Ann. d'Ocul., année
ï>. Revue scientifique, M mars 1808.
lEÇON.j NOTION DE LA GRANDEUR DES OBJETS. 593
Dans le premier cas, la vision binoculaire ne serait que la monoculaire doublée; — dans le second, c'est la vision géodésique ellemême, telle que nous venons delà définir; et M. Donders se trouve adopter implicitement la proposition, qu'il ne juge pas digne de réfutation ; seulement il le fait en termes incomplets.
Laquelle des deux alternatives choisit-il ?
Nous le répétons :
En formulant la proposition qui a choqué le savant 'professeur, nous n'avons fait, en somme, que condenser en langage géométrique les données de l'observation ; cette formule n'est en effet que l'expérience même de Wheatstone révélant la synthèse de la fonction binoculaire dans son rôle géodésique; c'est un tableau, non une induction; le « mens » n'y est pour rien.
Mais si bonnes que nous paraissent nos raisons sur ce point, nous avons assez d'expérience des choses de la vie pour supposer que si nous pouvions apporter quelque autorité d'une autre origine que la France, au secours de notre thèse, elle n'en serait pas plus mal reçue.
Nous rappellerons donc à M. Donders les passages suivants de l'optique physiologique de M. Helmholtz, résumant les enseignements bruts de la stéréoscopie, et que nous reproduisons une seconde fois, à son intention, dans le cours de ce même chapitre.
« Faisons passer une ligne droite par chaque image rétinienne et le point nodal de l'œil correspondant; comme nous l'avons fait voir, le point lumineux se trouve nécessairement sur chacune de ces lignes (de direction : il est donc à leur intersection. » Et cette autre :
« Ainsi, tandis que la vision monoculaire avec immobilité de la tête, oe détermine que la direction sur laquelle se trouve le point perçu! la vision binoculaire donne des faits d'observations suffisants pour déterminer de plus la distance de ce point (entre-croisement des axes lecondaires), au moins autant que les données obtenues présentent une ■xactitude suffisante et qu'il en est fait un usage convenable/... (IHtroluctum a la stéréoscopie, 3° partie, 1866). Moins la netteté, cette conclusion difière-t-elle de la nôtre- ou ^uve-t-elle dans le nuage qui l'enveloppe un privilège qui la place u-dessus de la réfutation ? ■ v„- . •.,
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oléln1! °f ^ Ù U'ie di9tanCe IVtMW* d'un œil, considéré lement e y dessinan une image nette. Supposons maintenant que Objet soitelastiquc et que son élasticité varie de façon uniforme et
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telle que, transporté à une distance quelconque de sa première position, il remplisse toujours exactement, sans en déborder les côtés, l'angle visuel qu'il sous-tendait dans sa première position. Il est clair r pour tout le monde que, quelle que soit la distance à laquelle sera . transporté cet objet, sous-tendant toujours le même angle visuel dansl'œil, ses dimensions relatives, dans deux positions quelconques, . seront directement proportionnelles à la distance de chacune d'elles au point nodal de l'œil.
D'après les connaissances acquises, d'après l'effort accommodali développé, le sujet pourra bien se faire une idée plus ou moins exacte* de la grandeur de l'objet, ainsi vu avec un seul œil, dans ces deux circonstances; mais il est clair, d'aprèsce que nous venons d'exposer, que> cette notion n'aura pas un caractère' géodésique précis; la vision uni-oculaire, sans le secours des circonstances extérieures, ne procurant quedes angles visuels, et non des distances! sur les angles ou sur les directions visuelles qui en forment les côtés.
Mais admettons maintenant que l'objet ab (fig. 100), étant placé dana notre plan médian sagittal, nous ou-i vrions les deux yeux : les deux anglesvisuels aob, ao'b que sous-tend l'objet ab sont égaux, et si chacun des organes n'a, par lui seul, corn science que de l'angle visuel, sous tendu par l'objet, nous avons vu que le propre de la vision associée > de la coalescence des deux yeux, est de déterminer invinciblemen à l'entre-croisement des axes secondaires , la position dans Tespac» des points a et b : d'où suit nécessairement la notion de la distanci de ab à notre personne, et conséquemment celle de la grandeur de ab La propriété des axes secondaires de fixer la position des point: dans l'espace, a donc pour corollaire immédiat de procurer la notioi de la grandeur des objets.
Nous pouvons le reconnaître plus expressément encore au moyen de l'expérience suivante : l'objet ab étant placé dcvantnous, comme i vient d'être dit, armons-nous de deux prismes divergents, c'est-à dire ayant leurs bases du côté du nez (comme on le voit dans I' fig. 106 du § 485); chacun de ces prismes déplace en dehors TangU aob à gauche, ao' b à droite. Les côtés de ces angles vont donc 9 couper virtuellement en a' b', et c'est là que nous voyons l'objet. Or
Fig. 100.