DIX-HUITIÈME LEÇON
MYOPIE {Suite)
§ 271. — De certaines myopies (rares) symptomatiques de staphylôme postérieur primitif, ou du moins exempt de toute insuffisance musculaire.
Si la tension en excès du globe oculaire, mécaniquement amenée par le travail de près dans les conditions du strabisme divergent latent, est, suivant nous, l'élément le plus nettement habituel de la production du staphylôme postérieur ou de l'ectasie des membranes profondes, nous devons cependant dire que cette ectasie peut reconnaître et reconnaît, en effet, des causes moins géométriques, des origines plus obscures et ressortissant à de tout autres conditions que les précédentes.
Il n'est, en effet, pas absolument rare de rencontrer des staphylômes postérieurs plus ou moins prononcés, peu élevés pourtant, en général, chez des sujets n'ayant que médiocrement appliqué leur vue, et dépourvus d'ailleurs de tous symptômes d'insuffisance des droits internes.
Dans ces cas, l'observateur est en présence d'altérations idiopathiques de la choroïde, et la cause de celles-ci est à rechercher dans de tout autres voies que celles de la mécanique binoculaire.
A cet égard, toute circonstance propre à amener un trouble quelconque dans le rôle régulier et réciproque de l'artère et de la veine Ophthalmiques; — toute condition de nature à modifier les rapports normaux entre la résistance opposée à la systole artérielle ou les énergies motrices présidant à la tension veineuse, peuvent être suivi-- de stase ou d'hyperémie choroïdienne et consécutivement de choroïdite séreuse.
Indépendamment des lésions directement propres au globe oculaire et formant le groupe des affections localisées dans cet organe, nous trouvons dans l'économie générale nombre de perturbations en état
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d'amener ces mômes effets. Telles sont, par exemple : toutes les maladies aptes à déterminer une rupture notable de l'équilibre normal entre la circulation générale et les circulations spéciales à certains appareils, comme la circulation cardiaque d'abord, puis celle du foie (système de la veine-porte), des poumons, du système utérin (la ménopause), les maladies qui se rattachent au système vasculaire luimême, la. goutte, par exemple, en conséquence peut-être des dépôl calcaires apportés par elle dans les troncs vasculaires de la base du crâne; les hémorrhoïdes, les dispositions variqueuses, etc. (ces dernières affections diathésiques étant héréditaires, la prédisposition morbide se comprend d'elle-même).
La vieillesse, par son action générale et celle particulière qu'elle a J sur la résistance des tuniques vasculaires.
La syphilis, cause si fréquente de choroïdite disséminée.
Tous ces états pathologiques, et nombre d'autres moins fréquemment observés, devront donc être présents à l'esprit de l'ophthalmolngiste et exercer sa sagacité, lorsqu'il se trouvera en présence d'une myopie .consécutive à des altérations choroïdiennes ou dans lesquelles l'intervention d'un travail soutenu de près ne pourra évidemment être invoquée comme élément causal.
Dans ces cas d'ailleurs la symptomatologie accuse des différences • assez marquées. Ainsi la myopie comporte des degrés bien moin? élevés; d'autre part si la choroïdite n'est pas moins destructive, le staphylôme, plus généralisé, atteint une bien moindre profondeur. Il y a, en somme, plutôt choroïdite chronique atrophique que développement rapide d'une ectasie aiguë.
Nous devons mentionner aussi les cas, non absolument rares, où il i existe autour delà papille et du côté externe, un petit arc de l'espèce des staphylômes de début, et qui ne serait que la trace d'un arrêt de développement du globe au moment de la fermeture de la fente sclérale; circonstance qui se rencontre parfois et plutôt avec l'hyperopie. Dans cette espèce, la progression du staphylôme est plutôt absente, . et on puise dans cette remarque un élément de diagnostic diffé- • rentiel.
§ 272. — Des causes indirectes de la myopie, et déterminant celle-ci par la nécessité de regarder de trop près.
Si le travail rapproché est le fait déterminant de la myopie dont l'insuffisance des forces adductrices est le facteur prédisposant, les circonstances particulières de nature à obliger le sujet à se rapprocher plus qu'un autre de l'objet de son travail, deviennent des causes accessoires ou secondaires de cette anomalie fonctionnelle.