‹ La vision et ses anomaliesChapitre 3 sur 213 · VIII PRÉFACE · texte numérisé non relu

VIII PRÉFACE

Nous n'avons, en aucun moment, oublié que si l'ophthalmologiste le plus à la hauteur de sa science, devait posséder des éléments géométriques d'un certain ordre, devait en môme temps, leur adjoindre des connaissances non moins assurées dans toutes les branches de la biologie humaine ; et que les journées n'ayant que vingt-quatre heures pour tout le monde, il fallait savoir réduire, dans cette résultante, chaque branche composante au simple exigé. Nous nous sommes donc constamment appliqué à nous défendre contre toute tendance aux développements superflus et pouvant sentir l'affectation

Nous lisions dans une publication récente, œuvre posthume d'un critique éminent :

« Les lois suivant lesquelles les rayons du jour viennent frapper notre œil sont moins compliquées, mais ne sont pas plus infaillibles que les lois d'après lesquelles la lumière de la pensée d'un autre homme pénètre votre esprit et l'éclairé. » (X. Doudan, Eloge de Villemain.)

Acceptant comme exacte cette équation philosophique, si pertinente en un tel propos, nous osons espérer que le lecteur, mieux instruit que le savant écrivain de la complexité des lois de l'optique physiologique, nous excusera si nos efforts ont été impuissants à concentrer sur notre langage une clarté comparable à celle des rayons du jour.

Giraud-Teulon.

Décembre 1880.

1. Ainsi, voulant indiquer que la vision d'un malade s'est affaiblie jusqu'à zéro, ou rien, nulle part nous ne dirons dans cet ouvrage, comme nous le rencontrons

dans plus d'une publication étrangère, que l'acuité visuelle est descendue à — .

un divisé par l'infini, l'équivalent du zéro dans la mathématique.

De même encore, parlant du fusionnement en une seule teinte grise de deux régions du spectre, complémentaires l'une de l'autre, si nous voulons exprimer ce fait que les deux sensations qu'elles éveillent en nous sont égales ou se.balancent, nous n'écrirons pas, comme nous le lisions dernièrement dans un simple mémoire de physiologie pathologique (Ann. d'ocidistigue , décembre 1880), que ces deux F dC dF

couleurs spectrales Cet F répondent, en cette région, à la condition : — = — .

ou, en langage ordinaire, qu'en ces points, les différentielles des logarithmes de leurs intensités sont égales entre elles.

Nous dirons tout platement, à l'exemple du professeur de philosophie de M.Jourdain, que ces sensations sont équivalentes et s'équilibrent, ne nous représentant pas bien quel supplément de clarté reçoit une notion, en apparence simple, de cette petite excursion, aller et retour, dans le domaine du calcul différentiel et i ntégral.

La première proposition de physiologie que nous devons rencontrer au seuil de l'étude de la fonction visuelle, aura pour objet et pour effet d'établir que l'œil est un appareil de réfraction entièrement assimilable aux instruments physiques composés de lentilles sphériques. Sa conséquence nécessaire est, ou l'exposé ou le rappel des lois de la réfraction sphérique qui, suivant l'ordre logique, devrait seulement suivre cette première démonstration.

Mais ce premier fait est d'une connaissance si générale que, pour éviter au lecteur une coupure interrompant sur une certaine longueur le cours de l'exposition physiologique, nous supposerons pour un moment ce fait démontré et ouvrirons directement ce cours par l'étude préliminaire des lois de la réfraction, introduction que pourront naturellement franchir toutes les personnes déjà familières avec les lois fondamentales de la dioptrique.

CIRAUD-TEUI.ON. — VISION'.

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