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à l'étal de la refraction statique. Cet état demeure constant jusqu'à cinquante ans, époque à laquelle, selon M. Donders, l'œil deviendrait déjà d'une moindre puissance réfringente. Lepunctum remotum passe alors, virtuellement, au delà de l'infini; en d'autres termes, le foyer

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Fig. 48.

principal postérieur de l'œil est transporté quelque peu au delà de la rétine. C'est V hypermétropie acquise de M. Donders.

Cet état ne serait pas à proprement parler une condition physiologique, mais bien une première manifestation de sénilité.

La courbe pp représente les éloignements successifs du punctum proximum, ou l'état maximum de l'accommodation réalisable par le sujet aux différents âges.

L'intervalle vertical compris entre les deux courbes donne, pour chaque année, Y amplitude accommodât ive à un âge donné. Nous y remarquons avec étonnemcnlqu'après soixante-cinq ans, cette amplitude est moindre que la mesure du déficit de la réfraction statique à

LÏÇON.l PRESBYOPIE. 209

cet âge. Ce qui impliquerait la nécessité de l'usage des verres convexes pour la distance, dès cette époque de la vie. Notre expérience particulière ne nous permet pas d'accueillir cette notion nouvelle sans réserve: les individus auxquels nous avons jusqu'ici dû conseiller l'emploi des verres convexes pour le loin, dès soixante-cinq ans, nous ont toujours paru, vu leur moindre nombre, devoir être classés dans les hypermétropes vrais. La généralité, en France, ne réclame pas de verres convexes, pour la distance, dès soixante-cinq ans.

§ 152. — Des causes de la presbyopie.

La presbyopie, consistant exclusivement en une diminution de la réfraction dynamique, reconnaît nécessairement pour cause une diminution absolue ou relative de la force qui préside à la fonction, un affaiblissement du muscle ciliaire. Mais si l'on remarque que cet affaiblissement s'accuse dès la dixième ou quinzième année, on est conduit à chercher une seconde raison à cet effet. Les muscles ne perdent point, si jeunes, leur énergie.

Dans le recul du point p, dès le jeune âge, il faut reconnaître, en sus de l'affaiblissement de la puissance, l'action d'un second facteur : l'augmentation de la résistance. Le densité du cristallin croît avec les années, particulièrement dans ses couches corticales.

Le pouvoir d'adaptation diminue donc, et par l'affaiblissement de la force, et par l'accroissement de la résistance.

Mais cette proposition n'est pas encore complète. M. Helmholtz a fait voir qu'une lentille de même forme que le cristallin, et dont les couches corticales auraient la même densité que le noyau, aurait un foyer plus long que le cristallin normal. Il suit de là, qu'avec la sclérose progressive du cristallin doit croître, tout étant égal d'ailleurs le degré de convexité supplémentaire à imposer à la lentille, pour produire un effet donné.

Nous devrons donc dire que la réfraction dynamique décroit en raison directe de l'affaiblissement du muscle ciliaire, et en raison composée de la sclérose de la lentille, et de la diminution de force réfringente qui en est la conséquence1.

En voyant fuir également le point r, on s'est demandé si la raison

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210 D10PTRIQUE OCULAIRE. j 1 0«

n'en était point que l'œil fût primitivement hypermétrope. On a du abandonner cette supposition, en constatant que dans l'œil myope, le point remolum r s'éloignait également un peu dans la vieillesse. Dans ces dernières circonstances il a, d'ailleurs, été constaté que le cristallin s'aplatissait quelque peu à l'époque sénile.

Mais jusqu'à cette époque, il conserve, ou semble conserver ses courbures physiologiques.

Il en est de même de la cornée, à l'aplatissement de laquelle on a longtemps attribué la presbytie. Or, la cornée ne change point de courbure. La lentille avance un peu dans la chambre antérieure avec l'iris, et cela fait paraître la cornée moins bombée. C'est tout ce que l'on a pu constater dans des expériences très exactes, au moyen de l'ophtalmomètre. Mais on remarquera que ce dernier fait exerce sur l'état de la réfraction de l'œil une influence opposée à celle que l'on cherchait à tort, dans un aplatissement de la courbure de la cornée, aplatissement qui ne s'observe pas.

§ 153. — Définition de la presbyopie pratique.

Lapresbyopie, comme son nom l'indique (■Kpsaëvç, vieillard), n'est donc que l'expression symptomatique de la diminution, par le fait des années, de l'état de la réfraction dynamique, ou de la force qui préside à l'accommodation. Elle ne saurait, d'après cela, dit judicieusement M. Donders, être considérée comme une anomalie, qu'au même titre que les rides et les cheveux gris. Maintenant, si elle commence, comme nous venons de le voir, sous le rapport arithmétique, même avant la puberté, si elle est continue, où en placeronsnous l'origine? Il y a ici, évidemment, place à quelque arbitraire.

Or, où commence le fait morbide? Au moment où la vue n'est plus d'accord avec les exigences de la vie civilisée, avec la nécessité du travail manuel dans les arts, etc., etc. On est presbyte, dès que Ton ne peut plus lire les mêmes caractères d'imprimerie que tout le monde; qu'on ne peut plus jouir de la vue d'une gravure, et voir aisément cl nettement un objet délicat, tenu dans la main.

Mais ici, il y a encore une indéterminée : l'écriture est devenue plus fine, les caractères communs d'imprimerie, plus déliés que dans les siècles précédents. Quel terme commun convient-il donc de fixer? M. Donders, dont la grande expérience en cette matière doit avoir, ici, l'influence prépondérante, propose de marquer à huit pouces (22 cenlimètres), la limite inférieure (le punctum proximum) au delà de laquelle on doit considérer le sujet, comme entré désormais dans la phase pratique delà presbyopie.

Or, c'est vers 40 ans que le point proximum, se trouve générale-

LEÇON.] PRESBYOPIE. 2H

ment vers cette distance de 20 à 25 centimètres. Le sujet n'a plus, alors, que 4, S dioptries de réfraction dynamique à son service.

Telle est à peu près, la limite inférieure de l'action accommodative, qui marque le commencement de l'emploi des lunettes convexes dans la vision rapprochée.

§ 151. — Presbytie (symptomatologie).

La presbytie s'offre généralement sous l'aspect suivant: «Unhomme a constamment. joui d'une excellente vue à distance ; sous ce rapport, ses facultés n'ont encore que peu souffert. Mais il touche à quarante ou quarante-cinq ans, et commence à éprouver une certaine difficulté àlire depetits caractères, avoir les détails d'une gravure, d'uneminiature, le soir, particulièrement. Ouvrant un livre imprimé un peu fin, un premier mouvement instinctif le porte à le rapprocher de ses yeux; mais ce mouvement est immédiatement suivi du mouvement contraire; il rejette la tête en arrière, éloigne le livre, puis le porte avec empressement à la fenêtre, ou près de la lampe, cherchant instinctivement une lumière plus vive. On voit même parfois le sujet interposer entre son livre et ses yeux la lampe ou la bougie dont il s'éclaire (Porterfïeld). L'effet demandé est obtenu; la vive lumière a changé l'état des choses; le sujet recouvre la perception nette qui lui manquait; non pas, il est vrai, comme on pourrait le croire, par le fait de l'augmentation d'une lumière insuffisante! non. A cet âge, l'acuité de la vision n'est pas physiologiquement assez amoindrie pour requérir un tel supplément d'éclairage. Le bénéfice éprouvé est dû à l'action réflexe de la lumière sur l'ouverture pupillaire, dont la contraction subite diminue les cercles de diffusion qui accentuaient auparavant l'inexactitude du foyer visuel.

On peut s'en assurer aisément en faisant l'épreuve au trou d'épingle, dont le double effet est d'amoindrir à la fois les cercles de diffusion et la lumière elle-même.

Bientôt ces perturbations, se prononçant davantage, portent le sujet à chercher d'autres secours dansl'emploi des lunettes : il essaye celles des personnes âgées de son intimité. L'effet satisfaisant qu'il éprouve du secours de faibles verres convexes, le rassure bientôt sur la condition de ses yeux; et le diagnostic est ainsi le plus souvent porté avec justesse, par le malade lui-même, ou par le premier opticien venu.

§ 155. — Diagnostic.

Le diagnostic sera-WJ le même de la part du médecin spécialiste?

Uui, a quelques réserves près, c'est-à-dire sous celle de la détermination expresse du punctum proximum.

212 DIOPTRIQUE OCULAIRE. [iOd

A première vue, cependant, les symptômes que nous venons de décrire définissent suffisamment la presbytie. On peut surtout considérer comme caractéristique, l'effet obtenu par les verres convexes faibles, et bien inférieurs au degré nécessaire à la correction du déficit accommodatif. En effet, au moment où le sujet éloigne avec dépit le livre qu'il a vainement rapproché de ses yeux, placez devant cej derniers les verres convexes lesplus faibles delà boîte, 0D, 75ouOD,50 par exemple, à l'instant transformation : le sujet lit couramment, et de plus, cette amélioration se soutient.

En serait-il ainsi au cas où ce serait la réfraction statique qui fût en défaut. Aucunement : d'abord, à position à peu près égale du punctum proximum, chez un sujet affecté de déficit de la réfraction propre ou statique de l'œil, la vision de près serait possible quelques instants, plus ou moins. La cessation de la vue n'aurait lieu qu'après effort couronné d'abord de succès, puis fatigue consécutive. En second lieu, les verres faibles dont nous venons de parler, soulageraient sans doute un moment, comme chez le premier sujet; mais ce résultat ne serait que de courte durée. Avant qu'il fût longtemps, la tension oculaire deviendrait encore pénible, puis inefficace.

Il en est tout autrement chez le presbyte : nul effort chez ce dernier ne permet la vue, même un instant, en deçà de son punctum proximum. Les cercles de diffusion résistent à sa volonté. Mais à peine le verre est-il approché de ses yeux que ceux-ci disparaissent ou complètement ou seulement en partie. Mais cette diminution seule suffit au maintien d'une vision possible pendant un très long temps.

En cette comparaison se dessine nettement la différence à établir entre la presbyopie ou diminution de la réfraction dynamique, et le déficit qui porte sur la réfraction statique. (Voir Hypermétropie).

§ 156. — Correction de la presbyopie.

Avant de songer à corriger le déficit physiologique de la réfraction dynamique, il faut préalablement l'avoir reconnu et mesuré. Cette mesure s'obtient par la détermination de la dislanceà laquelle se trouve chez le sujet donné , le 'punctum proximum. (Le procédé est décrit au § 114.)

Mais cette recherche n'est indiquée que dans les cas où, pour une cause ou une autre, on a lieu de soupçonner une presbytie prématurée. La question, au simple point de vue physiologique, consiste à établir le tableau des quantités supplémentaires de réfraction comjj pondant aux différents âges, dans l'état physiologique. M. Donders, en faisant partir la presbyopie de la quarantième année, suppose ainsi que le minimum de réfraction dynamique, permettant l'usage dé l'œil nu clans les applications de la vue de près, est de 4D..'i.

jON.J PRESBYOPIE. '213

Sur cette base, il propose la table suivante :

Age. A. Presbyopie ou déficit :

On voit que nulle à l'âge de 40 ans, la presbyopie augmenterait régulièrement d'une dioptrie tous les 5 ans ; et que dès 45 ans, il conviendrait de donner au presbyte une dioptrie entière de soulagement par l'apport du verre convexe n° 1.

Le taux commun des nécessités pratiques nous conduirait à adopter une 1/2 dioptrie de moins. C'est au moins ce que l'observation journalière nous enseigne. Le n° 2 est assurément un peu fort à l'âge de 50 ans , et c'est le petit nombre qui réclame un secours dès 45 ans ; à 40 ans, c'est une exception probablement pathologique.

A cela près, nous adoptons très volontiers le nouveau schéma de M. Donders, que nous trouvons un peu plus exact que le précédent. Comme d'ailleurs, il offre plutôt un guide qu'une règle obligatoire, et que dans les cas de doute on peut recourir à la détermination directe du punctum proximum, cette loi ne peut être que très avantageusement invoquée dans la pratique courante.

On résumera donc cette règle, dans la pratique, en partant de ce principe, que l'adaptation rapprochée delà vue exige toujours la disposition de 4 dioptries à 4 1/2. Toutes les fois donc que la détermination directe du punctum proxïmum fixant la distance réelle de ce point au delà de 22 centimètres de l'œil, indiquera l'abaissement au dessous de 4D,5 du chiffre de la force accommodative, il y aura lieu de parfaire ledit chiffre de 4D,5.

§ 157. — Hygiène de la presbytie.

Les verres convexes, appropriés au déficit de l'accommodation, peuventils exercer sur la vue du presbyte une influence défavorable? — Au moment où se pose la question du choix d'un verre, le médecin se trouve en présence d'un préjugé aussi regrettable que généralement rçpandu. Les lunettes, livrées quant à leur choix, au plus déplorable laisser aller, sont cependant l'objet d'une défiance presque universelle. Il est, dit-on, et ce ne sont pas les gens du monde qui, seuls,

DIOPTRIQUE OCULAIRE. [10c

émettent celte opinion, il est anliphysiologique de remplacer par un élément étranger une force naturelle de l'économie.

L'exercice n'est-il pas une condition indispensable de santé et de vie pour les forces physiologiques.

Rien assurément de plus exact que cette loi; mais sous la réserve qu'il y ait une force à mettre en œuvre.

Or, dans les termes de la question posée, il n'y en a plus. La presbytie consiste, avons-nous vu, en ceci, que devant pouvoir lire ou travailler à 25 centimètres de distance, le sujet n'a plus de force à son service que jusqu'à 40 centimètres, par exemple. L'âge a produit chez lui ce double effet : en même temps que ses forces ont décru, le travail que réclame de lui la nature s'est élevé. L'endurcissement du cristallin a marché du même pas que faisaient, en sens inverse, les puissances préposées à le modifier dans sa forme. Demanderez-vous à un homme de 60 ans de soulever un poids de 100 kilogrammes, quand à 30 ans, il n'en pouvait porter que 50? (Voir § 152.)

Vous voulez, dites-vous, pour obéir aux lois de la physiologie, que le presbyte continue à exercer les forces dont il dispose encore. Eh bien ! Y unique moyen de maintenir en exercice la force accommodative qui lui reste, c'est précisément l'usage des lunettes appropriées, c'est-à-dire de celles qui suppléent au déficit constaté, mais ne vont pas au delà. Le verre indiqué est, en effet, celui-là seulement qui corrige exactement ce déficit, celui qui mesure précisément la différence de réfraction nécessaire pour passer de 40 centimètres à 25. Son usage suppose donc le maintien en exercice de la force qui permettrait la vue nette à 40 centimètres, c'est-à-dire tout ce que le sujet possède encore.

§ 158. — Causes générales du préjugé régnant à l'endroit des lunettes convexes.

Lorsque l'on énonce cette proposition qu'il ne faut pas s'habituer à l'usage de verres trop forts, on ne fait qu'affirmer gravement un pur truisme. Il est clair que des verres trop forts sont trop forts.

Mais à quels signes le public reconnaît-il des verres trop forts? Uniquement à ce fait que l'individu objet de son blâme, prend ou a pris des lunettes avant 45 ou 50 ans. Pour peu qu'il en change ensuit! plus ou moins rapidement, la condamnation est irrévocable. Le sujet s'est perdu la vue avec des verres trop forts.

Le public qui porte ce jugement ne se demande naturellement pas s'il ne prendrait pas, en cette circonstance, l'effet pour la cause: si quelque trouble visuel primitif, si quelque maladie antécédente ne justifient pas, au contraire, et parfaitement, l'adoption de ces verrél dits trop forts.

leçon.] PRBSBYOPIE. 215

La nature humaine a une telle propension à chercher en dehors du moi la cause de ses maladies !

Or, une amblyopie progressive, une cataracte à développement lent, un glaucome, etc., etc., conduisent tout naturellement à l'emploi de verres relativement élevés; ceux-ci ne sont introduits qu'à titre de conséquence, à la suite de la maladie qui est la cause et non l'effet.

Mais sans être obligé à des supposition aussi graves, il est nombre de cas où, sans la moindre déperdition éprouvée par son acuité visuelle, un sujet réclame le secours de verres non seulement forts, mais même très forts, non seulement quelques années, mais beaucoup d'années, avant l'époque de la presbyopie physiologique. Ces cas sont ceux dans lesquels le punclwn proximum se trouve — - et souvent dès le jeune âge — fort au delà de la distance normale.

Des cas, en un mot, répondant à l'idée, et à l'expression de : Presbyopie prématurée.

§ 159. — Presbyopie prématurée.

La presbyopie prématurée reconnaît pour origine deux causes prochaines, comme la vision de près repose sur deux facteurs : 1° elle provient d'un déficit dans la réfraction statique, ou la force réfringente dont est doté l'œil dans ses rapports avec les rayons parallèles; 2° ou dans la quotité de réfraction dynamique qui doit y être ajoutée pour la distance de l'attention rapprochée (§ 133).

Le déficit éprouvé par cette somme ne peut donc être amené que par celui éprouvé par l'une ou l'autre de ses parties, ou, en cas exceptionnels, par toutes les deux à la fois.

Celui des. deux qui est le plus fréquemment observé et en grande proportion, c'est le déficit de la réfraction statique. Le déficit commence le plus souvent à s'accuser par la précocité du recul du punctum proximum (voir leçon 16e, Hypermétropie). La première supposition à faire, en cas de presbyopie précoce, devra donc porter de ce côté-là (voir diagnostic de H, § 235).

Si la recherche méthodique .suggérée par ce symptôme doit faire écarter la réfraction statique de la question, si cette dernière est intacte, il y aura donc lieu à porter sou attention du côté des étals morbides propres à diminuer la force du muscle ciliaire, comme les maladies' débilitantes, les fièvres, les parésies musculaires qui leur succèdent, la chloro-anômie, les intoxications, et enfin le ghucôme. «Quand un malade demande fréquemment à changer de verres, dit Donders, surveillez la tension du f/lobe K »

1. Cette question intercurrente de la tension du globe est de la plu? haute iriipôrJ

Ziti DIOPTRIQUE OCULAIRE. [10o

La presbyopie prématurée annonce souvent aussi une cataracte débutante : l'endurcissement des couches corticales allonge, comme nous savons, le foyer.

Le contraire, c'est-à-dire la myopie, s'observe pourtant parfois dans les mêmes circonstances.

Un affaiblissement musculaire, une paresse de l'accommodation, peuvent [être pris pour une presbytie commençante. Mais comme cette affection, la paralysie ciliaire, marche rarement sans la mydriase; que celle-ci annonce souvent une paralysie de la 3e paire, on a, dans ce cortège de symptômes, des avertissements suffisants (voir §§ 322, Paralysies de l'accommodation).

§ 160. — Cas dans lesquels le verre convexe, en apparence approprié, peut cependant être trop fort.

Le préjugé général qui arme le public contre les verres réputés trop forts, rencontre cependant parfois son application.

Ainsi, dans certains cas, l'usage des verres convexes, même les mieux appropriés à l'insuffisance de la réfraction, ont pu produire de mauvais résultats. Mais ces cas sont nettement définis, et le mal venait non du verre lui-même, mais d'une complication méconnue.

Supposons, par exemple, le cas fort commun d'une presbytie com-

tance. Nous croyons, par ce motif, devoir reproduire ici quelques ligues fort graves que nous empruntons textuellement à M. Donders :

« Un excès reconnu dans la tension de l'œil, une différence entre la tension des deux yeux, impliquent immédiatement le soupçon d'un glaucome simple. Si, en même temps, l'examen ophtalmoscopique fait reconnaître un commencement d'excavation du nerf optique, si une légère pression du doigt détermine une pulsation artérielle; si, par une faible lumière, le champ périphérique, sans être, à proprement parler, restreint, est cependant moins sensible du côté interne; que le médecin soit attentif! J'accorde que l'iris jouit encore de sa mobilité normale; l'ouverture pupillaireest d'étendue normale, la profondeur de la chambre antérieure, la sensibilité de la cornée sont intactes; il n'existe point encore d'anneaux lumineux autour des bougies; cependant les vaisseaux sous-conjonctivaux sont quelque peu dilatés. Ces éléments ne sauraient être traités légèrement. Je tiens au malade le langage sérieux que voici : « Il existe chez vous un commencement d'affection très grave, et « dont le développement est tantôt rapide, tantôt lent; l'art peut cependant l'en- « rayer dans sa marche ; de cela je puis vous répondre. Vous reviendrez me voir dans « un mois. Si pourtant des douleurs se déclaraient, si l'œil devenait rouge, accoure» « sans aucun retard, fussiez-vous même indisposé; car la moindre négligence — « mais la négligence seule — amènerait chez vous une cécité irrémédiable. Voici « quelques lignes pour votre médecin ordinaire. D'ici là, ménagez vos yeux. Je ne « vous interdis pas absolument la lecture, usez-en pourtant avec réserve; adoptez « de grands caractères typographiques, reposez-vous souvent, et surtout au moindre « signe de malaise local. »

« Ces paroles préparent le malade à la proposition de l'iridectomie, qui ne peut guère manquer d'être faite à sa première visite. L'humanité exige impérieusement que les préjugés de l'ignorance n'entravent pas plus longtemps l'emploi de Tiridectomie dans le glaucome. » (Donders, Anomalies de la réfraction.)

LEÇON.] PRESBYOPIE. 217

pliquée de diminution sensible de l'acuité de la vue, exigeant, par conséquent, un agrandissement sensible de l'image. Voilà le sujet tout naturellement porté à rapprocher de ses yeux l'objet de son application, et amené par là à choisir un verre plus fort que celui suffisant à remédier à la seule portée de la vue. Les assistants pourraient dire avec raison alors que le verre est trop fort.

Eh bien! dans ce cas-là même, ce n'est pas le verre qui est trop fort; le mal vient de l'obligation où est le sujet de pointer binoculairement sur un point trop rapproché. Le malade est placé dans des conditions plus ou moins voisines de celles que nous étudierons plus loin sous le nom d'asthénopie par insuffisance des droits internes (§ 265). L'effort trop considérable auquel il est astreint, pour amener ses axes optiques sur un point de convergence mutuelle trop peu distant, produit dans ses yeux un excès de tension intérieure qui ajoute bientôt ses effets aux dispositions morbides où se trouve déjà l'organe.

Aussi, quand il doit remédier à une presbytie compliquée de diminution plus ou moins notable de l'acuité, le médecin oculiste a-t-il des indications nouvelles à remplir. Comme l'affaiblissement de l'acuité n'a d'autre correctif que l'agrandissement des images, et que la dimension de celles-ci, ne dépend que de la distance des objets1, il y a nécessairement une limite à poser. Elle dépendra naturellement dans chaque cas, et du degré d'amoindrissement de la vision, et des nécessités professionnelles imposées au sujet. Sur ces bases, le médecin fixera le minimum d'étendue des objets du travail; il conseillera le choix exclusif de caractères typographiques plus gros, l'adoption d'une écriture plus largement exécutée... etc.

En même temps, diminuant d'un demi à un centimètre et même un centimètre et demi, la distance mutuelle des centres des deux verres convexes dans leur monture, il fera produire aux lunettes un effet prismatique propre à soulager l'action des muscles droits internes (voir §§ 491,492).

Mais quant au verre lui-même, quel qu'il soit, il n'est pas trop fort, s'il est employé monoculairement. La loupe, le microscope même ne sont point d'un usage dangereux, au point de vue de la réfraction, qu'au contraire ils soulagent. Avec ces instruments, empîoyés par un seul œil, l'organe se met de lui-même, au maximum de son relâchement accommodatif.

i- Nous m' nous occupons pas ici de l'emploi d'instruments complexes fondes sur l'association de deux verres (comme microsçojpes et télescopes), hors de question dans cette circonstance.

D10PTRIQUE OCULAIRE.

§ 161. — Directions à suivre dans l'usage des lunettes.

La pose des lunettes ne doit pas être la môme pour le presbyte et pour le myope. Chez le presbyte, les lunettes ne servent qu'à la vision rapprochée, c'est-à-dire sous un certain degré de convergence des axes optiques, et dans un plan passant par la ligne des centres des deux globes (ligne horizontale), et le point de convergence situé, lui, au-dessous du plan horizontal du regard. Il convient donc que, pour le presbyte, le plan des verres soit incliné à angle droit sur cette direction.

Il convient en outre que le presbyte puisse voir par-dessus ses lunettes, tant pour prendre du repos que pour distinguer alors les objets distants. Cette disposition est indispensable chez les peintres presbytes : elle est réalisée pour eux par les lunettes Franklin, ou celles à double foyer, c'est-à-dire dans lesquelles une ligne transversale médiane sépare deux demi-verres dont l'inférieur offre un pouvoir réfringent (déterminé) supérieur à celui qui le surmonte (v. § 123).

Eu égard à la tension oculaire (déterminée parla convergence binoculaire), il importe que les verres convexes, surtout si l'objet est un peu rapproché, exercent une action prismatique de nature à soulager les muscles delà convergence (voiries §§ 491,492, asthénopie musculaire). A cet effet, comme nous venons de le dire au paragraphe précédent, leurs centres devront être rapprochés, portésen dedans de 1/2 à 1 et 1/2 centimètre.

§ 162. — Diminution graduelle de l'acuité jle la vision par le progrès

des années.

Au moment de définir la presbyopie, en commençant cette leçon, nous avons indiqué sommairement deux facteurs comme coopérant incessamment à affaiblir le fonctionnement de l'œil, à savoir : 1° la diminution progressive de la faculté accommodative (nous venons de nous en occuper); et 2° la réduction également progressive de l'acuité ou perception proprement dite dont les deux facteurs principaux, sont, comme nous avons vu (leçon 7°, § 104), la transparence des milieux, et le degré d'énergie ou d'activité de la sensibilité de la rétine.

Concurremment avec la détermination du punctum proxïmum, il y a donc toujours indication à s'assurer du degré d'activité de la perception rétinienne ou, en d'autres termes, à mesurer l'acuité visuelle. On a vu, dans les paragraphes qui précèdent, l'influence que peut exercer une diminution un peu accentuée de cette faculté, sur le choix du n° des verres à conseiller dans un cas donné de presbytie.

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