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LEÇON.] CHAMP SUPËROIEL DE LA VISION

dont l'application ne peut guère dépasser un angle de G0° avec L'axe visuel. Fôrster projette le champ visuel sur une demi-sphère par laquelle il représente la sphère extérieure concentrique à l'œil, mais disposée en sens inverse. Cette demi-sphère est figurée par une bande circulaire de laiton noirci mesurant 180°, large de quelques centimètres et d'un rayon de 33 centimètres. Cette demi-circonférence peut prendre toutes les positions angulaires autour de l'axe commun qu'elle a avec l'œil, c'est-à-dire occuper successivement tous les méridiens ; un point visible, mobilisé sur cet arc, remplit ici le rôle de la boule d'ivoire du campimètre. La tête du malade est fixée de la même manière.

L'avantage de cette méthode, comme de tout périmètre, sur le campimètre, est d'abord clans l'exactitude des relevés, beaucoup plus étendus. Si les deux principes, projection sur un plan perpendiculaire à la direction du regard, ou sur la sphère même concentrique àla rétine, sont d'une valeur très rapprochée dans les angles voisins de l'axe, les résultats de leurs applications diffèrent rapidement avec l'accroissement de ces angles.

Si on compare le campimètre au périmètre on voit, en effet, que le premier n'est en somme que le plan tangent à la surface du second ; que, par conséquent, dans le premier, des accroissements angulaires égaux sont représentés par l'accroissement très inégal de leurs tangentes. De plus, dès 50 à 60°, ces tangentes sont déjà démesurément grandes; et, vers cette limite, leur mesure ne permet plus de les délimiter objectivement sur le tableau.

Dans les méthodes périmétriques, au contraire, à des déplacements égaux de l'objet (boule d'ivoire mobile) correspondent des angles égaux dans le champ visuel, et cela, non seulement de 0° à 60° et à 90°, mais même à une certaine distance au delà du plan équatorial de l'œil. Or on sait, et cela par les résultats mêmes fournis à Fôrster par la méthode périmétiïque, que dans nombre d'affections amblyopiques le mal commence à s'accuser à l'extrême périphérie. Pour des observations complètes et délicates, les deux méthodes à cet égard ne sauraient entrer en comparaison.

Elles ne peuvent pas davantage se valoir l'une l'autre au point de vue de la représentation graphique. Le diagrammepérimétrique fondé sur l'égalité des déplacements angulaires, s'obtient en divisantles projections d'un méridien en 90 parties égales ou leurs multiples convenus. Dans le diagramme campimétrique, il faut évaluer chaque angle par la mesure de sa langpnle, avant de l'inscrire sur la ligne méridienne. On le peut sans doute aisément au moyen d'un tableau préalablement divisé ; mais c'est évidemment une complication.

La méthode campimétrique n'a pour elle que la rapidité de son

m DE L'OPTOMÉTRIE. ^,

emploi, et n'est bonne que pour les applications sommaires d'une clinique fréquentée. Dans ces limites, elle rend assurément des services; mais pour tout cas délicat, elle doit céder la place à sa rivale la périmétrie.

g 120. — Périmètre de Badal, perfectionnement du diopsimètre de

Robert-Houdin.

Le périmètre de Badal qui nous reste à décrire, estla régularisation 1 méthodique au point de vue du relevé des mesures exactes, d'une instrumentation très ingénieuse, due à Robert-Houdin et qui a été présentée sous le nom de « diopsimètre » devant le congrès ophtalmologique international de 1867 (voiries comptes rendus de ce congrès)..

L'instrument de M. Badal se compose d'un quart de cercle de 15i centimètres de rayon, l'analogue de la demi-circonférence du périmètre de Forster,et dont le centre coïncidera, dans l'expérience, avec: celui de l'œil. Ce quart de cercle est placé de champ à l'une des extrémités d'un tube de 15 centimètres, dont l'autre extrémité, munie d'uni œilleton, doit être mise en rapport avec l'œil. Le long du tube et surl'arête qui correspond au quart de cercle, règne une fente assez large pour que le quart de cercle puisse former image dans l'œil et suivant . l'un de ses méridiens.

Un œil sain verra donc cet arc de cercle dans toute son étendue, tout en demeurant fixé par sa fovea, et suivant l'axe du tube, sur un point de mire placé plus ou moins loin sur cet axe prolongé.

L'œil à explorer étant dans cette situation, l'observateur placé derrière le malade, fait mouvoir sur le quart de cercle à glissement doux, une petite boule d'ivoire, un cube à faces diversement colorées, dont l'apparition ou la disparition accusées par le sujet indiquent le point de Tare de cercle où cesse la vision périphérique. L'angle de chaque méridien observé, celui du rayon visuel qui limite le champ périphérique dans ce méridien sont très facilement relevés, comme dans toutes les autres méthodes.

Le principe particulier de cette instrumentation, repose sur la facilité que procure au maintien du regard fixe, l'obligation de voir constamment le point de mire au bout du tube. La tendance à s'écarter de la ligne de visée est ainsi prévenue à l'avance.

§ 121. — Étendue physiologique ou normale du champ superficiel de la vision

Schéma de Furster. (Comptes rendus du congrès ophtalmologique international de 1867, à Paris.) — Le champ visuel se représente dans la méthode périmétrique (voyez § 117) par la projection, sur

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