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LEÇON. | SA FORMULE GÉODÉSIQUE

Mais la part prise par les éléments concomitants n'annulent en rien le rôle de la fonction géodésique en elle-même.

L'esprit humain, le nôtre du moins, ne sait point embrasser dans un seul aperçu tant d'aspects complexes ; il procède par dichotomie. La vision associée, physiologique, repose — entre autres — sur une formule géodésique parfaite, éclairée, dirigée ultérieurement par les éléments que nous venons de dire et qui exercent une grande influence, par exemple, sur la notion d'imité des corps. Pour procéder du simple au composé, nous nous sommes donc attaché d'abord à poser les termes et à élucider le mécanisme de la fonction géodésique binoculaire, base de toute étude ultérieure plus complète et qui donne, en définitive, la clef de tout le système, comme en témoigne la révolution apportée par l'invention du stéréoscope.

Finalement, et réserve faite de l'influence exercée sur la sensation de l'unité d'un objet donnant lieu à deux images, par les notions acquises et résultant de la couleur, de la perspective, de l'habitude, etc., l'observation rigoureuse des phénomènes de la vision nous démontre que non seulement un objet peut être vu simple avec les deux yeux sans que ses images tombent à droite et à gauche sur des points homologues, mais encore que la différence des parallaxes de ce même objet dans l'un et l'autre œil, se lie intimement à la sensation du relief corporel qu'il procure, ou, plus exactement, à la situation de cet objet dans l'espace, et relativement aux autres corps composant cette même perspective. Un dernier aspect du problème reste encore à mettre en tout son jour. Gomment ce fonctionnement géodésique si élevé et tellement mathématique, se marie-t-il avec les conditions de mobilité, bases de notre vie de relations? C'est ce que nous aurons à examiner plus loin.

§ 362. — Objections opposées à cette formule du mécanisme de la vision binoculaire par les écoles allemandes et hollandaise.

Le mécanisme de la vision associée tel que nous venons de le résumer, sur nos premiers travaux publiés en 1860, n'a point eu l'avantage de se concilier l'adhésion des écoles allemande et hollandaise.

Pour expliquer le rôle géodésique rempli par la vision associée comme est l'appréciation des positions relatives des objets dans l'espace, de leur distance, de leurs dimensions, M. Helmholtz invoque le concours de divers éléments plus ou moins importants, mais toujours actifs, dus à l'expérience acquise, à la mémoire inconsciente; il les fait reposer sur La connaissance première des lois de l'éclairage, de l'ombre portée, de la perspective géométrique, de La perspective aérienne, de la grandeur relative des hommes et des animaux, etc., etc., de L'accommodation, etc., etc.

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Toutefois, ne pouvant méconnaître le caractère vague et incomplet : de ces données, le manque de certitude inhérent à leur application, la mobilité des notions qui en dérivent, il fait appel encore à d'autres sources de renseignements ; il fait intervenir, par exemple, les différences d'aspects présentés par un objet à la suite d'un léger mouvement de la tête ou des yeux. On reconnaît, en particulier, en différents points de son remarquable ouvrage, combien il serait disposé naturellement à faire jouer à ces mouvements du corps, de la tête, ou des yeux, un rôle capital dans l'appréciation de la troisième dimension de l'espace ou des distances relatives des objets.

Néanmoins, sentant, en fin de compte, la nécessité de l'admission dans le mécanisme de quelque élément plus précis, plus en rapport avec les notions évidemment géométriques apportées par la fonction, l'illustre physiologiste ne peut se refuser à introduire à son tour dans le mécanisme en question : la différence des parallaxes d'un même objet d'un œil à l'autre.

Pouvons-nous, en effet, interpréter autrement la conclusion finale de sa discussion ?

« Ainsi tandis que la vision monoculaire — avec immobilité de la tête — ne détermine que la direction sur laquelle se trouve le point perçu, la vision binoculaire donne des faits d'observation suffisants pour déterminer de plus la distance de ce point, au moins en tant que les données obtenues présentent une exactitude suffisante et qu'il en fait un usage convenable. « [Ces derniers mots seront éclaircis dans la discussion qui va suivre]. »

« En général, ajoute très justement l'auteur, l'exactitude de la détermination de la distance est d'autant moindre que cette distance est elle-même plus grande, puisque, les objets très éloignés ne donnent plus d'images sensiblement différentes dans les deux yeux. » (Helmholtz, IIIe partie, p. 809.)

Cette conclusion se rapproche assez des nôtres pour nous fane espérer un accord plus prochain que ne pouvait le faire présager le début de l'analyse physiologique faite de la vision associée par l'illustre auteur.

Il subsiste cependant, dans ce même chapitre, un certain nombre d'objections adressées sous une forme très générale, à nos doctrines. Quoique nous ne soyons pas nommément désigné, nous croyons devoir, dans le seul intérêt de la science, essayer d'en dissiper l'effet.

a) Première objection : expérience des trois épingles. — Trois épingles B,A,B' (fig. 99), sont placées sur une règle, en ligne droite, dans le sens de la longueur de cette règle (que nous supposerons longue de 60 à 80 centimètres), et à 10 ou 15 centimètres de distance l'une de

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