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LEÇ0N, MESURE DE L'ACUITÉ VISUELLE. KM

Si donc on veut comparer deux sujets sous le rapport unique du de°-ré ou de l'activité de leur sensibilité élémentaire, ce ne pourra être que dans la manière dont ils répondent à une sollicitation lumineuse identique.

On fera l'inverse d'une épreuve photométrique; on déterminera comparativement à quelles distances deux sujets cessent de percevoir un point lumineux suffisamment clair ou brillant, isolé et d'assez faible superficie pour que son image soit comprise dans l'étendue d'un élément rétinien.

L'exemple de cette épreuve est offert dans les différents essais classiques tentés pour fixer la valeur du minimum visibile simple.

C'était par là que nous avions, nous aussi, abordé la question en 1862, et qu'ainsi que nos devanciers, nous avions dû abandonner cette voie, eu égard à l'inconstance et à la grande inégalité des résultats. Inégalité: les chiffres obtenus variaient entre 0mm,003 etOmm,00013 , quant à l'étendue de l'image rétinienne correspondante. Inconstance : Dans la même épreuve, la limite à laquelle on croyait devoir s'arrêter variait d'instant en instant ; l'objet pris pour type disparaissait, puis reparaissait, pour s'évanouir encore, et cela à des distances assez différentes pour enlever aux résultats toute apparence de certitude. La mobilité de ces essais était telle que la qualité étudiée finissait par ne plus s'offrir à l'esprit que comme une simple et vague impressionnabilité .

Il n'y avait point d'ailleurs à s'en étonner; la limite, dans chacun de ces essais, ne dépendant pas moins de la quantité de lumière que de la délicatesse du sens.

Dès lors avant de rechercher dans de telles épreuves la base d'un système de comparaison, la première condition à remplir eût été de se procurer préalablement une source d'intensité lumineuse constante pour toutes les épreuves tant expérimentales que cliniques. Or, l'industrie ni la science appliquée ne sont encore en mesure de réaliser pratiquement cette unité.

§ 106. — Mesure du degré de la faculté isolatrice. Du minimum sepavabile par opposition au minimum visibile. Choix et détermination métrique de l'unité de mesure.

Mais ce qui nous est refusé, en l'état actuel des sciences appliquées, en ce qui concerne la mesure directe de la sensibilité générale, va nous devenir facile, au contraire, si nous nous adressons à la faculté isolatrice. De ce côté, m effet, nous allons rencontrer toutes les conditions désirables pour fonder un système de mensurations; n'avonsnoiis pas devant nous une fonction foule géométrique, et conséquemment de facile abord ?

132 DE L'OPTOMKTRIE. [7c,

Enfin,, comme nous le verrons tout à l'heure, le plus simple des* rapports existe entre les deux éléments que nous considérons ici, ett quand l'un d'eux aura pu être soumis à une méthode nu mériquej rationnelle, les déterminations du second s'ensuivront immédiatement,.

Le pouvoir isolateur des sensations est directement lié à l'épaisseur, à l'étendue superficielle de l'élément qui isole : et si nous nous* reportons aux considérations que nous avons présentées et sur lesquelles se fonde la notion de la surface (§ 84), nous reconnaissons, que, pour établir une distinction entre deux objets identiques très voisins, il faut qu'il existe entre eux, soit une différence notable d'éclairement ou de couleur, soit, s'ils sont de même teinte ou de même éclat, un élément rétinien au moins, intermédiaire entre eux, et tranchant nettement avec l'un et l'autre.

De cette simple exposition, il résulte que la limite expérimentale d'une telle faculté est atteinte quand deux traits égaux en épaisseur, et de même éclat, sont séparés par un intervalle de même grandeur,, d'une intensité lumineuse ou colorée, faisant suffisant contraste avec les traits qui l'embrassent.

Dans ces conditions, en effet, à partir du moment où les images, de ces deux traits débordent l'étendue diamétrale de l'élément anatomique ou photo-esthésique correspondant, lorsque ces imagescouvrent, en partie, l'élément intermédiaire et que, réciproquement,, la clarté de ce dernier empiète sur leur territoire, l'effet produit est la notion d'une sensation uniforme ou continue, celle d'un élément superficiel. Donc, à la limite, au moment même où va avoir lieu cette confusion des trois traits distincts en une seule teinte, chacune de ces trois images couvre, à elle seule, un élément rétinien entier. L'angle sous-tendu, au centre de réfraction de l'œil, par chacune de ces trois images, en ce dernier instant, est ce que Hook et Porterfield ont mis, les premiers, en relief sous le nom de minimum visibile.

Cette expression de minimum visibile prête, malheureusement, ; cause de l'élasticité du mot voir, son radical, à une double entente. Pour que le terme qui représente l'arc sous-tendu par l'élément rétinien isolateur, directeur (cône ou bâtonnet), contienne en lui-même sa signification exclusive, nous proposerons d'adopter la qualification] de minimum separabile. La suite de celte discussion justifiera pleinement cette innovation.

Par contre, celui de minimum visibile, peut, étant plus compré— hensif, être conservé pour servir de vocable direct pour rcprésenlen la visibilité simple, la sensation simple de la présence d'un objet dans une direction donnée.

Cet angle minimum, quia pour correspondant objectif la dimension diamétrale de l'élément photo-esthésique ou bâtonnet, offre donc

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