LEÇON.] DYNAMIQUE DU GLOBE OCULAIRE
jamais les muscles obliques venir remplir sa fonction interrompue. Et si, dans un cas semblable, on ferme l'œil sain en appelant toute l'énergie de l'attention sur. le demi-champ temporal ou extérieur du côté paralysé , les efforts les plus soutenus du sujet ne peuvent produire qu'un très léger essai d'abduction du globe autour d'une courte ligne ondulée, formée de soubresauts en haut et en bas, témoignant de la succession impuissante des efforts de chacun des obliques, s'attelant tour à tour à une œuvre qui leur est inconnue. Nous verrons en effet tout à l'heure qu'ils ne sont actifs, l'un que dans le mouvement en haut, l'autre que dans le mouvement en bas.
De plus, on remarque que cette action plus qu'imparfaite, ne peut être décidée qu'à la faveur de l'individualisation de l'effort et par la clôture de l'œil sain. Si celui-ci est rouvert, si les yeux sont associés, les obliques dans l'œil paralysé, dans un cas, les droits inférieur et supérieur dans l'autre, ne manifestent aucune velléité de remplacer ni le droit interne, ni le droit externe.
Les seuls muscles de l'adduction et de l'abduction directes sont donc les muscles droits interne et externe.
Les composantes adductrices des droits supérieur et inférieur ne sont que des forces accessoires, tout comme le sont les composantes abductrices des obliques.
On pourra, dans les analyses ultérieures, reconnaître et invoquer le rôle de ces composantes ; seulement on peut à l'avance leur refuser toute action directe, c'est-à-dire répondant à la volonté dans le sens de l'adduction ou de l'abduction isolées ; elles ne développent, en ces circonstances, que les actions toniques qui concourent au maintien de l'équilibre statique du globe, et à la conservation de sa forme.
§ 391. — Mouvements directs ou cardinaux, de la ligne de regard en haut et en bas. - Ils sont l'un et l'autre l'effet ou la résultante de l'action combinée de deux forces, et non plus le produit d'une seule. Chacun de ces mouvements est déterminé par « l'un » des muscles droits « supérieur » (mouvement en haut) ou « inférieur » (mouvement en bas), « associé en combinaison définie » avec l'oblique de « nom contraire. »
Aussi bien que lors du mouvement direct en dedans et en dehors le méridien vertical primaire, pendant l'accomplissement du mouvement direct en haut et en bas, conserve constamment sa verticalité • c'est ce que nous a appris l'expérience de Ruete. Le mouvement direct en haut et en bas a donc lieu aussi autour d'un seul axe de rotation ici 1 axe horizontal qui joindrait les deux centres oculaires
Mais dans ce cas, si nous nous demandons quelles sont les puissances apphquées au globe oculaire en situation de déterminer une rotation exactement perpendiculaire à cet axe horizontal, la question
devient un peu plus complexe que celle que nous venons de résoudre Parmi les systèmes de muscles que nous avons décrits, aucun n'est dirigé exactement dans le plan vertical. Quant à ceux qui semblent, à première vue, aptes à porter la pupille en haut ou en bas, ils appartiennent à des systèmes dont les plans font avec le plan primaire vertical, l'un un angle de 55° (groupe des obliques), l'autre un angle de 20° (groupe des droits supérieur et inférieur). Mais, dans chacun de ces groupes, un seul muscle a une composante supérieure, un seul une composante inférieure. Il n'y a donc, de toute évidence, que la i combinaison, deux à deux, de ces muscles, dans chaque groupe, qui soit apte à produire l'évolution directe, soit en haut, soit en bas.
Le mécanisme devient donc clair. Si le droit supérieur entre en i jeu pour porter la pupille en haut, il n'y a qu'à jeter un coup d'œil I sur la figure 102, § 387, pour reconnaître que son action aura en i même temps pour effet de faire tourner le globe autour de l'axe de i rotation PO incliné de 70° sur le méridien vertical. La pupille, au i lieu d'être portée directement en haut, va donc être élevée dans unî plan faisant avec le vertical un angle de 20° en dedans. Ce n'était pas l'objet proposé ; ce n'est pas non plus ce que l'on observe.
Quel autre muscle pourrait porter le globe en haut : un seul, avec le précédent, l'oblique inférieur : mais ce dernier, par un mécanisme inverse, ne porterait la pupille en haut qu'en l'entraînant en dehors, et en renversant le méridien vertical du côté externe.
Or, la pupille monte directement en haut, son centre demeurant toujours immobile dans le plan vertical, elle tourne autour d'un axe horizontal fixe, il faut donc que ces deux muscles, uniques possesseursde composantes verticales dirigées en haut, agissent ensemble en se faisant un rigoureux équilibre. Le droit supérieur, empêchant le renversement de la rotation en dehors du méridien primaire vertical, que tendrait à produire l'oblique inférieur ; et celui-ci équilibrant dans le même moment l'action rotative en dedans du droit supérieur.
Une discussion identique nous démontrerait que le mouvement directement en bas, est procuré par les actions, combinées en rapport rigoureusement exact, du droit inférieur et de l'oblique supérieur.
La formule placée en tête de ce paragraphe exprime le résumé précis de cette action complexe.
Une conséquence remarquable de cette analyse (expérimentale, ne l'oublions pas), n'échappera pas au lecteur. C'est que dans les mouvements associés directs en haut ou en bas, les muscles (droit supérieur et oblique inférieur, dans un cas, droit inférieur et oblique supérieur, dans l'autre), reçoivent constamment une quantité d'influx nerveux, ou déploient une force proportionnelle parfaitement définie,