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LEÇON.] MESURE DE L'ACUITÉ VISUELLE

miné avec la faculté d'isoler les sensations ou de distinguer les objets : celle-ci suivant la progression inverse simple du minimum separabile, la sensibilité élémentaire sera représentée par la série des termes de la première élevés à la seconde puissance.

La première conséquence de ces rapports, c'est que la base de tout système de mensuration de la perception visuelle doit, dans l'état actuel de la science, être prise dans le minimum separabile.

Dans l'impossibilité où nous sommes de mesurer directement la sensibilité élémentaire de la rétine, n'ayant que la quantité de lumière pour terme de comparaison, et ne possédant, par contre, pour mesurer cette dernière, point d'autre critérium que notre rétine, ne pouvant, en définitive, établir à cet égard que des rapports, pouvonsnous espérer en trouver de plus précis que ceux contenus dans la formule des inverses des carrés dudit minimum separabile.

Et d'abord , pour des épreuves aussi délicates, ce système nous présentent avantage incomparable, d'être absolument indépendant de la quantité de lumière employée. La proposition du § 108 ne nous a-telle pas appris que, dans un tel système optomé trique, l'intensité lumineuse est constante par élément, à toute distance, quel que soit le type visé, dans les limites du minimum separabile.

Par contre, tout optomètre qui reposerait sur la simple sensibilité à la lumière ne saurait jamais nous offrir une constante propre à servir d'étalon ou d'unité. Imaginez, en effet, le dernier terme de la visibilité simple atteint, pour un éclairement donné, il suffira d'accroître cet éclairement pour reculer la limite premièrement obtenue.

A moins que de nouveaux travaux et un assentiment général ne nous apportent une unité lumineuse fixe, un invariable foyer de lumière, il y aurait donc autant d'unités que de sources d'éclairage.

Dans les épreuves au moyen du minimum separabile, le sujet n'est jamais dans l'indécision sur le moment précis où s'accuse la limite, tout d'un coup annoncée par le brouillement quasi subit de l'ensemble des traits.

Car, franchit-on cette limite, tous les optotypes disparaissent en même temps (en supposant, bien entendu, qu'ils soient chacun à leur distance propre) : nulle indécision chez l'observateur quant à la manifestation de cette limite.

Supposez maintenant qu'au lieu de se servir, dans cet objet, de caractères ou optotypes en traits assemblés et obéissant aux conditions que nous venons de rappeler, on y ait substitué des traits, soit fins, soit plus ou moins épais, mais isolés, comme des lettres capitales plus ou moins espacées, dont la seule caractéristique soit la forme, le dessin qu'elles rappellent. On observera ceci:

Pendant l'accroissement de distance qui a lieu graduellement

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entre le sujet et le tableau des lettres-objets, il arrive un moment où l'épaisseur du trait rentre dans la limite offerte par la largeur d'un élément rétinien, tandis que l'autre dimension, la longueur, en occupe encore plusieurs.

A partir de ce moment, la limite n'est plus imposée que par la quantité de lumière. Selon qu'au commencement de l'expérience, l'éclairage aura été plus ou moins intense, le trait isolé, ayant dépassé la distance pour laquelle son image offre moins d'épaisseur que l'élément rétinien, continuera encore à être perçu à une distance plus ou moins grande, suivant le degré de l'éclairage initial. Et cela est si vrai qu'en quelque point que la visibilité s'arrête, il suffit d apporter un supplément d'éclairage pour faire réapparaître le trait.

A partir de ce point, la surface de l'image a virtuellement disparu, par l'évanouissement d'une de ses dimensions; il ne lui reste plus qu'une longueur, elle est devenue une ligne mathématique.

« Tandis que la visibilité d'une lettre croît indéfiniment, avec l'éclairage, la lisibilité atteint nécessairement, avec un certain éclairage suffisant, une limite qu'elle ne peut dépasser, car elle résulte de la composition mosaïque de la rétine1. »

En un mot, le critérium fourni par la faculté isolatrice ayant disparu, la limite pour laquelle l'intensité lumineuse sur le même élément demeure constante étant franchie, la sensibilité élémentaire est seule en jeu, et l'on rentre dans le second cas de l'expérience analvsée au §108 : L'intensité de l'impression diminue en proportion du carré de la distance de l'objet.

§ 111. — Du minimum separabile comme base d'une méthode photométrique.

Une conséquence imprévue et intéressante ressort encore de celte discussion.

Si la mesure des variations de la sensibilité propre de la rétine ne peut trouver encore, dans la détermination de ses rapports avec la lumière, un étalon, ou une unité; si l'on doit, pour obtenir ces rapports, emprunter le secours de la loi du minimum separabile, il est piquant de rencontrer, clans une application de cette même loi, les rapports inverses, à savoir : le fondement d'un système de mesure pour l'intensité lumineuse elle-même, en un mot, une méthode photomé trique.

Telle est pourtant la conséquence du simple renversement des termes de la proposition du $ 109.

A éclairement égal, la sensibilité rétinienne de deux sujets est,

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