I. Ne'WMAN, cité par W. James : Lexpcrievce religieuse
Toutefois ne mettons pas sous le couvert de l'Eglise ce que certains de ses représentants oflîciels, et beaucoup de ses lidèles croient pouvoir y mettre. I^e sens esthétique plus que tout autre est suscejjlible d'aberrations. Les exercices cultuels perdent beaucoup de leur valeur lorsqu'on en abuse, et qu'on les cultive pour eux-mêmes, visant plus à les multiplier qu'à les perfectionner. Il y a des gens d'église qui n'ont pas l'air de s'en douter. Aussi bien VEglise intervient-elle périodiquement pour les l'appeler au sentiment des convenances, et réveiller en eux le sens du divin. Dieu, qui est la source de toute beauté, est aussi la simplicité même, et 11 n'est si beau que parce qu'il est si simple ! Comme nos exercices cultuels gagne- J raient en symbolisme, si tous ceux qui sont chargés de leur organisation étaient pénétrés -de ce principe !
Mais je n'ai pas la prétention de vous faire un cours de liturgie. Il me suffit que vous ayez saisi la raison d'être des exercices cultuels relativement à votre éducation chrétienne, et compris que rien n'est plus apte à dévelopi)er en vous le sentiment de la justice, et à élargir .du même cou[» l'horizon de votre moralité. Si •j'ajoute que la pluj)art de ces exercices sont
pratiqués en commun, et qu'à ce titre ils sont de nature à raffermir vos convictions, vous ne serez pas tentés de les traiter à la légère.
L'assistance à la messe le dimanche, les communions générales, les manifestations religieuses publiques, qu'y a-t-il en effet de plus propre à entretenir et à développer la Foi des faibles, à exciter la Charité des tièdes, et des timides ! Le chrétien plus encore que l'homme est un être social, c'est-à-dire un être qui a besoin des autres, et dont les autres ont besoin. A certaines heures, lorsque nous avons conscience de notre faiblesse, ou que nos ennemis nous attaquent, nous éprouvons le désir de nous sentir les coudes, et d'exprimer publiquement notre foi. Certains exercices cultuels ont été mis pour cela à notre disposition. La h messe universitaire » — pour m'en tenir à cet exemple, — fut créée à cette intention. Elle vous permet, Messieurs, de vous compter, chaque dimanche, aux pieds de l'autel ; d'y prier, comme doivent prier des étudiants, sans être distraits outre mesure par un milieu, qui bien souvent n'a rien de liturgique, et ne mène pas à Dieu ; pour y entendre enfin une parole qui s'adresse uniquement à vous, et s'efforce de trouver le chemin de vos âmes, de façon à vous mettre sur celui du devoir et de la volonté de Dieu.