DE L'ABERRATION DE CHROMATISME
Zomnose-t-elle suivant la loi du spectre solaire, donnant lieu à des llgles de réfraction croissant, comme clans les prismes, du rouge au
violet extrême. .
L'expérimentation nous apprend que si.par un moyen optometnque
quelconque, on mesure l'action réfringente
de l'organe visuel sur les rayons de couleur
variable du spectre, on note pour chacun
d oux une certaine longueur focale différente ; et par certains procédés on peut même
montrer que toute nappe conique de rayons
blancs tombant sur la cornée, donne lieu,
après réfraction, à deux nappes différemment
réfractées, l'une bleue ou violette intérieure,
l'autre rouge orangé extérieure, toutes deux
d'ailleurs fort voisines.
Dans la figure 35, le cône réfracté intérieur ou violet lt l, v forme foyer sur l'axe, .
en avant en v; le cône extérieur orangé, le
moins réfrangible, forme le sien, au delà,
en r. Entre les deux sommets v et r, la
nappe intérieure prolongée rencontre en c, c,
la nappe extérieure non encore concentrée en un seul point. Le lieu de cette rencontre est un petit cercle ct c3 de couleur composée ou blanche. C'est le foyer même des rayons blancs; c'est le cercle extrêmement petit qui, pour chaque point nettement vu, forme le foyer exact. En ce lieu il n'y a pas chromatisme.
Mais si l'écran rétinien est situé en avant de ce dernier foyer, le cercle qui y est dessiné est bleu violet au centre, rouge orangé au dehors ; c'est le cas d'une insuffisance relative de réfraction (hyperopie ou presbytie) de l'appai-eil, eu égard à la position de l'objet.
Les couleurs sont disposées en sens inverse si l'écran rétinien est, au contraire, porté au delà du foyer des rayons composés : le cercle est rouge orangé en dedans, bleu violet en dehors. C'est le cas d'un excès relatif de réfraction de l'appareil eu égard à la position de l'objet (myopie absolue, ou relative).
En résumé l'œil, entre les limites de l'accommodation, est exempt de l'aberration de réfrangibilité ou de chromatisme. L'irisation chromatique n'apparaît qu'en deçà ou au delà desdites limites : en deçà, par un cercle rouge en dedans, bleu au dehors; au delà, par un cercle bleu au centre, rouge à l'extérieur.
b) Asymétrie. — L'irisation ou chromatisme apparaît encore dans
J''ig- 38,
XM des Aberrations optiques. 7,
une autre circonstance également antiphysiologique ou anormale.
Supposons l'œil exactement accommodé, c'est-à-dire la rétine -m le cercle ct c2 formé par l'intersection des nappes bleue et rouge. Admettons maintenant qu'un écran E placé devant la pupille vierinl couper en deux le cône des rayons incidents. A l'instant, on constate expérimentalement, ainsi qu'on pouvait le prévoir, que le petit cercle t\ c2 de couleur blanche a fait place à un cercle chromatique. Le] deux rayons composants du dernier rayon blanc extrême du côté de l'écran ont été interceptés ; leurs composantes réciproques ne sont donc plus neutralisées et se montrent alors séparées sur le bord de l'image. Il y a irisation.
Ainsi, au foyer même, il peut encore y avoir irisation, si par une circonstance ou une autre, se voit interrompue ou faussée, la loi de symétrie par laquellq le rayon le plus réfrangible d'un côté est compensé par le rayon le moins réfrangible de l'autre.
L'aberration focale ou l'asymétrie oculaire sont donc, en définitive les seules conditions où apparaisse la propriété chromatique des milieux oculaires. C'est dire que, dans son fonctionnement physiologique, l'œil est exempt de l'aberration de chromatisme.
§ 102. — Différence des longueurs focales pour les rayons extrêmes
dans l'œil humain.
Voilà pour ce qui concerne l'œil fonctionnant physiologiquement: c'est-à-dire avec la réunion de toutes les circonstances de la vie ordinaire et normale, appareil organique sain, et lumière blanche ou solaire.
Mais si l'on change ces conditions, ou que l'on soumette l'œil à s'exercer sous l'éclairage fourni, non plus par une source de lumière composée, mais bien par une source monochromatique , la longueur focale de l'appareil changera avec la région du spectre à laquelle appartient cette couleur.
Il résulte à cet égard des expériences de Fraunholer, d'Helmholtzf de Matthiessen que :
Si l'œil étant d'abord accommodé pour l'infini , perçoit distinctement un point lumineux rouge (ligne G du spectre); pour percevoir le même point lumineux dans la région du bleu (ligne G), il sera nécessaire de rapprocher ledit point de 24 à 26 pouces; ce qui équivaut à un déplacement en avant, du foyer principal de l'œil» de 0mm,4 environ : soi! en gros, d'une dioptrie et demie.
L'effet de la dispersion moyenne équivaudrait alors 0d,7o.
Ces déterminations expérimentales servent d'assiette à la méthodj optométrique d'Helmholtz (§ 1 15, a).
LEÇON