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MESURE DE L'ACUITÉ VISUELLE

lorsque la quantité de lumière qu'il envoie vers l'œil s'est accrue dans la proportion du carré de la distance, c'est-à-dire de 1 à 4. Mais comme son image a grandi dans le même rapport, l'intensité lumineuse, par élément, demeure la même que lorsque le n° 2 était à sa distance normale 2, après l'abaissement de l'éclairage, c'est-à-dire quatre fois moindre.

A la fin de l'expérience, chaque élément rétinien du n° 2 reçoit donc une quantité de lumière dont l'intensité a diminué dans le rapport inverse des carrés des distances. En ce moment, l'angle visuel du minimum visibile a simplement doublé. Si donc la sensibilité élémentaire de la rétine est proportionnelle à la lumière qui l'impressionne, à un angle visuel double correspond une sensibilité élémentaire qui a décru dans le rapport du carré de l'arc visuel, exactement comme s'est accru le nombre des éléments impressionnés.

En d'autres termes, pour produire un même effet donné, sous un angle minimum separabile double, triple, etc., la quantité de lumière nécessaire, par élément, varie en raison inverse des carrés de ces nombres, c'est-à-dire comme 1/4, 1/9, etc..

Et comme la sensibilité élémentaire est proportionnelle à l'intensité lumineuse, elle diminuera suivant la même raison géométrique et comme s'accroît le nombre des éléments impressionnés.

Dans les conditions expérimentales que nous venons d'exposer, on reconnaît ce qui se passe quand, plaçant un sujet devant une échelle optométrique, nous nous proposons de déterminer la mesure de son acuité visuelle en notant la distance et le numéro du dernier caractère qu'il peut lire (toujours dans l'hypothèse de l'application du principe du minimum separabile).

Car, en supposant toutes choses égales en ce qui concerne la portée de la vue ou la réfraction, l'abaissement de la sensibilité propre élémentaire, dans ce dernier cas, produit exactement les mêmes effets que l'abaissement de l'éclairage dans l'expérience précédente , les deux énergies étant rigoureusement proportionnelles.

H résulte de cette dernière proposition 'que la sensibilité élémentaire de la rétine est liée à la faculté d'isoler les sensations par ce rapport précis, que, pendant que cette dernière varie en raison inverse de la progression simple de l'arc mesurant le minimum separabile, la première, la sensibilité élémentaire, suit, dans ses degrés, une autre série, à savoir : celle formée par les carrés successifs des termes de la première.

Toute satisfaction est donnée par là à la remarque de M. Javal ■ Vacuité visuelle suit la loi des carrés, si l'on donne ce nom à la sen- Mbihte élémentaire considérée isolément (ce que l'on fait d'ailleurs implicitement, ou inconsciemment, dans la pratique journalière).

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Comme, d'autre part, on devrait continuer à dire, ainsi que nous l'avons fait jusqu'à présent, que Vacuité suit la loi des proportions simples, si l'on n'entend désigner par ce mot — ce qui serait plus conforme à la physiologie et au principe même de nos tables optométriques (minimum separabile) — que la seule faculté isolatrice.

Remarque relative à la proposition qui précède. — La loi si remarquable qui relie entre elles la sensibilité élémentaire et propre de la rétine et la faculté isolatrice doit, pour elle-même, arrêter un moment notre attention.

Cette loi consiste, comme nous venons de le voir, en ceci que : pendant que l'angle du minimum separabile suit une progression simple, linéaire, la sensibilité élémentaire suit, dans ses degrés, la série des carrés des termes de la précédente.

En d'autres termes, pour un effet égal produit sur le sensorium, c'est-à-dire pour obtenir la distinction du plus petit espace clair séparant deux objets de même diamètre que lui-même, à un angle ou arc double correspondent, soit, à sensibilité égale, un éclairement quatre fois moindre, soit à éclairage égal, une sensibilité élémentaire quatre fois plus faible. Dans les deux cas, pour produire le même effet que dans les conditions normales où un seul élément est impressionné, il a fallu un éclairage quatre fois plus faible, jeté sur quatre éléments doués d'une sensibilité normale, ou le même éclairement répandu sur quatre éléments devenus chacun quatre fois moins sensibles.

En définitive, ou la même quantité de lumière partagée entre quatre éléments quatre fois moins sensibles, ou une lumière quatrefois moindre partagée entre quatre éléments doués de la sensibilité' normale.

On ne pouvait avoir une meilleure démonstration à posteriori dieï la relation absolue qui relie entre elles la lumière et la sensibilité élémentaire.

§ 110. — Conséquences relatives à l'optométrie.

L'étude attentive des propositions de physique appliquée qui précèdent, va nous permettre de formuler les conditions à imposer à tout système optométrique visant l'évaluation de l'acuité visuelle,, que ce terme soit appliqué à la sensibilité élémentaire ou à la faculté isolatrice.

Rappelons d'abord les principes à ce relatifs :

1° La sensibilité élémentaire de la rétine n'est point jusqu'à présent susceptible d'être mesurée directement; n'ayant de corrélation directe qu'avec la lumière, elle ne dépend que de l'éclairage.

2° Mais, pour un éclairage quelconque, elle a un rapport déter--

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