‹ La vision et ses anomaliesChapitre 168 sur 213 · LEÇON.] ACUITÉ VISUELLE DANS LE STRABISME · texte numérisé non relu

LEÇON.] ACUITÉ VISUELLE DANS LE STRABISME

n'existe que lorsque l'on fait des efforts pour voir nettement un objet déterminé. L'attention alors est concentrée sur cet objet : l'une des deux lignes visuelles seulement est fixée sur lui. La seconde image de cet objet est située pour l'oeil dévié, en dehors de la tache jaune; elle doit donc paraître moins distincte et n'attire ainsi que plus faiblement l'attention.

Voir, à cet égard, ce que nous disons de ces images doubles, au §441 (leçon 30e).

§ 452. — Diminution progressive de l'acuité visuelle dans l'œil dévié.

Dans le strabisme simple, la netteté de la vision s'affaiblit de plus en plus pour l'œil dévié. Au commencement, quand on voilait l'œil sain qui regardait fixement l'objet, l'œil dévié se redressait aussitôt : plus tard il s'empresse moins d'exécuter ce mouvement. De plus, au moment où il se redresse, il dépasse la direction précise de l'objet pour y revenir ensuite : ce qui indique une diminution plus ou moins notable delà perception, tant dans la direction principale que sur toute l'étendue de cette partie du champ visuel qui est commune aux deux yeux, mais qui, dans l'œil dévié, est frappée de neutralisation psychique.

Cet affaiblissement graduel de l'œil dévié avec le progrès des années ne doit pas être perdu de vue sous le rapport du pronostic et de l'opportunité de l'intervention chirurgicale.

Vers la dix-huitième année on ne doit généralement plus rencontrer d'acuité visuelle supérieure à 2/5 ou 2/7. Il n'est donc pas sage d'attendre jusqu'à cette époque pour intervenir.

Au point de vue de Ja conservation d'une acuité utile pour tous les travaux de la vie, le moment est venu dès que le développement de l'enfant est assez complet pour ne pas laisser redouter les suites d'une petite opération.

Il y a même des raisons d'y procéder plus tôt que plus tard. Le développement de l'appareil de la vue se prolongeant peut-être plus longtemps que nous ne le croyons, il est bon de le placer le plus tôt possible dans des conditions de sa vie physiologique intégrale.

S 153. — Du strabisme convergent dans la myopie.

Aux causes précédemment énoncées et qui amènent, suivant lès mécanismes décrits, le strabisme concomitant, nous devons joindre encore : Le strabisme concomitant convergent delà myopie.

Ce genre est relativement rare : au lieu de débuter comme le stral)i~mc concomitant convergent de l'hypermétropie, dans la première jeunesse, il ne se fait remarquer qu'à la fin des études, et même vers

750 VISION BINOCULAIRE. [3i«<

30 à 40 ans. A son début, il s'accuse par la production d'images doubles homonymes, quand, après une tension assez longtemps soutenue de l'accommodation, le sujet veut regarder au loin.

Il s'observe dans les myopiesmoyennes, souvent après des maladies débilitantes, et son analyse semble indiquer une prépondérance dynamique des droits internes sur les droits externes.

On reconnaît son développement progressif à cette circonstance que les images doubles homonymes qui ont commencé à se montrer au delà du point r, finissent par s'accuser de plus en plus près.

Ce genre de strabisme ne se montre pas alternant. Il se distingue du strabisme par paralysie musculaire, en ce que les images doubles homonymes ne se montrent pas sur les régions latérales du champ visuel commun, si le sujet regarde un objet rapproché ; mais seulement quand il regarde au loin.

Ces caractères semblent devoir le faire rattacher à une insuffisance musculaire inverse de celle qui produit le strabisme divergent delà myopie. N'étant point bridé dans sa tendance à rapprocher les objets, ni par le système musculaire externe, ni par l'accommodation, le sujet myope, affecté par exception d'un état d'insuffisance des muscles externes et qui travaille beaucoup, s'habitue à une vision tous les jours moins distante, et ses muscles internes acquièrent par là une prépondérance dynamique dont la conséquence est le strabisme convergent. Ce geure de strabisme ne se rencontre pas deux fois sur cent.

§ 454. — Du strabisme divergent concomitant.

Le strabisme divergent, avons-nou3 vu, est particulièrement lié à la myopie.

Sous ce chef étiologique, si on comprend tous ses degrés, étant lié à la valeur de l'angle et, il offre la même proportionnalité étiologique que le strabisme convergent de l'hypermétropie.

Le strabisme absolu n'en présente qu'une proportion notablement moindre.

On l'observe dan3 deux formes distinctes : la forme constante ou à peu près; la forme intermittente ou périodique (de Grœfe), appelés par M. Donders sti'abisme divergent relatif.

à) Du strabisme divergent intermittent. — Le strabisme divergent relatif ou intermittent se manifeste dans la myopie progressive ou mèmemoyenne, comme avant-coureur de la forme constante, lorsque l'insuffisance des droits internes est relativement assez notable pour provoquer^ après Une application de la vue à courte distance plus ou moins prolongée, l'impuissance finale à maintenir les deux axes en rapport;

Page 1