‹ La vision et ses anomaliesChapitre 37 sur 213 · LEÇON.] MESURE DE L'ACUITÉ VISUELLE · texte numérisé non relu

LEÇON.] MESURE DE L'ACUITÉ VISUELLE

par sa précision, sa constance, une donnée toute préparée pour servir d'unité à un système de mesure.

C'est celle qu'en 1862, en présentant nos échelles au Congrès international ophtalmologique, nous avions cru devoir adopter, et qui, d'après les expériences que nous avions instituées, avait été fixée à une minute, ou 60 secondes d'arc.

Cette même unité avait été également choisie, et en même temps, pour la construction de ses échelles, par M. Snellen d'Utrecht. Mais, dans cette dernière application, elle portait plutôt sur le minimum visibile que sur le minimum separabile, comme nous le reconnaîtrons un peu plus loin.

§ 107. — Critiques dont cette unité a été l'objet.

Quoi qu'il en soit, cette unité de mesure a été, depuis peu, l'objet de quelques critiques. On lui a reproché d'être un peu faible, sans pourtant prendre sur soi d'en proposer une autre plus élevée. A cet égard, il a été fait une certaine confusion, inévitable d'ailleurs, entre l'acuité normale et l'acuité moyenne.

M. Ém. .lavai a rencontré plus d'un jeune sujet dont la puissance de perception dépassait notre numéro 1 ; et nous admettons cette observation que nous avons également eu occasion de faire aussi pour notre part. Elle est conforme également au témoignage apporté par Hook.

Ce savant, à qui l'on doit les premières recherches clans cette voie (1759), expose que sur cent personnes, une à peine peut distinguer deux étoiles dont la distance apparente est inférieure à 60 secondes.

Cette exception est cependant loin d'atteindre la limite suggérée par M. Émile Javal et qui s'élèverait jusqu'à une fois et demie la valeur de celle de Snellen, et qui nous paraîtrait excessive, si elle s'appliquait à nos échelles. Mais les épreuves qui l'ont procurée ont porté sur les tableaux de M. Snellen qui, formés de caractères isolés, s'écartent assez notablement du principe du minimum separabile et, comme on le verra, sont soumises par là à l'influence des- variations del'éclairement.

D'autres évaluations beaucoup plus excessives ont été proposées par diverses écoles allemandes, qui ont mis en avant des chiffres comme 32 et 37 secondes d'arc pour le minimum separabile. Malgré la considération que méritent des travaux sérieux, nous trouvons dans l'assiette de ces dernières expérimentations des éléments de défiance et de doute. Dans ces expériences, portant sur des filets lumineux ouverts dans des écrans opaques ou recevant une lumière intense, on nous paraît s'être mis dans des conditions quelque peu

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extraphysiologiques et où h diffraction, l'irradiation, ['éblouisse, ment, .levaient plus ou moins modifier 1rs perceptions et ci, affaiblir la précision.

En résumé, le chiffre de 60 secondes .l are (ou d'une minute) n'J pas si distant de la moyenne que l'on était porté a le supposer. Les evaluat.ons supérieures à ce chiffre, et bien constatées, sont plus rares que communes. La réduction de ce chiffre à 50 secondes, que nous nous disposions à admettre, est probablement excessive, au moins comme moyenne commune. Elle peut être celle, élevée, des jeunes sujets des champs, dont les yeux se rapprochent plus de l'état de nature que ceux déjà déprimés par la vie industrielle. D'autre part, enfin! qui nous assure que, clans ce mélange de races qui se sont croisées sur notre sol, l'élément rétinien ait bien exactement le même diamètre?

Il n'y a donc nulle évidence qu'en adoptant, en 1862, M. Snellen à Utrecht, et nous en France, chacun de notre cùlé et spontanément (car nous ne connaissions pas à cette époque le magnifique traité de Porterfield), le chiffre de 60", déjà rencontré par Hook, il n'y a nulle certitude, disons-nous, que nous ayons commis une notable erreur, et qu'il y ait lieu- de réduire cette unité.

Ce qui devra seulement être réduit, c'est l'étendue de l'arc rétinien, estimée par nous à 0^ 005, en conséquence de la distance du deuxième point nodal à la rétine, évaluée alors elle-même à 17 mill., et qui ne doit pas excéder 14 à 15 millim. La valeur la plus probable de cet arc doit être de 0mm,004.

Cette première donnée obtenue, nous devons, comme nous l'avons reconnu plus haut, déterminer les rapports qui peuvent la rattacher à la sensibilité propre de la membrane. Mais, pour être admis, ces rapports exigent la connaissance préalable de quelques théorèmes de physique appliquée qui vont nous arrêter quelques instants.

§ 108. - Lemme. - Des rapports de l'intensité lumineuse avec l'élément rétinien photo-esthésique, suivant que l'image d'un objet embrasse plusieurs ou un seul de ces éléments.

a) Quand un objet lumineux est placé devant l'œil, il y fait pénétrer une quantité de lumière égale au produit de sa surface par la quantité de lumière émanée de chaque unité élémentaire de cette surface. Cette dernière est celle représentée par le cône lumineux ayant pour sommet cet élément infiniment petit, ou point, de la surface du corps éclairant, et pour base, ou section droite, la surface de la pupille.

Secondement, si l'objet est graduellement éloigné de l'œil; le cercle pupillaire découpe, dans la sphère de rayons partant en éven-

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