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LEÇON.] MYOPIE; CAUSES INDIRECTES

Nous devons donc inscrire sous le chef étiologique de la myopie : Toutes les conditions qui, réduisant ou ayant réduit le pouvoir de perception visuelle, obligent à diminuer la distance des petits objets pour obtenir de plus grandes images rétiniennes. Au premier rang nous devons placer les opacités se rencontrant sur le trajet des rayons lumineux, et parmi ces dernières, celles ayant leur siège sur la cornée.

Les opacités cornéales, à tous les degrés, sont un des reliquats les plus fréquemment rencontrés des maladies oculaires de l'enfance, et jouent conséquemment un grand rôle dans le mécanisme précédemment décrit, au début des études. Quand nous découvrons ces traces dans un œil plus ou moins âgé, nous avons déjà un certain fondement à le soupçonner myope, pourvu qu'il ait eu l'occasion fréquente de l'exercice soutenu de la vision de près.

Il en est de même des dépôts (plus rares) sur ou dans le cristallin, avant ou vers l'âge où les études deviennent sérieuses.

Les occupations prolongées dans des lieux insuffisamment éclairés conduisent naturellement aux mêmes conséquences. Dans ce cas, comme dans le précédent, c'est le défaut de lumière qui, forçant à se procurer de plus grandes images, impose la nécessité d'un plus grand rapprochement de l'objet.

L'amblyopie, quelle qu'en soit la cause, conduit naturellement aux mêmes conséquences. Nous n'insisterons pas.

Parmi les causes les plus ordinaires de la myopie, on cite généralement l'hérédité. Le fait est incontestable et se vérifie sur une grande échelle. Et cependant peut-on dire que la myopie, comme telle, soit héréditaire. Nous ne le croyons pas. Si l'on a suivi attentivement les développements donnés par nous à la question de la pathogénie, on se convaincra avec nous que ce n'est point la myopie qui est héréditaire dans les familles, mais bien la prédisposition à cette maladie (insuffisance des forces de la convergence). Pour que l'affection se montre, il faut l'intervention de la cause déterminante, le travail de près prolongé.

Tant que cet élément n'a pas fait son entrée dans la vie du sujet, l'ectasie des membranes profondes dont la myopie est le symptôme optique, demeure dans les futurs contingents. Rien n'est plus rare qu'un véritable staphylôme postérieur chez l'enfant qui ne sait pas lire encore.

En sus de la prédisposition héréditaire proprement dite, il convient de signaler également la prédisposition sociale : dans la plupart des cas, l'obligation d'un travail rapproché, qui a été chez le père le fait ttéterminant la myopie, se rencontrera aussi, et comme une circonstance héréditaire, chez l'enfant. Il est rare, en effet, que les jeunes

*M DIOPTRIQDE PATHOLOGIQUE, l^ge

générations nées dans les villes retournent, pour leur éducation, à la charrue.

Cette manière de voir, si nous nous en rapportons aux citations suivantes empruntées à M. le professeur Haltenhoff de Genève, serait également celle de deux savants très autorisés, MM. Donclers d'une part, de Arlt (Vienne) de l'autre :

« Donders, grand partisan de l'hérédité, n'ose se prononcer sJ l'existence congénitale de la myopie, même dans des cas évidemment héréditaires. Il incline à penser qu'elle ne se développe que plusieurs années après la naissance. »

M. de Arlt ne croit pas à la myopie congénitale et n'admet comme héréditaire qu'une disposition anatomique au développement de la myopie; cette disposition consisterait dans un manque de cohésion et de résistance de la sclérotique, comparable à l'état de la cornée dans le kératoconus. Mais cette disposition, suivant lui, peut rester à jamais latente, si les yeux sont soustraits dès l'enfance aux causes déterminantes et efficientes de la myopie. Ces causes, inhérentes aux excès de travail oculaire de près, paraissent donc dominer, dans l'étiologie de la myopie, le principe si puissant de l'hérédité. »

Haltenhoff.

§ 272 bis. — Des mauvaises attitudes sans vices fonctionnels propres

à les justifier.

Parmi les causes de début de la myopie, nous venons de signaler les défauts d'acuité visuelle dus à des éléments pathologiques immédia- • tement reconnaissables, ou à découvrir par des recherches direct -, et qui s'offrent alors comme une explication des plus légitimes de la i nécessité de se rapprocher de l'objet de son travail. En de tels cas, l'enfant cherche instinctivement à compenser l'imperfection de l'image par son accroissement; on le conçoit parfaitement, et de même encore si l'éclairage est insuffisant.

Mais comment expliquer les cas où toutes ces conditions défectueuses sont absentes; où, ainsi que la santé générale, l'œil est intael : emmétrope, où l'acuité est normale, où il n'y a pas d'insuffisance des droits internes; enfin, où l'éclairage est abondant : cas qui ne sontl point rares chez les enfants; nous en avons observé plus d'un. Or, dans • ces cas, nulle autre circonstance ne nous est apparue qu'une certaine indolence ou lâcheté musculaire générale, portant l'enfant, les jeunesfilles, môme déjà assez grandes, à s'abandonner sur leur table de travail, laissant tomber la tête presque jusqu'à toucher l'objet de leur attention; tendance résistant à toute admonestation quelque fréquent qu'en fût le renouvellement.

Notre souvenir s'est reporté dans ces circonstances sur l'origine

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