ÉEÇON.] DE L'INSUFFISANCE CONSÉCUTIVE
croyons être arrivé, par un autre ordre de considérations, pour nous plus claires, à lui donner une expression de plus facile accès. C'est a la mécanique géométrique que nous l'empruntons : espérons qu'elle donnera un peu plus de précision à une observation de fait justifiée d'ailleurs par l'expérience générale.
§ 46-2. - Nouvelle explication (géométrique) du mécanisme producteur de l'insuffisance musculaire survenant, après une ténotomie, en sens contraire à celle existant antérieurement.
Prenons comme exemple une ténotomie exécutée sur le droit interne dans un cas de strabisme concomitant convergent.
Dans son état statique physiologique, le globe oculaire est mobile par rotation autour d'un centre fixe; et cette fixité est assurée par la lutte qui existe à l'état tonique d'une part, entre les forces rotatrices en dehors ou abductrices (droits externes et obliques), et les rotations en dedans ou adductrices (droits interne, supérieur et inférieur) ; d'autre part, entre les forces tendant à porter le globe en arrière (4 m. droits), et celles qui l'attireraient en avant (les deux obliques (§ 388).
Dans la figure ci-dessus,
D étant le point d'insertion fixe des muscles droits,
I' et E les insertions mobiles des droits interne et externe,
00' l'axe de la sangle des obliques.
Si l'on détache l'insertion mobile F du droit interne, de façon qu'elle recule de 20°, par exemple en I; en même temps que l'insertion mobile du droit externe E se transporte de 20° (plus ou moins) en E', et que l'axe de la cornée se porte de la même quantité en divergence, sous l'action nouvellement prépondérante des droits externes et des obliques (puissances abductrices), l'action propre des obliques (protracteurs), porte le centre de rotation de G en C. On voit que, par le seul fait de ee transport , le pouvoir divergent des obliques voit croître son bras de levier (la perpendiculaire de G sur 00').
La section du droit interne supprime ainsi non seulement une des composantes de La rotation en dedans (la principale), mais encore l'une des composantes de la rétraction en arrière.
Or si la première conséquence de cette section est de permettre au globe de tourner de dedans en dehors, une autre non moins immédiate esi de permettre audit globe d'être quelque peu porté e»? avant ,•
Fig, lOfS
7()0 VISION BINOCULAIRE. 3M
A la suite de cette section, le centre du globe est donc porté en avant, en même temps que dans la rotation en dehors.
Si donc, comme nous l'avons supposé, le recul du muscle mesure l'étendue même de la déviation à laquelle il doit remédier, pendant la cicatrisation de la plaie et l'opération de la greffe musculaire, l'axe du globe se trouve affecter une direction inclinant dans le sens de la divergence, relativement à la direction harmonique avec l'autre œil qui semblait devoir résulter pour lui du dosage exact de la ténotomie.
Par le fait du recul du droit interne, la cornée voit d'une part diminuer l'étendue de sa mobilité vers l'angle interne, pendant que, d'autre part, les puissancesroto^'ues en dehors sont dans les conditions de leur plus plein exercice : l'avantage est désormais de leur côté.
Or c'est cette différence introduite entre les rapports nouveaux mutuels de l'adduction à l'abduction, par le recul du muscle droit interne, qui caractérise ce qu'on appelle l'insuffisance future possible de ce muscle.
Le même raisonnement s'appliquerait (mutalis mutandis), au muscle de la divergence dans les mêmes circonstances opératoires. Il est inutile d'y insister.
§ 463. — Application pratique de cette conséquence à l'opération
de la strabotomie.
Il suit delà que toutes les fois qu'on déplace un muscle, par recul de son insertion, d'une quantité égale à la déviation, préalablement mesurée dans la condition de parallélisme des lignes de regard, on place ce muscle dans une situation d'insuffisance relative. Pour la vision des objets rapprochés, il sera donc à craindre que la convergence ne puisse pas arriver à sa limite rapprochée normale.
Pour éviter cet inconvénient, il faut donc donner au déplacement musculaire une étendue moindre que l'arc qui mesure la déviation.
Mais quelle sera la fraction de cet arc qu'il faudra supprimer pour se mettre à l'abri des conséquences de l'insuffisance du muscle à couper ?
L'observation seule pouvait être consultée à cet égard : c'est elle qui a appris à de Grsefe que la mesure la plus convenable était celle, indiquée plus haut, à savoir : la distance ou position moyenne de 6 a 8 pouces (20 à 22 centimètres) qui correspond au balancement ;'i peu près égal des forces de l'abduction et de la convergence.
D'après ce qui précède, il est inutile d'insister sur la première indication qui résultait déjà de la position même de la question de la strfcj bolomic, à savoir d'assurer à tout prix au muscle la longueur maximum que l'opération pouvait lui conserver. Le si rabisme concomitant