LEÇON.] FLUORESCENCE
Au point de vue de leur effet sur l'organe de la sensibilité spéciale, celle propriété des milieux que doit traverser la lumière avant de l'atteindre, acquiert une grande valeur. Si l'on considère, par exemple, que dans nos meilleures sources artificielles de lumière (lampe Carcel), l'intensité calorifique de ces radiations obscures est décuple de celle des radiations lumineuses, on comprend l'importance de la protection apportée à la rétine par un semblable filtrage.
Ces radiations obscures s'éteignent avec une rapidité extrême dans les premiers milieux de l'oeil. Pour la source que nous venons de citer, la cornée en absorbe les deux tiers, l'humeur aqueuse les deux tiers du reste, de sorte qu'une fraction extrêmement faible arrive seule aux milieux postérieurement situés.
Quant à la cause de cette propriété des milieux de l'œil, elle réside tout entière dans leur nature aqueuse : leur mode d'action sur la chaleur est identique à celle de l'eau.
Une dernière réflexion semble naturelle à l'endroit de nos sources artificielles de lumière ; ne doit-on pas les considérer comme bien imparfaites encore, puisqu'il existe, pour les meilleures d'entre elles, une si grande disproportion entre les rayons utiles et ceux qui sont étrangers aux phénomènes de la vision.
§ 170. — Absorption des rayons chimiques. — Fluorescence.
La propriété de la couche superficielle des substances diathermanes de faire éprouver à toute espèce de chaleur rayonnante qui les frappe, une perte particulière et constante, incomparablement plus grande que la perte qui correspond à une couche d'égale épaisseur prise dans le même milieu, rapprochée de la multiplicité des couches distinctes composant le cristallin, le corps vitré et les autres milieux réfringents de l'œil, fait comprendre comment la conformation de cet admirable appareil peut suffire, dans les cas ordinaires, à garantir la rétine de tout effet calorifique nuisible de la part des rayons lumineux.
Restaient à chercher les moyens de protection qui devaient ou pouvaient garantir ce même appareil contre l'influence des rayons chimiques ou ultra- violets ; ou, plus généralement, il y avait à s'assurer des effets que pouvaient exercer sur l'appareil sensible ces rayons doués d'une action chimique.
Cette question a été l'objet des recherches spéciales de MM. Briicke, Hclmholtz, et de notre compatriote le professeur Regnauld.
On sait que les corps fluorescents absorbent toujours d'une manière notable les rayons qui provoquent leur fluorescence.
Or, ces savants ont reconnu que chez l'homme et chez quelques autres mammifères, la cornée soumise aux rayons ullra-violets manifeste une fluorescence prononcée; ainsi en est-il du cristallin.
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Dans le corps vitré, la membrane hyaloïde offre seule une faible fluorescence : la rétine, Helmholtz l'avait le premier démontré développe aussi de la fluorescence, mais à un moindre degré que le cristallin.
Dans ces expériences se trouve exposée et définie la propriété physique connue sous le nom de fluorescence.
Fluorescence. — On appelle ainsi la propriété dont jouissent certains corps diaphanes de développer par eux-mêmes un certain éclat, lorsqu'ils sont soumis à l'influence des rayons ultra-violets ; ils émettent alors les rayons qu'ils ont commencé par absorber. Ce phénomène prend le nom de phosphorescence , si sa durée excède le temps pendant lequel ils sont soumis à l'accès des rayons pénétrants.
Cette propriété est, en somme, un cas particulier d'une loi plus générale : tous les corps, même les plus transparents, sont plus ou moins des absorbants de la lumière; et Kirckoff a démontré par son analyse spectrale, que lesdits corps transparents absorbent plus particulièrement les rayons qu'ils émettent eux-mêmes (voir leçon 12e, § 186).