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DYNAMIQUE DU GLOBE OCULAIRE

et mesurée, pour chaque direction, par le rapport des cosinus de leur inclinaison sur le bras de levier auquel elles sont attachées.

C'est ce que nous avons voulu exprimer en qualifiant de définie cette proportion qui rappelle un rapport de même nature dans les combinaisons chimiques. Nous rappellerons plus loin cette remarque (voir le § o de notre Traité du strabisme et de la Diplopie, 1863).

§ 392. — Mouvements obliques ou diagonaux.

Ces mouvements sont de toute nécessité l'effet résultant de la combinaison du groupe élévateur ou abaisseur direct, avec le muscle direct aussi de l'adduction ou de l'abduction.

(Le mouvement oblique de la pupille en haut et en dedans, par 'exemple, est produit par l'action mesurée et précise de l'élévation directe (droit supérieur et oblique inférieur), et de l'adduction directe due au droit interne; et ainsi des autres).

Si nous avions à déterminer à priori, et par l'induction rationnelle, quels sont parmi les moteurs oculaires, ceux que leur situation indique comme aptes par leur concours et leur combinaison , à porter la pupille dans une des directions intermédiaires entre le haut et le dedans, par exemple, nous ne ferions que nous conformer aux lois de la mécanique la plus élémentaire, en supposant que ce mouvement a pour composantes les forces qui tendraient à porter la pupille, d'une part, en haut dans le méridien vertical, de l'autre, celle dont la tendance serait de l'entraîner dans le plan horizontal, en dedans (loi du parallélogramme des forces). La chose sauterait aux yeux si, par exemple, au lieu de la combinaison du droit supérieur et de l'oblique inférieur nécessaire pour porter directement la pupille en haut, nous n'avions qu'wn seul muscle dirigé dans le plan vertical, comme est le droit interne, dans le plan horizontal : la loi du parallélogramme des forces s'imposerait alors dans sa rigoureuse simplicité. Eh bien ! ici, au lieu de deux muscles seulement, nous avons un groupe de deux muscles à considérer comme un seul, d'une part, et un troisième agissant pour son propre compte ; et l'action résultante des trois éléments peut se calculer comme dans le cas simple de deux forces isolées. Voilà ce que nous dirait l'induction.

Or, l'observation pathologique, rapprochée des enseignements précédemment fournis par la physiologie expérimentale (proposition de Ruete), vient nous révéler l'application, faite par la nature, de cette même loi dans le cas qui nous occupe.

Prenons pour exemple l'analyse du mouvement qui porterait la ligne de regard en haut et en dehors à droite. Nous avons appris, par les expériences précitées sur les images consécutives, que, lors de ce

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mouvement, le méridien vertical de chaque œil se renverse, par son extrémité sagitlale ou supérieure, vers la droite (côté vers lequel se porte le regard).

Supposons maintenant paralysé le muscle direct de l'abduction, le droit externe du côté droit (nous choisissons ce dernier parce que, étant animé par un nerf spécial et exclusif à lui, les caractères de sa paralysie sont nettement définis et sans risques de confusion avec celle des autres muscles).

Eh bien! dans un tel cas que voyons-nous? Sous l'empire de la loi fonctionnelle instinctive, l'influx nerveux est jeté sur tous les organes propres à procurer le mouvement binoculaire associé; l'œil gauche, supposé sain, se dirige dans le sens indiqué, et porte son méridien vertical dans l'inclinaison en haut et en dedans, ainsi que sa pupille dans la diagonale voulue et à une certaine hauteur au-dessus du plan' horizontal.

L'œil droit a reçu les mêmes ordres du sensorium ; mais il n'a obéi que partiellement à cette impulsion : sa pupille s'est élevée, et à la même hauteur que celle de l'œil sain, accusant ainsi très nettement la présence de l'action des élévateurs directs et leur obéissance aux ordres reçus. Quant à la composante horizontale, elle fait défaut : la pupille est demeurée dans le plan vertical primaire : l'observateur reconnaît que les yeux sont à l'état de strabisme convergent.

Les impressions subjectives du sujet révèlent le même fait ; l'objet visé est vu double, et les images sont homonymes. En outre, celle de l'œil droit est inclinée sur celle de l'œil gauche; son extrémité supérieure s'écarte sensiblement de l'extrémité supérieure de son homologue de gauche.

Les enseignements subjectifs sont donc ici les mêmes que ceux fournis par l'observation extérieure, beaucoup plus instructifs même. Ils nous apprennent non seulement que le méridien vertical primaire de l'œil droit ne s'est pas porté en dehors (l'abduction fait défaut), comme il le devait, mais en outre, qu'il ne s'est pas, incliné, renversé du côté du point de regard, comme la physiologie démontre qu'il le fait dans les conditions normales de ce mouvement.

Telle est en effet la conclusion à tirer du fait subjectif observé d| l'inclinaison de l'image appartenant à l'œil droit. Les sensations (fallacieuses) de l'œil droit sont jugées par les notions qu'apporte l'œil sain, ici, le gauche. Ce dernier voit l'image droite, pendant que son méridien primaire vertical s'est incliné à droite. L'image (comme dessin) est bien aussi droite dans l'œil droit; mais le méridien vertical est demeuré vertical, tandis que les notions monitrices apportées par le système nerveux (conscience musculaire), le représentent au sensorium Comme s'étant mis avec son congénère, dans les rapports

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