LEÇON.] STAPHYLOME POSTÉRIEUR; SON MÉCANISME
L'accroissement de la pression interne, avons-nous dit, est sous l'influence indéniable d'une convergence difficile; eh bien! cette convergence et la pression qui en est la conséquence, ont pour éléments actifs en cette région deux actions opposées dont il importe d'apprécier les effets.
Le mouvement difficile d'adduction de la cornée répond à un transport identiquement difficile d'abduction du point d'insertion des obliques, lequel fait co?'ps avec la couche extérieure de la scléra.
Entre le point antérieur d'insertion au globe du tendon du droit interne, et celui postérieur, de la sangle des obliques, la circonférence du globe oculaire est soumise à deux actions upposées, si on la considère dans l'hémisphère antérieur ou dans l'hémisphère postérieur.
L'action directe du droit interne d'une part; d'autre part, la résistance passive (mais en excès, eu égard à la prépondérance des forces abductrices ou à l'insuffisance des droits internes) des obliques, tendent à porter au maximum la tension de l'enveloppe dans sa région antérieure, à la relâcher au contraire, en arrière, par le rapprochement mutuel, dans l'hémisphère postérieur, des insertions du droit interne et des obliques.
L'excès de tension de la première moitié se manifeste alors par le bombement de la poche choroïdienne coiffée par la lamelle antérieure de la sclérotique portant la lame criblée ; et pour peu que les connexions ne soient pas entre ces deux lames d'une parfaite homogénéité, on rencontrera dans cette région, relâchée, de l'enveloppe les conditions propres à faciliter le glissement de l'une des lamelles sur l'autre. La solidarité implique l'homogénéité des connexions.
Dans les conditions anatomiques de cette région du globe, existe donc une circonstance qui en rend la résistance mécanique insuffisante, lors d'une pression plus ou moins en excès; ce qu'on appelle un point faible ; et si le point où se manifeste en premier lieu cette insuffisance est le bord externe du disque optique, il y a tout lieu de penser que dans cette région faible, c'est ce point qui est naturellement le plus faible. La circonstance déjà signalée du siège en ce même endroit, du dernier point de réunion embryogéniquc de la tente sclérale, ajoute son poids à celui de cette conclusion mécanique légitime.
Telle nous paraît être, dans son enchaînement logique la relation mécanique qui unit à l'insuffisance des droits internes mise mes avec le travail de près soutenu, la production de l'ectasie progressive des membranes profondes de l'œil.
^cation cl^ue^Sor^ce là des vues uni,,,,, ut spéculatives ?
JJon. Le point de départ de ces recherches est dans la clinique elle-
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Il n'est pas un ophlhalmologisle qui n'ait eu l'occasion de rencontrer des sujets chez lesquels, à son grand étonnement, existaient des traces plus ou moins marquées de staphylôme postérieur, coïncidant avec l'absence de toute myopie. Donders lui-même, à qui est due cette loi que le staphylôme postérieur est à considérer comme le symptôme pathognomonique de la myopie, Donders a observé, et même assez fréquemment, de légères traces d'atrophie au bord externe de la papille, quelquefois même un anneau complet, en l'absence de toute myopie, deux fois même avec l'hyperopie. (Il invoque, pour expliquer ce fait en apparence paradoxal, la disparition de la myopie ou une influence glaucomateuse).
C'est précisément la même remarque qui nous a conduit à scruter plus avant le problème. Notre attention étant dirigée de ce côté, nous avons pu, dans l'espace d'un an à dix-huit mois, recueillir trente-huit à quarante observations jetant un jour nouveau sur ce point délicat.
Dans le travail d'où nous extrayons ces lignes, nous avons inséré un tableau contenant 38 cas très régulièrement observés, comprenant huit cas de myopie légère, c'est-à-dire inférieure à 2D, le plus généralement de 1D à 1D,25 ; sur ces huit cas, deux étaient manifestement des myopies acquises; dans deux autres, la myopie n'avait atteint qu'un œil. Quant aux trente autres, ils se partageaient en 20 cas d'œil emmétrope et 10 cas d'œil hyperope.
Chez tous, le bord externe de la papille portait, comme dans les M observations de Donders, des traces plus ou moins marquées, mai? indubitables, d'atrophie choroïdienne ou de staphylôme postérieur au début. Tous ces sujets offraient, en outre, les symptômes de l'insuffisance des forces convergentes. Pour constater cette insuffisance, nous nous sommes toujours appuyé sur l'épreuve, par le prisme à angle supérieur ou inférieur, indiqué par de Graefe (voir § 266).
En présence de cet ensemble d'observations, nous avons cru pouvoir établir les deux propositions suivantes :
1° Si la myopie reconnaît généralement pour cause prochaine l'existence ou le développement de l'ectasic des membranes de l'œil. — le staphylôme postérieur à tous ses degrés, — cette ectasie ellemême se produit sous l'influence d'une cause prochaine et d'une cause prédisposante. La première est le travail sur les objets rapprochés, la seconde l'insuffisance des muscles droits internes;
2° Au nombre des signes diagnostiques de l'insuffisance des droits internes, et comme un de ses principaux caractères, il convient donc de placer dorénavant la présence de tout staphylôme, et particulièrement, au début, celle d'une petite érosion de la choroïde sur le bord externe du disque optique. En un mot, le staphylôme postérieur est-
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plutôt le symptôme de l'insuffisance des forces de la convergence que celui de la myopie; ou bien encore : myopie et staphylôme postérieur relèvent de l'insuffisance des droits internes.
Depuis l'époque à laquelle ces lignes ont été écrites (1865), la pratique ophthalmoscopique courante nous a donné mainte occasion de confirmer ces premières vues.