GEÇON.] MYOPIE AVEC STRABISME CONVERGENT
attribuée par plus d'un orthopédiste à certaines scolioses, résultat exclusif de mauvaises attitudes dues à l'absence de ténacité musculaire.
C'est un sujet que nous signalons comme objet d'étude ou d'attention et qui peut bien jouer un rôle considérable dans la production de la myopie. Nous n'y voyons d'autres remèdes que l'adoption de moyens mécaniques propres à empêcher ces vicieuses attitudes, comme des tables-bancs avec une espèce de râtelier ne laissant passer que les bras, mais s'opposant au mouvement de la tête en avant; des corsets à buse ou à brassières remplissant le même objet ; chez une jeune fille portant de longues tresses, j'invitai la mère à les lui attacher par derrière à la ceinture, pour lutter contre sa propension à s'incliner en avant ; et le résultat de ce conseil se montra avantageux.
§ 273. — D'une forme particulière de myopie caractérisée par l'absence de staphylôme postérieur, jointe à la présence d'un strabisme convergent réel.
Indépendamment des myopies simplement apparentes à rattacher à des spasmes de l'accommodation (myopie à distance), on rencontre encore une autre forme de myopie également progressive et, comme la myopie spasmodique, dépourvue de staphylôme postérieur.
Le caractère particulier, et en quelque sorte pathognomonique de cette forme, est la concomitance avec elle d'un strabisme convergent, également progressif. La myopie ici est bien positive ; la vue, trouble au loin, est améliorée par les verres concaves, aussi bien après l'emploi de l'atropine qu'à l'état naturel, et elle progresse avec les années. En même temps, le malade commence à se plaindre de diplopie quand il regarde au loin ; et si on analyse le sens de cette diplopie, on reconnaît qu'elle est homonyme, c'est-à-dire symptomatique d'un strabisme convergent.
Tous ces symptômes progressent ensemble et on arrive enfin à un strabisme des plus prononcés, et tel que le patient ne peut voir binoculairement qu'à très courte distance.
L'examen ophthalmoscopique à l'œil nu (§ 219) confirme l'existence d une myopie adéquate au degré de convergence des axes; mais l'intervention de la lentille ophthalmoscopique, en étendant le champ superficiel de l'observation, n'y fait point reconnaître de staphylôme.
Le mécanisme de cette myopie est tout différent des circonstances que nous avons eu à envisager jusqu'ici et se comprend instantanément. Le rapport physiologique préétabli entre les forces accommodatives et celles qui président à la convergence mutuelle des axes Optiques est, ici, rompu en sens contraire du partage ordinairement observé dans la myopie. A des forces accommodatives, normales par ""apport à la longueur de l'axe oculaire, se trouve associée ..ne pré-
426 DIOPTRIQUE PATHOLOGIQUE. [lge
dominance des forces adductrices. Aucune lutte ne s'établit donc entre elles. Lors du travail rapproché, accommodation et convergence s'associent au lieu de se tenir en respect, et à la suite d'une longue habitude du travail de près, l'insuffisance des droits externes originelle a fait place au strabisme convergent confirmé.
L'histoire de cette maladie plutôt rare, tout à fait la contre-partie de l'association de l'insuffisance des droits internes avec l'hypermétropie, ressortit donc à l'étude des strabismes d'origine optique. Son remède assuré est aussi du ressort de ce dernier chapitre, et consiste dans le recul des insertions des droits internes (ou ténectopie du strabisme convergent).
§ 274. — Complications, ou plutôt symptomatologie générale de la myopie
actuellement progressive.
Nous n'avons envisagé jusqu'ici la myopie qu'au point de vue de son diagnostic formel et absolu, et sans nous occuper de la symptomatologie, de ses complications, consistant particulièrement dans les troubles accessoires qui amènent le plus souvent le malade au cabinet de consultation. Ce sont,, en effet, ces symptômes accessoires qui provoquent son attention ou ses inquiétudes, la myopie, en elle-même, eu égard aux préjugés généraux régnant à son endroit, étant malheureusement encore considérée, par la plupart, comme un état de l'œil plutôt favorable que périlleux. La lecture des §§ 256 et 257 fera justice de ces préjugés, en même temps que la vue du tableau de l'anatomie pathologique inspirera aux médecins en général, et par suite à leurs clients, une tout autre opinion.
Quoi qu'il en soit, la myopie progressive, car c'est la seule forme importante à considérer, la myopie progressive s'accuse par un ensemble de complications dont il importe de tracer ici l'exposé.
Dans la myopie progressive on rencontre habituellement :
1° Des phases d'irritation et de congestion dues, indépendamment des autres causes, à la tension qui détermine l'élongation progressive, par ramollissement, des membranes profondes. Ces états s'accusent par une sensation fréquente de chaleur à l'œil, la pesanteur des pail pières, l'humidité habituelle de l'organe, l'apparition de phosphènes, le soir, lors du mouvement rapide des yeux, des orgcolets, des blépharitcs; enfin tous les signes de congestion de l'appareil.
2° L'amblyopie myopique ou diminution de l'acuité visuelle par lésion finale, anatomique, de la choroïde et de la rétine distendues et hyperémiées. Cette diminution de perception offre des caractères souvent particuliers : les contours et surfaces mêmes des petits objets sont interrompus ou dîslordus; la fixation de l'attention n*est plus invariable; elle est comme oscillante, l'énergie visuelle de la fovea