LEÇON.] OBJECTIONS OPPOSÉES A CETTE FORMULE
l'autre ; on place cette règle dans le plan vertical médian du corps et
dans l'horizon rétinien, entre les deux yeux. Dans cette situation de la règle portant les épingles, si l'on fixe son
attention sur l'épingle intermédiaire A, par exemple, les deux f B
autres épingles B,B' sont vues
chacune en double. L'antérieure
en images croisées y et <?; la
postérieure donnant des images
homonymes, a,/3.
Ces images deviennent de
plus en plus confuses et vaporeuses, au fur et à mesure de
l'accroissement de leurs distances mutuelles.
Cette expérience prouve, nous fait-on remarquer, que lors du maintien de l'attention sur l'une des épingles, nous ne plaçons ni l'une, ni l'autre des deux autres au point d'entre-croisement des axes secondaires qui leur correspondent: points d'intersections qui se projetteraient tous dans notre plan sagittal.
■ Donc, nous objecte-t-on, « les axes secondaires ou lignes de directions visuelles, autres que les axes optiques, ne jouissent point comme nous venons de l'avancer, de la propriété de localiser à leur point de commune intersection la position de l'objet dessinant à leur pied son image. » Et, effectivement, si notre proposition n'avait pour expression que la formule toute nue qui précède, cette expérience serait concluante.
Mais nous n'avons point dit que les axes secondaires jouissent d'une elle propriété par eux-mêmes et en dehors de toute autre considération. Ce n'est point chez eux, avons-nous compendieusement explique, une faculté antérieure et supérieure, comme est, par exemple dans le muscle la faculté contractile, ou, pour demeurer dans notre «je , comme est, déposée dans le bâtonnet, élément anatomique de Vilement et des projections sensorielles, la faculté expresse de extenonsation en directions déterminées des impressions rétiniennes.
einV? TP 63 ^ 3eCOndaires *«■ la vision binoêtre sol H Une/aculté ^°cratique du bâtonnet et qui puisse être .solce des autres facteurs de la vision binoculaire
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Fie. 99.
o86 VISION BINOCULAIRE.
Nous avons eu soin de dire que, pour qu'ils procurent la notion du lieu de leur entre-croisement, il faut d'abord que ces axes secondaires répondent, par leur pied à deux images propres à porter au sensorium l'idée d'unité ; alors, et seulement alors, lèur position se trouve expressément fixée (dans l'espace à trois dimensions), par rapport au point de concours des axes optiques principaux.
Or, pour que l'idée d'unité objective s'impose dans la vision binoculaire, il faut non seulement que les images en question soient suffisamment semblables, mais encore qu'elles appartiennent, dans la même région du champ visuel, au même ensemble d'objets composant la perspective, c'est-à-dire à la même série continue des mêmes objets.
Cette condition, nous ne la formulons pas aujourd'hui, ùposleriori, et pour répondre à une objection redoutable.
Elle est tout au long exposée, reproduite sous plusieurs formes, dans notre première publication sur ce sujet. (Voyez les §§ 122 et suivants de notre Traité de la vision binoculaire; on y peut suivre dans leur enchaînement toutes les opérations lentes de notre jugement pour arriver à comprendre comment les axes secondaires pouvaient nous donner la notion du lieu de leur intersection mutuelle.)
Analysons pas à pas l'expérience ci-dessus ; il est facile de voir que lorsque, dans l'exemple précédent, nous arrêtons toute notre attention sur l'épingle intermédiaire, l'épingle antérieure projette à gauche son image, sur la moitié externe de la rétine de l'œil gauche dont les propriétés projectives s'exercent à droite du point ou du plan qui partage en droite et gauche le champ unifié de la perspective.
Dans l'œil droit, au contraire, cette épingle antérieure dessine son image à droite du pôle oculaire, et la projection en a lieu dans la moitié gauche de la perspective. Gomment, en ces conditions, pourrait se former la notion àcVunité, indispensable à la fusion des sensations, et par suite, à la localisation de leur point de départ unique à l'entre-ci oisement des axes secondaires correspondants?
La première conséquence de la propriété d'unité, réalisée dans le concours des axes optiques principaux, n'est-elle pas dans cette notion de la droite et de la gauche séparant, en deux moitiés tranf chées, li' champ unifié de la demi-sphère extérieure.
Dès lors comment pourrait s'établir dans notre sensorium ridée d'unité entre deux images appartenant l'une à la perspective de droite, l'autre à la perspective de gauche? Les notions reçues, en ce cas, comme les images elles-mêmes, doivent évidemment être partfl gées en droite et gauche.
La condition essentielle de la fusion binoculaire, l'idée iïwiité d'objet, manque donc ici, et ce fait seul suffit à enlever auxaxes secon-