai 1910, The Industrialist avait publie un article très violent pour démontrer qu’il n’y a pas de patrie pour les prolétaires. Voir la traduction de cet article dans la Vie ouvrière du 20 Août 1910, p. 240-243.
Mais, peu de temps après, deux socialistes notoires, R. BLATCHFORD, directeur du Clarion, et HYNDMANN, président de la Social Democratie Federation, firent paraitre, l’un dans le Daily Mail, l’autre dans le Morning Post, des articles belliqueux contre l'Allemagne, où ils exprimaient des sentiments militaristes et réclamaient une augmentation des armements. Cette manifestation parut d'un goût douteux à beaucoup d'ouvriers anglais, et les plus avancés les accusèrent d’avoir été « largement arrosés » par les grandes maisons de constructions navales.