LEÇON.] MESURE DE L'ACTION DES LENTILLES. K
nossèdo le pouvoir extraordinaire de faire tourner le plan de polarisation de la lumière polarisée (par la première lame de tourmaline) d'une quantité angulaire qui dépend de son épaisseur. Ce plan ainsi changé de direction, contient dès lors une lumière qui peut traverser la seconde lame de tourmaline, et à l'obscurité succède une clarté plus ou moins notable, et suivant l'épaisseur du verre essayé, offrant môme toutes les couleurs successives du spectre.
Deux prismes de Nicol, opposés à angle droit, produiraient le môme effet.
Des verres peu épais en cristal de roche exigent un essai de ce genre comme contrôle. Mais les verres épais peuvent être reconnus à l'œil nu.
Dans le cas d'une forte épaisseur, c'est-à-dire d'une forte courbure, les rayons périphériques ne sont plus sensiblement parallèles à l'axe du cristal, comme lorsqu'il s'a°ït de verres à long foyer. Ces rayons donnent alors lieu à la double réfraction. Si le verre est bien taillé, on constate alors à sa périphérie des anneaux colorés concentriques; mais en cas de taille défectueuse ou asymétrique, ces anneaux sont déformés et au lieu d'appartenir au cercle, passent à la forme hyperbolique.
En résumé, tant de précautions et un prix si élevé relativement, pour si peu d'avantages, assurent au crown-glass, tous les droits à la préférence.
s 126. — Du principe qui doit servir de base à la mesure de l'action des lentilles.
Dans notre précis de la réfraction publié en 1865 dans le supplément au grand ouvrage de Mackenzie, reproduisant une théorie proposée par nous l'année précédente (Ann. d'oculistique, 1864), nous avions esquissé une théorie nouvelle des appareils lenticulaires, en nous mettant au point de vue de la quantité d'effet ou de travail produit.
[Cette même idée a été reprise par nous et établie sur des fondements indiscutables au commencement de cet ouvrage, où elle sert de base à une exposition nouvelle de la belle théorie de Gauss.]
La définition et la conclusion de ce premier travail peuvent être sommairement condensées dans cette proposition simple :
« La force d'une lentille (ou le travail réfrigent qu'elle produit) est inversement proportionnelle à sa longueur focale principale » (voir notre Pe leçon).
En langage algébrique, cette propriété a pour expression :
« En appelant R, R' les pouvoirs réfringents de deux lentilles F et F' leurs longueurs focales principales,
« Les actions réfringentes de deux lentilles sont en raison inverse de leurs longueurs focales principales » (voir § 8).
De l'unité de mesure du travail réfringent ou de la force des lentilles. — Si de cette proposition on veut passer à l'expression de la mesure de la force relative des lentilles, on n'a plus qu'à faire choix d'une unité; et de convenir, par exemple, de prendre pour unité, dans la mesure des quantités de réfraction développées par les lentilles,
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l'effel PéMngentde celle qui aurait pour longueur focale principaJ Vunité linéaire elle-même.
Si donc, dans l'expression précédente,
on suppose F' = l'unité linéaire, W sera l'unité dans la mesure des pouvoirs réfringents et l'on aura :
ou enfin :
La mesure de faction réfringente d'une lentille est l'inverse de sa longueur focale principale ; autrement dit, les longueurs focales de . différentes lentilles étant 1, 2, 3, 4....
Leurs actions réfringentes seraient représentées par les nombres 1,1/2,1/3, 1/4.
Que ces lentilles, d'ailleurs, soient positives ou négatives, puisqu'à égalité de rayon de courbure et d'indice de réfraction, de semblables lentilles s'annulent réciproquement.
§ 127. — Application de ces principes; choix d'une nouvelle unité dans la mesure des actions réfringentes des lentilles ou verres de lunettes.
En 1864, au moment où nous exposions pour la première fois cette théorie, l'art de l'opticien, département attaché et subordonné aux observatoires astronomiques publics et à leur système de numération, évaluait encore ses rayons de courbure, ses longueurs focales et tous autres éléments de l'optique, dans le système duodécimal.
L'unité de longueur focale et de rayon de courbure était alors en France, le pouce de Paris, le pouce anglais à Londres, et de même pour les autres pays.
Pour ce qui regarde le nôtre, l'unité de réfraction a donc été jusqu'ici le pouvoir réfringent développé par une lentille de 1 pouce de longueur focale principale.
Or une telle lentille peut être considérée comme une lentille très forte, si on la compare aux quantités de réfraction que nous devrons ajouter ou retrancher à celles que nous offriront les milieux oculaires dans leurs anomalies.
Les verres employés pour venir au secours de la vision défectueuse, varient, dans leurs plus grands écarts habituels, entre 1 pouce et demi ou 2 pouces de longueur focale, et une toise de 72 pouces et même parfois un peu davantage. Il est presque sans exemple que des len-