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VINGT -NEUVIÈME LEÇON

DES TROUBLES VISUELS RÉSULTANT DE LA DISSOCIATION DE LA VISION BINOCULAIRE

§ 416. — Définition sommaire du strabisme : dissociation du regard

binoculaire.

La vision associée ou binoculaire, simple clans son résultat psychi-.que ou sensoriel, ne se maintient telle que par la régularité du mouvement des deux yeux, associés de façon à avoir, en chaque instant; , le même objet peint sur les pôles des deux organes, ou, ce quii revient au même, leurs axes optiques entre- croisés sur le même-' point ou objet extérieur.

Cette régularité ne se maintient elle-même qu'autant que les conditions de l'équilibre physiologique sont conservées entre la puissance; et la résistance : — c'est-à-dire du côté de la puissance, que nul troublen'existe dans l'association synergique des muscles moteurs de l'un ou; l'autre œil — ou, du côté de la résistance, que nul obstacle anormal ne vient entraver l'un des mouvements réclamés.

Toute dérogation à cette loi s'exprime par une altération de lad mobilité de l'un ou l'autre œil, et, par sa conséquence immédiate, lad discordance, la désbarmonie des rapports physiologiques des dcuxv axes optiques.

Cette dissociation porte le nom de strabisme.

§ 417. — Anomalies dans les mouvements pouvant dépendre d'obstacles

matériels.

Quand cette altération de mobilité, ou cette discordance, se manifeste d'une manière quelconque, le premier soin du chirurgien doit tj être de s'assurer que l'anomalie ressortit à l'un ou l'autre de ces i deux facteurs principaux, la puissance ou la résistance.

LEÇON.] DU STRABISME. 70b

La puissance, chacun comprend quelle elle est : l'action des muscles moteurs qui doit offrir l'harmonie entière formulée dans la leçon 26e.

Quant à la résistance, elle ne peut provenir que des entraves au mouvement, dans une ou plusieurs directions, apportées par des obstacles extérieurs au globe.

Telles seraient les circonstances anatomo-pathologiques suivantes:

1" Du côté de la conjonctive, des cicatrices ou pertes de substance, s'étendant plus ou moins profondément : ptérygions charnus ou rétractiles, des adhérences du globe (symblépharon, ankyloblépharon), etc., etc..

2° Du côté de l'orbite, toutes les tumeurs qui peuvent se développerdans sa cavité et amener de l'exorbitisme1.

L'engorgement, soit sanguin, soit lymphatique de ses parois. Leur déformation, par pression de tumeurs développées dans les cavités voisines, etc., etc.

Avant toute autre recherche, le chirurgien doit donc s'assurer si l'une de ces conditions mécaniques ne joue pas un rôle dans l'anomalie de mouvement constatée.

Cette source causale exclue, il est en droit d'accuser l'intégrité physiologique de l'appareil moteur en lui-même.

§ 418. — Examen direct de la mobilité.

L'examen de la mobilité doit être fait dans les deux yeux ensemble, puis dans chaque organe séparément, c'est-à-dire l'autre étant fermé.

Pour l'apprécier avec exactitude, il faut préalablement connaître I étendue physiologique de l'excursion de chaque œil entre les deux commissures.

Voici ce que sont communément ses limites : Des limites normales de V excursion de chaque œil. - Dans l'abduc twn forcée, le bord externe de la cornée doit arriver à la commis sure; - dans l'adduction, le bord interne doit se cacher un peu

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