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THÉRAPEUTIQUE

:§ 285. — Décentration des verres concaves ; prismes divergents, à joindre à la correction de l'excès de réfraction pour le soulagement des muscles adducteurs.

La cause prédisposante de la myopie étant dans l'insuffisance des : forces préposées à la convergence mutuelle des axes optiques, tout secours propre à soulager ces forces devra être bien venu dans le traitement hygiénique ou fonctionnel de la myopie. De ce genre est l'adjonction aux verres correcteurs de l'excès de réfraction d'autres verres ayant pour effet de donner aux l'ayons partis de l'objet de l'attention de près, une direction visuelle qui déplace l'image dans le sens de la divergence. Ces verres sont des prismes à sommet dirigé en dehors et dont nous étudierons l'action dans l'article consacré à la thérapeutique de l'insuffisance (§ 485 et fig. 106).

Ces prismes divergents peuvent, de diverses manières, être montés sur les mêmes branches que les verres concaves. On peut aussi produire un résultat analogue à leur action en portant plus ou moins en dehors de chaque axe optique le centre du verre concave. On arrive par là à mettre l'axe de l'œil en rapport avec la région divergente prismatique du verre. Ainsi pour un écartement mutuel des axes de 62 millimètres, moyenne de notre race, on portera les centres des lunettes à 65 ou 70 millimètres (si le verre est faible) de distance mutuelle. Pour un objet distant de 12 pouces, les deux axes se rencontrant à cette distance seraient, dans le plan des verres, à 60 millimètres l'un de l'autre; ils couperaient donc les verres dans» leur région prismatique à sommet externe de 2mm,5 à 3 millimètres en dedans de leur centre, ce qui suffit comme effet prismatique pour cette distance.

A la méthode de traitement ou plutôt de régime que nous venons d'exposer, on devra naturellement associer toutes les prescriptions édictées au chapitre des complications inflammatoires de la myopie (voir § 274).

On mesurera naturellement la sévérité de ces prescriptions, leur degré, leur nombre, la durée de leur application, aux phénomènes accessoires présentés par le malade, en partant de ce principe qu'il n'est point de myopie encore progressive qui n'offre plus ou moins de ces phénomènes.

§ 286. — Complications de la myopie. — Traitement.

La congestion choroïdienne étant l'âme de tous les troubles secondaires qui accompagnent la myopie, le remède le plus immédiat à y apporter consiste dans un traitement dérivatif plus ou moins énergique; ce traitement pourra même être quelque peu déplétif, si les

circonstances deviennent impérieuses (menaces d'hémorrhagie inlraoculaire, de décollement rétinien, etc.). Dans le premier cas, dérivatifs aloétiques ou autres sur le tube intestinal, répétés tou3 les deux ou trois jours; ventouses sèches au nombre de six à huit appliquées sur la nuque et les épaules; on les scarifiera ou on emploiera la sangsue Heurteloup aux tempes, si on a décidé d'y joindre l'effet déplétif. Ces applications seront faites tous les huit jours environ, et, après chacune d'elles, un repos absolu sera observé, dans une demi-obscurité, pendant 24 ou 36 heures.

Au point de vue hygiénique, on recommandera d'éviter toutes lesi causes de congestion vers la tête, comme la fatigue, l'influence de l'éclat des lumières trop vives, du feu, les réunions nombreuses, la constipation, les émotions violentes, etc. On se rappellera l'activité conservatrice de la choroïde, cette éponge, sur le sang qui y. aborde.

Les lampes seront garnies d'abat-jour; les foyers, d'écrans; les* fenêtres exposées au soleil, de rideaux bleus. A la grande lumière, les lunettes seront teintées en cette dernière couleur.

Enfin on emploiera avec avantage les ablutions journalières, soir ett matin, sur les yeux, soit au moyen d'une petite éponge, soit sous la i forme de douches d'eau finement pulvérisée, à la température de la chambre (appareil de Richardson). Ces douches pratiquées sur les • yeux fermés deux ou trois fois par jour, et pendant une à deux minutés chaque fois, sont d'un excellent effet.

La myopie progressive est, en somme, une affection glaucomateuse 1 (choroïdite séreuse) ; on devra donc, surtout chez les sujets âgés dans » la vie desquels les digestions tiennent une place souvent morbide, surveiller cette fonction. On leur recommandera de diriger ou choisir leur alimentation, de régler la boisson de façon à ne jamais se sentir la tête lourde ou congestionnée après les repas1.

§ 287. — Myopie très élevée compliquée d'une diminution également notable de l'acuité visuelle.

Quand la myopie atteint un degré très élevé, l'acuité est trop sou- • vent elle-même diminuée dans une proportion également considérable (voir le tableau § 275). A moins de se condamner à la cessation finale de tout essai d'application de la vue aux objets qui animent la vie du civilisé, le myope doit donc s'en procurer une image suffisamment grande.

1. M. Salomon a annoncé, en 18G2, avoir obtenu de bons résultats de la ponction de Hancock dans la myopie progressive. Nous n'avons pas vu que, depuis, ces • bons effets aient été vantés ou reconnus par d'autres observateurs.

(Mrd. Times and Gazette.)

Pour de très courts moments, pour l'examen pendant peu d'instants d'un objet relativement délicat, on pourra lui permettre de rapprocher ledit objet de son visage ou plutôt de l'organe, pour ce très court espace de temps, mais sous l'expresse condition de n'y employer qu'un œil; et encore, pour assurer de façon plus formelle l'exclusion de l'autre, lui interdire toute participation à l'effort de son congénère, on devra le fermer avec la main, ou un mouchoir faisant tampon, en le comprimant légèrement.

Quant à des occupations plus soutenues, comme la lecture, au moins pendant une demi-heure passim, on devra essayer d'en obtenir la réalisation s'il est, sans trop de péril pour la conservation anatomique de l'organe, possible de procurer aux malheureux dans cette étroite condition quelques éléments de distraction. Voici, à cet égard, les moyens que l'on peut recommander : 1° Une large loupe de Chamblant de 5 à 6 pouces de foyer, fournissant une grande image virtuelle; cette loupe est tenue à distance fixe du plan du pupitre sur lequel on fera glisser le livre ou la feuille de lecture. Le myope, armé alors d'un verre concave presque neutralisant, se tiendra à quelque distance de la loupe et pourra lire; on réunit parla une amplification suffisante de l'image à une distance en rapport avec une attitude favorable (voir aussi § 492) ;

2° Les Allemands se servent aussi, à cet effet, du verre conique de Steinheil, de, Munich; cet instrument est formé d'un seul bloc de verre de 1 pouce environ d'épaisseur : la face tournée vers l'objet est convexe; celle en rapport avec l'observateur, concave. Les rayons de courbure en sont calculés de façon à ce que l'image soit présentée au sujet a une distance qui ne dépasse pas celle du punctum remotum; cette image se trouve d'ailleurs amplifiée par un mécanisme géométrique fondé sur le principe de la lunette de Galilée;

3° On peut, du reste, calculer pour chaque sujet les éléments d'une lunette de cette dernière sorte, applicable aux distances rapprochées, comme est la loupe dite de Brùcke, mais offrant un grossissement notablement moins élevé. Inutile d'ajouter qu'il faudra, dans chaque circonstance, mesurer le degré minimum des caractères typographiques à permettre, d'après le degré, constaté préalablement, de 1 acuité visuelle ;

4° Nous recommandons encore, en ce cas, une judicieuse association lu lorgnon stenopéique avec une loupe de court foyer, imaginée par ^ada^t qui procure une image rétinienne plus grande et plus ee qu avec e trou sténopéique seul, et plus nette qu'avec I, loupe seule. Triple avantage au point de vue de l'acuité (Badaï Cli mque ophtkalmologtçue, Delahaye, 1879.) ( '

GXRAUD-TBULON. —

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