ASSOCIATION DES LENTILLES AVEC L'ŒIL
LEÇON
Plus cotte lentille sera faible, plus grande, par conséquent, sera sa distance neutralisante.
Plus forte que la lentille exactement neutralisante, la lentille renverserait le sens de l'anomalie, et, comme nous l'avons vu, rendrait myope l'œil hypermétrope, comme le fait la lentille plus faible lorsqu'elle a dépassé la distance neutralisante.
b) Correction de l'excès de réfraction (myopie). — De môme une lentille négative mise en rapport avec un œil amétrope quelconque (foyer antérieur de l'œil), diminue dans cet œil l'effet réfringent. Elle rend donc plus hyperope l'œil affecté de déficit de réfraction, mais diminue, au contraire, l'excès de réfraction dans l'œil myope. Elle pourra donc corriger l'amétropiepar excès, mais évidemment non celle par déficit.
Nous avons démontré de plus, dans le travail précité, que l'effet de diminution sur l'action réfringente de l'œil amené par cette lentille négative était d'autant moindre que la lentille négative en était plus éloignée.
Une lentille négative ne pourra donc, par son éloignement de l'œil, acquérir la propriété neutralisante de la myopie,- que si, à la distance minimum, c'est-à-dire au foyer antérieur de l'organe, sa valeur réfringente propre dépasse déjà l'excès qu'il s'agit de corriger.
Dans ce cas seulement, en la portant à une certaine distance, on procurera la neutralisation de l'excès de réfraction ; et nous avons vu que cette distance était égale à l'excès de celle du punctum remotum du sujet, sur sa propre longueur focale.
§ 117. — Influence des lentilles et de leur distance à l'œil sur la dimension et le sens des images ophtalmoscopiques. (OEil emmétrope.)
Un œil (ou un méridien oculaire) emmétrope, en rapport ophtalmoscopique avec une lentille positive ou négative, donne une image réelle et renversée, dans le premier cas, virtuelle et droite, dans le second, mais constante en dimension quelle que soit la distance de la lentille à l'œil examiné.
Dans ces conditions, en effet, la lentille se trouvant en rapport avec des rayons parallèles, l'image du disque optique est toujours formée au foyer principal de ladite lentille, quelle que soit sa distance à l'œil; le rapport de grandeur du disque à son image est donc toujours celui de la longueur focale antérieure de l'œil à celle de la lentille (voir fig. 43) :
Fig, 43, — CKil emmétrope.
AIN. diamètre de la papille optique; il, fusion des plans principaux •
fusion des points nodaux; j position des foyers principaux (comp-
tés du plan H).
ct £A555e" îlZ£+V.onvexe' ~ " imftge renvers0a (,° 1,6Xtrémitô N du diamètro
Cô^rieur: lentille concave. -nôm^ge droite de l'extrémité supérieure du diamètre de la
0 sM'âu rfiïflîfdSnS r1''"1*?6 ré?"e et renvcr8ée d0 la l'œil emmétrope, et qui
et Ma même dw,„™ i '"T T9"' " °" «' 80US l'Influence do la lentil e±F, ^ imaws mî o^r même lentille ; quelle que soit la distance de la lentille à l'œil,
images mn ou «, „,, ge promènent sur les parallèles pointées sur la figure.
Amétropie. — Dans ]'amétro])ie, l'éloignement de la lentille positive ou négative n'est plus sans influence sur la dimension de l'image ophtalmoscopique; celle-ci
croit ou décroît d'une manière continue avec la distance à l'œil.
Quels que soient le degré et le sens de l'amétropie, quand la lentille est placée à une distance de l'œil (mesurée du premier plan principal de ce dernier) égale à sa propre Longueur focale (et dans le sens de cette dernière, — c'est-à-dire en avant de-l'œil si la lentille est positive, en arrière de lui dans le cas contraire), l'image ophtalmoscopique est exactement la môme (en dimension) que celle que donnerait la même lentille, à toute distance, pour l'œil ou le méridien emmétropes.
[Cette proposition, vraie pour tous les cas, en théorie, n'est évidemment applicable en pratique qu'à la seule lentille positive, puisque la lentille négative, mise en arrière, de l'œil, ne répondrait pas aux conditions de l'ophtalmoscopie.J
Il résulte de cette proposition que pour ladite distance de la lentille, les images de tous les diamètres du disque optique, ou celle du disque optique dans tous les méridiens, quel que soit leur état de réfraction, par conséquent pour un méridien myope aussi bien que pour un méridien hypermétrope, sont égales entre elles, étant égales à celles du méridien emmétrope.
On remarquera cependant que dans cette circonstance (quand d = f), pour être égales, les images des deux méridiens principaux rectangulaires inégaux en quantité de réfraction, ne coïncident pas. L'une, celle du méridien 8 myope, est en deçà, l'autre au delà du foyer principal antérieur de la lentille mobile, et leur distance relative augmente avec la différence de degré des états de réfraction opposés. Ces différences de distance, en rapport avec celles du degré des amétropies en présence, lorsqu'elles sont notables, rendent les deux images inconciliables entre elles et produisent ce qu'on désigne sous le nom de métamorphisme des images, comme dans la cornée conique, par exemple.
Mais lorsque les anomalies opposées ne présentent pas de très grands écarts, la différence de distance des images n'est pas telle que, vues monoculairement, elles ne puissent être assez distinctes toutes les deux à la fois pour être rapportées par le sensorium à une distance moyenne intermédiaire, unique. Le disque optique donne alors la sensation d'une figure à diamètres égaux, ou exactement circulaire.il est supposé, bien entendu, que le disque optique, ce qui est le cas ordinaire, présente lui-même une conformation régulière.
Fig. **• Dans la figure 44, œil myope mis en rapport avec une
lentille positive (+F), mûmes notations générales que ci-dessus; la lentille est portée successivement aux distauces (comptées de H) F(. F», Fii l'Y
Le point R est le remotum supposé de l'œil considéré; m, n„ wij «„ m3, n„ »»,. «4
Leçon. j ASSOCIATION DES LENTILLES AVEC L'CËIL. 203 ffaiages renversées) représentent les positions et les grandeurs successives de l'image
l'ig. 46.
Eïg. 47.
île1*» faiïN; P°Ur lesltp0Siti0ns su^essives F„ F„ F3) F< de la lentille. On voit que ces „nag«, cro.ssent d'un mouvement continu de m, », jusqu'à oùl'image
204 DIOPTRIQUE OCULAIRE. [9e
est celle même que l'œil donnerait sans le secours de la lentille, celle-ci occupant, en ce moment le punctum remotum (II) lui-môme.
De ce point, la lentille est-elle éloignée davantage jusqu'en F,, c'est-à-dire à une • distance égale à sa propre longueur locale, l'image mi nx est désormais l'image • virtuelle de m3 n3, ou de l'image renversée formée par l'œil lui-même en son pun»- • tum remotum; pour la position F, môme, cette image est renvoyée à l'infini négatif, , et infiniment grande.
On remarquera, dans cette progression constante de la grandeur de l'image, . qu'elle se trouve en un certain point ih% n^, reposée sur les deux parallèles à l'axe de la figure précédente. En ce point, en effet, la lentille F est en Fj, à une distance ■ du plan principal H égale à sa propre longueur focaie, et l'image a la même • dimension que si cet œil était emmétrope.
C'est dire que, pour les distances moindres, telles que tit\iiu l'image ophtalmo- • scopique, dont le mouvement d'agrandissement est continu, est plus petite que dans > l'œil emmétrope (tout étant égal d'ailleurs).
Dans la figure 45, qui expose les rapports du môme œil myope avec une lentille négative -successivement portée aux distances F„, F( , F4 (foyer principal antérieur ■ de l'œil), F3, F4, etc., la courbe pleine (m3 — m,,) reproduit la décroissance gra- • duelle des images réelles et renversées jusqu'à ce que la lentille objective négative ; occupe le point F3, c'est-à-dire le punctum remotum du sujet, distance pour laquelle i l'image est celle môme que donnerait l'œil nu.
De ce point à F,, décroissance constante de l'image qui demeure renversée, mais ; virtuelle; on remarque qu'en un point mn, fimage est égale à ce qu'elle serait pour ■ l'œil emmétrope. (Ses limites sont encadrées dans les parallèles de la figure.)
En ce point, la lentille F serait à une distance du plan H, égale à sa propre' longueur focale.
Avec les mêmes notations générales, la figure 46 établit la loi de progression des images données par une lentille positive en rapport avec un œil hypermétrope, . m0n0, i?ilnl , m2ri.2, m3n3 , etc., nous représentent cette décroissance continue des? images pour les positions successives F„, Ft, F2, etc., de la lentille. Comme dans le? cas précédent, l'image »n2n2 est égale à celle que donnerait l'œil emmétrope (corn- prise entre les mêmes parallèles que dans la figure 43) avec la môme lentille : cette position correspondant ici, à une distance entre H et F, égale à la longueur focale ! principale de cette dernière.
La figure 47 représente enfin les modifications apportées dans la grandeur des i images, dans le cas de la mise en rapport de l'œil hypermétrope avec une lentille négative.
On peut deviner à l'avance ce que seront ces modifications.
Une lentille négative ne saurait rendre positive la réfraction d'un œil hypermétrope ; elle ne pourra qu'entraîner à sa suite l'image virtuelle de la papille. Aucune position de la lentille ne peut neutraliser l'amétropie, ni rendre les images égales à i ce qu'elles sont dans l'œil emmétrope.
§ 148. — Application de ces données, dans la pratique ordinaire de l'ophtalmoscopie, au diagnostic de l'amétropie symétrique ou asymétrique (astigmatisme). (Voir les figures 41, 15, 16,4*7.)
[Nous n'envisagerons ici naturellement que le cas de la lentille positive et môme d'une puissance réfringente supérieure au degré de l'amétropie, comme est, dans i tous les cas, à de bien rares exceptions près, la lentille dite ophtalmoscopique.]
Cela posé, en dehors du cas tout particulier où la lentille ophtalmoscopique est i à une distance du premier plan principal de l'œil égale à sa propre longueur focale
LEÇON.] ASSOCIATION DES LENTILLES AVEC L'ŒIL. 20o
td—f), lors de l'examen ophtalmoscopique d'un œil dont les deux méridiens rectangulaires sont doués de réfractions inégales (asymétrie oculaire ou astigmatisme), le disque optique, pour exactement circulaire qu'il soit en lui-même, apparaîtra généralement sous la forme ovalaire ou elliptique.
° Dans ces circonstances, la lentille doit être considérée en deux positions différentes :
1° A une distance d moindre que sa propre longueur focale ; 2° Au delà de cette distance.
(Nous avons envisagé tout à l'heure la position notable d= f.)
Nous comprenons dès lors que partant de sa plus courte distance à l'œil (du foyer antérieur de l'organe, par exemple), la lentille, au fur et à mesure de son rapprochement de ladite distance d—f, tend à donner à tous les méridiens une image égale à celle du méridien emmétrope, l'égalité étant atteinte quand la lentille arrive à cette position.
Pendant ce mouvement, dans le méridien myope (et ce que nous disons du méridien s'appliquerait à tout l'œil en cas de symétrie), l'image grandit constamment; dans le méridien hypermétrope elle décroît, au contraire, de façon également continue ; et la rapidité de la progression est proportionnelle au degré de l'amétropie considérée.
Il résulte de là que dans cette première phase du mouvement, c'est-à-dire entre l'œil et la distance d = f, l'image la plus grande, mais qui va en décroissant, appartient à l'œil ou au méridien hypermétrope, — la plus petite, par conséquent, au méridien myope; que si les deux méridiens sont inégalement myopes, l'image la plus grande appartient au méridien le moins myope, ou, s'ils sont inégalement hypermétropes, au méridien le plus hypermétrope.
D'une manière générale, concluerons-nous, lorsque la lentille positive est à une distance de l'œil moindre que sa longueur focale et les images réelles et renversées, l'image la plus grande appartient au méridien le moins réfringent.
Pour une distance de la lentille supérieure à sa distance focale à elle-même, les rapports mutuels de ces images sont renversés.
L'image la plus grande appartient à l'œil ou au méridien le plus réfringent.
Diagnostic ophtalmoscopique de l'astigmatisme (Image renversée, lentille positive). — En résumé, dans l'œil emmétrope (l'accommodation étant, c'est entendu, suspendue), pour toute distance de la lentille, l'image du disque optique reste identique à elle-même et de même grandeur.
Dans un œil simplement amétrope (symétrique) par excès ou par déficit, l'image grandit ou diminue avec la distance de la lentille à l'œil, mais demeure toujours, dans sa forme, géométriquement semblable à elle-même : circulaire, si le disque optique est lui-même circulaire (ce qui est le cas ordinaire); ovale, s'il est ovale.
Dans un œil asymétrique, l'éloignement de la lentille fait varier non seulement les dimensions, mais la forme même de l'image du disque optique. Ovale à grand axe dirigé dans un certain sens, lorsqu'une faible distance sépare la lentille de l'œil, l'image devient exactement circulaire quand cette distance égale la longueur focale de la lentille; à une distance plus grande, la direction du grand axe de l'ovale change et est désormais perpendiculaire à sa précédente position.
Dans la première phase de ce mouvement, c'est-à-dire entre l'œil et la. distance d—f, le diamètre le plus grand appartient au méridien le moins réfringent.
Dans la seconde pbasc, c'est-à-dire au delà de la position d = /', c'est le contraire ; le diamètre apparent le plus grand décèle le méridien le plus réfringent.
Pendant tout le cours du mouvement d'éloigncment de la lentille, le méridien la moins réfringent décroit; le méridien le plus réfringent croit, au contraire; son image augmente.