Ann.d'ocul., p. 26, t. LXXIV
ijjçon.] DALTONISME (DIAGNOSTIC). 541
§ 342. — Méthode de Maxwell.
On sait qu*en divisant en trois secteurs de certaines dimensions déterminées, un disque susceptible de prendre un mouvement de rotation rapide, et couvrant chacun d'eux de l'une des trois couleurs fondamentales, la propriété de persistance des impressions sur la rétine, confond ces trois couleurs en une sensation unique : le blanc gris. Ces disques portent le nom de disques rotatifs de Maxwell.
Cette méthode, appliquée à un aveugle pour les couleurs, démontre que l'on peut arriver chez lui à produire cette même sensation de gris avec deux couleurs seulement.
Le disque rotatif de Maxwell permet d'obtenir avec une grande exactitude les données propres à déterminer le caractère fondamental de l'affection, et qui est de savoir quelles sont les deux couleurs à employer pour produire le gris, tel qu'on l'obtient par le mélange du blanc et du noir sur le disque. L'une d'elles, qui paraît relativement bien plus foncée que pour l'œil normal, est la couleur fondamentale absente. (Helmholtz.)
Cette méthode très scientifique n'est guère applicable que dans des expérimentations physiologiques : elle consiste, en somme, à soumettre un sujet supposé daltonien aux expériences de physique qui ont servi et servent encore à la composition du blanc au moyen des diverses combinaisons binaires des divers éléments du spectre.
La science seule, non la pratique courante, en peut bénéficier.
§ 343. — Méthode de Landolt.
Cette méthode repose sur le principe suivant :
« Les altérations de la perception des couleurs devenant, dit l'auteur, surtout manifestes pour les nuances claires, nous déterminons cette perception, en cherchant la quantité minimum de couleur qu'il est nécessaire d'ajouter au blanc pour que celle-ci puisse être reconnue. »
On voit ici introduit comme base d'une méthode diagnostique et numérique, le facteur « éclairement » ou lumière blanche dans la perception d'une couleur déterminée. C'est une très judicieuse application des recherches de l'auteur lui-même sur l'importance physiologique de ce facteur (voir § 337).
M. Landolt se sert à cet effet du disque rotatif de Maxwell (voir ci-dessus). 11 fixe sur le disque un cercle de papier blanc divisé en degrés, sur lequel on place de la façon connue un secteur de môme rayon, d'un papier peint de la couleur que l'on veut éprouver.
L'étendue angulaire du secteur mesure la proportion de couleur
542 DlOPTRIQUE PATHOLOGIQUE.
qu'il faut ajouter au blanc pour en rendre la perception possible cette quantité est ensuite comparée à celle qui, par le même i l'âge, suffit pour produire la môme notion chez le sujet normal.
Une table de comparaison, pour chacune des couleurs, peut ètr établie chez le sujet physiologique et servir ainsi d'échelle numériqu de sensibilité chromatique, évaluée d'après la quantité de lumièr nécessaire pour procurer la sensation colorée elle-même.
Nous retrouverons les éléments d'une semblable table au § 346.
§ 344. — Méthode de Snellen.
M. Snellen a donné, dans ses tables optométriques, des spécimen formés de lettres colorées. L'emploi qu'on en peut faire pour I Vta blissement du diagnostic du daltonisme est exclusivement de première indication et tout à fait sommaire, et encore!
Ce que nous venons d'entrevoir, et qui sera ultérieurement plu amplement exposé, sur le rôle rempli par le facteur éclairement, ou lumière générale, dans l'impression produite par une lumière colorée nous permet dès maintenant d'écarter absolument cette méthode.
Longtemps après qu'est perdue la notion de leurs couleurs spé ciales, les optotypes de Snellen sont encore lisibles par le seul faitdei l'éclairement.
C'est regrettable, assurément ; il y eût eu là une application mer veilleusement simple du principe de nos tables optométriques.
Les échelles fondées sur la perception du minimum separaùile (principe qu'il importe de différencier du minimum visibile simple - voir leçon 7e, § 109) semblaient, en effet, au premier abord, offrir un système de graduation tout à fait propre à la détermination du degré des anomalies chromatiques.
Supposons nos échelles imprimées sur verre comme celles de l'optomètre de Badal ; et, dans une chambre obscure, éclairons-le par transparence avec une lumière monochromatique. S'il en \M d'une couleur monochromatique comme de la lumière blanche, c efl à-dire que, comme la seconde, la première pùt être considérée isolément, la mesure du minimum separabile, relevée par la méthode ordinaire, nous donnerait, dans l'inverse de son carré, la mesure de la sensibilité propre de la rétine pour la couleur essayée.
Malheureusement, la lumière monochromatique ne peut pas être étudiée isolément, comme la lumière blanche ou le simple éclairement.
Quand, par l'éclairement incolore, la limite de sensibilité est atteinte, tout est dit; l'emploi des formules connues permet de déterminer numériquement, avec un éclairement normal, le degré de la sensibi-
leçon.] DALTONISME (DIAGNOSTIC). 543
Lité propre de la rétine, ou, avec une rétine normale, la mesure de l'éclairement.
Mais il n'en est plus ainsi quand on fait usage d'une lumière monochromatique ; car alors la lecture continue encore à avoir lieu, au moyen du facteur éclairement tout seul, quand depuis plus ou moins de temps, s'il y a daltonisme, l'impression spécifique de la lumière a cessé d'impressionner la rétine.
§ 315. — Méthode de Seebeck, reprise et développée par Holmgren.
La méthode de Seebeck consiste à faire classer à l'examiné une quantité d'objets colorés, d'après leur ressemblance ou leur dissemblance réciproques. Par là, on a sur-le-champ un tableau complet du sens chromatique du sujet. On apprend quelles couleurs il distingue, quelles il confond.
Mais le temps qu'exige cette méthode la rend bien peu applicable dans la pratique des examens généraux; et de plus, elle ne permet aucune détermination numérique.
, Nous allons retrouver ce même principe dans la méthode mieux ordonnée qui porte le nom d'Holmgren.
Méthode d'Holmgren. — Au point de vue théorique, cette méthode se fonde, comme celles de Maxwell et de Seebeck, non pas sur la désignation nominale, mais sur la comparaison des couleurs.
Elle a de l'analogie avec celle de Seebeck comme simplicité, puisqu'elle se borne à obliger le sujet à se débrouiller entre des groupes d'échantillons de diverses couleurs. Mais elle demande bien moins de temps, n'obligeant pas l'examiné à faire un classement complet, mais seulement à dégager d'un assemblage d'échantillons divers, ceux-là seuls qui, pour lui, ressemblent à la couleur présentée par Vexaminateur.
Les objets présentés à l'examiné consistent en écheveaux de laine à broder, de toutes nuances et tels que les livre Je commerce. Le stock doit se composer :
De rouge, orangé, jaune, vert jaune, vert pur, vert bleu, bleu, violet, vourpre, rose, brun, gris. Chacune de plusieurs sortes, les principales très bien représentées.
Plan d'exécution :
L'examinateur prend, dans la collection mise en un tas sur une table, et bien éclairée par la lumière des nuées, et met de côté un 'cheveau de la couleur sur laquelle il veut spécialement examiner le '"jet; puis il invite ce dernier à chercher les autres écheveaux qui se •approchent le plus de l'échantillon, et de les placer à côté de celui- '• <Jn juge du sens chromatique de l'individu d'après la manière dont 1 accomplit cette tâche.
L'examinateur, pendant cette épreuve, doit suivre des yeux l'examiné, et il peut déjà apprécier à son plus ou moins de décision ou de rapidité, la faiblesse ou l'énergie son sens chromatique.
Les couleurs habituellement choisies par Holmgren, à la suite d'une longue expérience, sont d'abord :
1° Le vert clair (la plus blanche des couleurs spectrales et la plus facile à confondre avec le gris).
2° Le pourpre, dans lequel le rouge et le violet se combinent en proportions à peu près égales (applicables surtout au cas de cécité partielle complète).
Le pourpre occupe une singulière position parmi les couleurs; elle est aussi saturée que les couleurs spectrales, quoiqu'elle n'existe pas dans le spectre ; on la considère comme une huitième spectrale fermant le cercle chromatique.
Il est d'une importance particulière pour l'examen des viciés, précisément parce qu'il forme une combinaison des deux fondamentales extrêmes, qui ne se confondent jamais entre elles. L'aveugle pour le rouge n'y reconnaîtra que le violet, et réciproquement; à moins que, vicié pour les deux couleurs à la fois, il ne confonde le pourpre avec le gris, comme il fait du rouge et du vert.
3° Enfin le rouge.
Holmgren fait donc trois épreuves fondamentales avec les échantillons vert, pourpre, rouge successivement et dans cet ordre.
Epreuve I avec l'échantillon vert (choisi d'un vert pur et clair).
L'aveugle pour le vert placera à côté de cet échantillon des écbe-veaux gris, brun léger, roses, orangés.
Quant à l'aveugle pour le rouge, mis en présence de ce même: échantillon, M. Holmgren ne définit pas quelle sera sa conduite; il dit seulement, à propos de cette épreuve et de la suivante, « que l'aveugle* pour le rouge n'approuve jamais l'épreuve pour le vert. »
Épreuve II. — Échantillon pourpre. [Contrôle de l'épreuve précé-' dente.) — S'il y a aberration chromatique, le sujet confondra avec* cet échantillon des teintes claires et foncées du violet et du bleu (plutôt des foncées) — ou bien des nuances claires d'un gris verdàtre, ou tirant au bleu. Dans le premier cas, il sera considéré comme aveugle pour Je rouge ; dans le second pour le vert; et complètement dans l'un et l'autre cas.
Épreuve III. — Echantillon rouge (de la couleur des drapeaux ^ de chemins de fer).
L'aveugle pour le rouge, choisit, avec le rouge, des nuances de vert et de brun, plus foncées que Le rouge pour le normal.
L'aveugle pour le vert choisit des nuances contraires plus chires que le rouge (n'est pour l'œil normal).
Remarques sur cette méthode :
Il faudrait avoir l'occasion d'opérer sur un large champ expérimental pour se permettre de critiquer la méthode qui précède.
Nous ferons observer seulement que l'auteur, malgré d'abondants développements, n'explique pas très expressément les motifs pour lesquels, des symptômes exposés il déduit affirmativement le diagnostic exclusif de la cécité isolée pour le rouge ou le vert, et non simplement le fait d'une confusion entre ces deux couleurs.
Or, c'est sur les nombreuses applications qu'il a faites de cette méthode que M. Holmgren, seul peut-être parmi les savants qui se sont attachés à cette question, établit une proportion entre les cas de cecite pour le rouge ou pour le vert, entièrement inverse de celle généralement relevée.
Craignant ici l'influence d'une idée préconçue, nous nous proposerions d examiner chaque cas, au moins comme contrôle, en nous mettant au point de vue d'une simple confusion entre le rouge et le
Si le daltonisme congénital vulgaire, ou le plus commun, n'est en effet que le résultat d'une confusion entre ces deux couleurs t le gris nous dirons que les trois échantillons vert, pourpre, rouge devront chez le daltonien, rappeler ce gris blanchâtre, mais avec d s Z2-
lux 1T fférent6S- L'échantillon -t, simplement plus W
te Z sXm T , " nUanC6S P1US Claires; ^hantillon rou e moins datant des nuances grises ou brunes plus foncées
S! au contraire, la cécité est bien exclusivement monochromahqu , pour le vert par exemple, le sujet ne verra pas le vert en rao prochera le gris clair, mais verra très nettement le rou^e ' Inversement, l'aveugle pour le rouge seul distinguera bien le vert en rapprochera les nuances claires; quant au rouge, il ne lurrâ en rapprocher que les nuances relativement foncée c "est à Ze douées, comme son rouge, d'un faible éclat lumineux '
^^^X^^^J^ " «e ^ M- Holmgren, ces deux ™u£ T^J^^
Cependant il ajoute : mais s'il existait de la cécité nn„ i> °Z l a"lrc ^ « violet), le sujet accuserai du Zs* ' ™ *
Admettons-le; mais alors comment lui apparaîtrait I h. »aire ou l'éclairaffe o-énéral? fIp In , 11 blanc ordi-
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«iKAUU TLULON. — LA VISION.
546 DIOPTRIQUE PATHOLOGIQUE. [21e
où un sujet voit le pourpre en gris clair, il voit aussi le vert sous cette môme teinte, c'est-à-dire confond avec le gris, le rouge, le vert et le violet.
Simulation de cécité pour couleurs. — Les cas les plus difficiles dans la pratique sont ceux où un sujet peut avoir intérêt à paraître vicié sans l'être.
L'examen est délicat; pour déjouer la tentative de fraude, il faut être très compétent en matière de cécité pour les couleurs ; et si le sujet a étudié la question, le triomphe sera pour le plus expert de l'examinateur ou de l'examiné en matière de cécité pour les couleurt : car au moyen d'une pratique prolongée de la comparaison des intensités lumineuses relatives des couleurs, un sujet peut arriver à distinguer très sûrement les fondamentales.
§ 346. — Méthode de Stilling développée par Holmgren. — Contraste par ombres colorées.
Holmgren reproche à la méthode de Stilling (voir § 340) l'incertitude de ses résultats, due à ce que les épreuves ouvrent une voie à l'influence variable de l'intensité propre de la source de lumière;
l'éclairage n'étant pas préalablement réglé.
En second lieu, le sujet doit procéder par désigtiation nominale de la couleur, et ce mode est à ses yeux défectueux (voir §347).
Ce professeur a donc
modifié les épreuves
par les ombres colorées, en en produisant simultanément de doux sortes et en les comparant.
Voici comme il proi°>K- 93. cède :
1° Une lampe L (fig. 93), envoie directement à travers un verrecoloré V, supposons-le d'abord rouge, ses rayons sur le corps opaque C qui doit former ombre, et sur un écran blanc E E', servant de surface de projection.
2° Au moyen d'un miroir plan M, une seconde partie de la lumière de la lampe, qui ne traverse pas le verre coloré, est en même temp*
ÉenVGyée, par réflexion, sur le corps qui doit porter ombre et sur l'écran de projection.
L'expérience ayant lieu clans une chambre obscure, l'écran reçoit donc à la fois de la lumière blanche (en appelant ainsi, par hypothèse, celle de la lampe), et de la lumière rouge.
Sur ce fond commun, les deux faisceaux de lumière partant de la même source, peuvent être supposés égaux en intensité, pour la même distance (en faisant abstraction de la lumière absorbée dans l'acte de réflexion par la surface du miroir) ; les deux faisceaux de lumière, disons-nous, donneront lieu sur l'écran à deux ombres voisines du corps opaque; ces deux ombres seront l'une verte, l'autre ige (le verre coloré étant d'abord rouge , comme nous l'avons supposé).
La première, celle qui se montre verte, est due à la suppression de la lumière incidente rouge, sur la partie de l'écran qu'elle occupe, cette partie ne recevant que de la lumière blanche. On a vu (leçon 12° 196, phénomène des contrastes simultanés) qu'elle doit être de la couleur complémentaire de celle du fond qui l'entoure.
La seconde, l'ombre rouge, est l'effet de la suppression par le corps opaque de la lumière blanche réfléchie par le miroir sur ce même écran.
Gela posé, le professeur éloigne ou rapproche le miroir plan M, le long de la ligne LM, pour l'arrêter au point pour lequel les deux ombres susdites lui paraissent de la même intensité, c'est-à-dire aussi claires ou aussi foncées, chacune dans sa couleur.
Cette position déterminée, l'auteur mesure : 1° la distance directe de la lampe à l'écran ; 2° celle de son image virtuelle, donnée par le miroir, au même écran.
Or les ombres étant égales en intensité lorsque l'on a relevé les mesures en question, l'éclairement qui les détermine est le même en cet instant. La quantité de lumière rouge qui détermine l'ombre verle est donc à la quantité de lumière blanche qui détermine l'ombre rouge, dans le rapport inverse du carré des distances respectives de leurs foyers d'origine.
Si donc on prend pour unité la distance de la source blanche, et son ntensité quelconque pour Vunité d'intensité, l'intensité de la lumière qui traverse le verre rouge sera donnée par ledit rapport. Répétant cette expérience avec le verre rouge, nous avons cru trouer (car l'opération est des plus délicates) que pour l'égalité d'appré- Iation de l'intensité des deux ombres, le foyer virtuel de lumière lanche devait être à trois fois environ la distance directe de la lampe i l'écran. La lumière blanche donnant une intensité supposée égale i 1 , le verre rouge donnerait donc une quantité de lumière égale à 1/9.
548 DIOPTRIQUE PATHOLOGIQUE. [21c
Ce résultat se rapproche assez de celui consigné dans le travail dfe M. Holmgren, qui assigne, dans les mômes circonstances, 0,115 ou = 1/8.7 pour la mesure du sens chromatique (couleur rouge), par rapport à son énergie vis-à-vis de la couleur blanche dans l'œil normal.
La même expérience, faite au moyen de la couleur verte donnerai^ suivant le même auteur, M. Holmgren, pour l'énergie du sens chromatique (couleur verte) , comparée à la lumière blanche : 0, 137 ou 1 /7.2.
Nous avons éprouvé, et l'auteur le reconnaît comme nous, une réelle difficulté, se traduisant par d'innombrables incertitudes, à affirmer, dans chaque cas, le point exact pour lequel les deux ombres de colorations complémentaires présentent une intensité égale.
En admettant cette expérience faite et bien faite pour toute- lej nuances principales du spectre, on pourrait dresser un tableau empirique des rapports de l'intensité lumineuse afférente dans l'étal noj'mal entre chacune de ces couleurs et la lumière blanche. C'est une recherche que nous signalons aux physiologistes ; il est à regretter que M. Holmgren l'ait bornée au rouge et au vert.
Ces tableau ou échelle établis deviendront la base d'une méthode très heureusement conçue, et qui peut être très fertile en enseignements pour la diagnose et la détermination du degré de cécité pour les couleurs. Cette méthode consiste, on le voit, un sujet suspect étant donné, à le soumettre aux épreuves de Stilling par les ombres colorées, non plus en lui demandant de quelle couleur sont les ombres qui se dessinent sur l'écran, mais, en déterminant, comme dans l'expérience précédente, la distance à laquelle pour chaque couleur éprouvée, les deux ombres sont vues sous une égale intensité lumineuse.
La comparaison des chiffres relevés dans un cas anormal quelconque, avec ceux qui représentent (dans le tableau ci-dessus) les données fournies par l'état physiologique sera, nous nous en assurons, féconde en résultats.
Ainsi, une première série de recherches a fourni à M. Holmgren les données suivantes :
Nous venons de voir que, chez le sujet normal, l'intensité de la lumière nécessaire pour produire une impression donnée, étant 1 (un), avec la lumière blanche, devait s'élever à 9, si on excluait toute autre nuance quele rouge ; or, s'il s'agit d'un aveugle pour le rouge, elle devra être portée à 20, avec cette même lumière rouge, et ainsi des autres.
Une autre circonstance intéressante a été relevée dans ces expériences et ajoute à leur signification.
Nous avons exposé plus haut combien un sujet physiologique éprouvait de difficultés à reconnaître avec exactitude le point où les deux ombres colorées se montrent d'égale intensité.
Il en est tout autrement pour le daltonien ; dès que ce dernier est-
EEçON.] DALTONISME (DIAGNOSTIC). 549
en présence de deux ombres pour lui sans couleur, il n'hésite pas plus dans son estimation que nous ne le faisons nous-mêmes dans des expériences de photométrie ordinaire à la lumière blanche, par la comparaison des ombres portées.
Nous voulons parler ici de la cécité complète pour une couleur donnée. L'ombre est pour lui parfaitement incolore ou d'un gris plus ou moins noir.
Dans des cas de cécité incomplète, on doit trouver des proportionnalités différentes et qui varient avec le quantum de sensibilité chromatique qui reste chez le sujet examiné.
On a donc là toutes les qualités d'une méthode rigoureuse de déterminations numériques.