Du strabisme concomitant. — Caractéristique
Le strabisme concomitant se caractérise, comme on l'a vu plus haut (leçon 29e), par les circonstances suivantes :
lu Discordance apparente des deux lignes de regard, qui devient évidente et certaine, si l'on intercepte à l'œil 'directeur la vision de l'objet qui fixe l'attention; on voit alors l'œil dévié se redresser pour fixer l'objet.
On suppose ici — ce qui se rencontre d'ailleurs d'une manière générale — que les deux yeux, sans pour cela être égaux, jouissent cependant tous les deux, d'un certain degré de perception visuelle. Les exceptions seront envisagées à part.
2° Dans cette épreuve, la déviation secondaire de l'œil sain, sous la main qui le couvre, est sensiblement égale à la déviation nrimitive. 1
3° La mobilité totale de l'œil dévié est sensiblement la même que celle de l'œil sain : l'arc de l'excursion est seulement déplacé
Les yeux, dans leur discordance, se meuvent cependant ensemble et d un arc sensiblement égal, comme en partie liée
4» Dans le strabisme concomitant, l'œil dévié n'a point notion de la
double image que dessine chez lui l'objet de l'attention du r afd •
pour quille cet objet, il faut qu'on en intercepte la vue à l'œil sain : c est alors que l'œil dévié se redresse pour fixer ! Ajant cette ^intervention, U [ ne voyaitpascetobjet, quoique ce dernier dess.nat son mage sur sa rétine, comme sur celle de son congénor, ■
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VISION BINOCULAIRE. [31c J
5° Si l'on parvient à faire naître chez le sujet la sensation de lail double image, on constate alors qu'elles se meuvent ensemble | devant le sujet, en demeurant à la même distance relative avec les-| diverses directions de l'attention; en partie liée, comme les lignes deJ regard elles-mêmes.
Pour développer cette double sensation — que la nature s'est appli--| quée elle-même à faire disparaître, pendant la période initiale du il strabisme — on se sert d'un verre coloré que l'on met devant l'unil des yeux, et d'un objet très brillant, comme la flamme d'une bougie,,! pour appeler l'attention. Après plusieurs essais, le sujet arrive à avoirrl conscience des deux images. Le verre coloré n'est bientôt plus néces-l saire et le sujet perçoit les deux images. C'est alors que l'on peuttl constater l'exactitude de la proposition précédente (voir § 500).
§ 448. — Directions diverses du strabisme.
Le strabisme peut affecter toutes les inclinaisons. Cela n'a rien qui doive surprendre, puisque, physiologiquement, l'œil peut donner à la» ligne de regard toutes les directions. De même qu'il est convergent! ou divergent, il peut être supérieur ou inférieur, dans un sens direct,, ou en un sens oblique.
Ces derniers ont été' jusqu'ici fort peu étudiés.
§ 449. — Variétés du strabisme. — Du strabisme double.
Si nous nous arrêtons à la définition de Donders (leçon 29e, § 419), le terme strabisme qualifie ou exprime un simple rapport : l'un des yeux étant, par son pôle, fixé sur un point de visée, l'autre œil est, pari le sien, en communication avec un autre objet, dès lors excentrique, relativement au champ visuel du premier œil.
A s'en tenir à la lettre de cette définition, il n'y aurait évidemment pas de strabisme double.
Cependant, à part d'autres exemples nombreux, qui n'a rencontré de «borgnes » affectés de strabisme.
S'il en est ainsi, la définition de Donders — très suffisante en fini de compte pour l'étude théorique et pratique du strabisme — seraitl grammaticalement incomplète.
M. Donders d'ailleurs, ne prend pas lui-même sa propre définition du strabisme dans un sens tellement étroit, qu'il n'admet le comme nous le strabisme double.
Voici à cet égard, ses propres paroles :
« Dans le strabisme devenu concomitant permanent. *i la mobilité est, comme nous l'avons dit, conservée intacte dans son ensemble.