‹ La virilite chretienneChapitre 14 sur 48 · I. s. Thomas : Contra Génies, L. i, ch. IV · texte numérisé non relu

I. s. Thomas : Contra Génies, L. i, ch. IV

L'aimer dès ici-bas comme II s'aime. Nous ne pouvons mellre en doute que celle vie surnalulelle soil la vie même, la vie dans son épanouissement total, la vie qui pari des régions les plus profondes de notre cire pour rejaillir, lumineuse et féconde, jusqu'au cœur même de Dieu. Telles sont, Messieurs, rapidement esquissées, les ressources intellectuelles de la Foi. Elle ouvre à l'infini l'horizon de notre connaissance; elle projette sur le problème de noire destinée une lumière étrangement pénétrante ; elle nous fait découvrir, à côté, ou plutôt audelà du vieux monde de la nature, le nouveau monde de la grâce. Il n'est pas non plus douteux que l'idéal chrétien, éclairé par la Foi, ne nous incline également à vouloir ; ne nous sollicite à agir. C'est la grande ressource d'un idéal de soulever ainsi à son service toutes les puissances de notre être. Mais la vraie question demeure entière : suffit-il de connaître un idéal, comme l'Idéal chrétien, pour le réaliser? La lumière, fût-ce celle de la Foi, qui nous vient du foyer divin est-elle par elle-même une force? Si oui. Messieurs, alors expliquez-moi pourquoi on en rencontre tant parmi les croyants qui sont si faibles : dont la volonté est détournée de

Dieu ; l'activité morale et religieuse à peu près nulle. Expliquez-moi le cas du pécheur qui ne pèche, au fond, que parce qu'il croit. Car, suivant le mot de l'apôtre : « Si Dieu n'eùl pas révélé sa Loi au monde, les hommes n'eussent pas péché (i). »

Reconnaissons loyalement les ressources de la Foi, Messieurs, mais ne craignons pas non plus de proclamer son impuissance relative, lorsqu'il s'agit de réaliser l'idéal divin qu'elle nous propose, et de lui faire rendre, par une conduite conforme à ses exigences, sa valeur de vie.

Sur ce terrain de l'action surnaturelle, la Foi toute seule, la (( Foi morte », pour reprendre le mot énergique du Concile, est impuissante. Notre volonté et nos passions échappent à son emprise. Il leur faut, pour aimer et agir suriiaturellement, une force divine que Dieu n'a pas mise dans la Foi, mais dans la charité.

§ If

D'ailleurs comment voudriez-vous qu'avec

nos seules forces naturelles, nous fussions en

état de nous élever à ces hauteurs divmes où la

Foi nous invite à monter? Je vais ici, pour me

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