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LEÇON.] CIRCULATION RÉTINIENNE CAPILLAIRE

Par quel mécanisme, l'ombre existante (théoriquement) est-elle rendue sensible, et par le mouvement seul du foyer lumineux? Tel est l'objet qui s'offre encore aux recherches des physiologistes.

§ 176. — Circulation rétinienne capillaire.

On sait que si à une belle lumière, celle d'un nuage blanc fortement éclairé, on expose quelques instants les yeux fermés, le champ visuel d'un beau rouge qui s'offre à l'attention, présente bientôt une animation singulière, caractérisée par la présence d'un grand nombre de tourbillons contigus à peu près égaux en diamètre, et qui en couvrent la surface. Dans chacun de ces tourbillons, on voit courir d'un mouvement vif des nuées de petits globules animés d'une certaine vitesse de déplacement soit circulaire, soit oscillatoire autour d'un centre commun à chaque tourbillon. Alors, et pour peu que l'on ait eu occa- • sion d'observer au microscope la membrane interdigitaire d'une grenouille vivante, on ne peut se méprendre sur l'origine ou le siège de ces phénomènes ; on a évidemment devant soi le spectacle de la circulation sanguine capillaire.

La première pensée qui s'offre, quant au siège de cette circulation, c'est qu'elle appartient aux paupières elles-mêmes. Effectivement, le phénomène disparaît si l'on ouvre les yeux, et l'on pourrait s'arrêter à cette première apparence.

Il n'en est pourtant pas ainsi ; et l'on peut, quoique avec moins d'éclat et de netteté, se procurer le même phénomène les paupières ouvertes.

Le moyen qui nous a le mieux réussi pour cela consiste à fixer un certain temps notre attention sur un nuage bien éclairé au travers d'un verre coloré : un verre jaune nous a paru le plus convenable à la production du phénomène. On perçoit la même sensation en gardant les yeux ouverts sous une toile blanche pliée en deux ou trois doubles.

Alors à un certain moment de l'observation, le champ visuel jaune se trouble, s'obscurcit, devient, vers la région fixée, jaune rougeâtre, et sur la surface de cette sorte d'obnubilation rougeâtre, on reconnaît les petits tourbillons de l'expérience précédente, faite les paupières closes. Ces tourbillons ont même dimension circulaire apparente, leurs éléments globuleux eux-mêmes ont également à très peu près les mêmes dimensions : le tout est cependant notablement moins accentué et s'efface en général assez rapidement.

Ces mêmes observations ont été faites antérieurement par Vicrordt, Purkinje, J. Millier et bien d autres. On les trouve décrites et diversifiées dans l'ouvrage d'Helmholtz.

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Nulle membrane vasculaire n'existant en ces cas entre la lumière et la rétine, c'est donc bien à la vascularisation seule de cette dernière (dont le siège est dans ses couches antérieures) qu'est due l'apparition de ces tourbillons de globules.

§ 177. — Réflexion diffuse de la lumière par les milieux transparents

oculaires.

La transparence des milieux antérieurs de l'œil n'est pas aussi absolue qu'une observation superficielle porterait à le faire croire.

Les fibres de la cornée et du cristallin paraissent unies par une substance intermédiaire d'un pouvoir réfringent peu différent du leur, de manière que sous une lumière modérée, ces parties semblent complètement transparentes et homogènes. Mais si l'on concentre sur elles une lumière intense, au moyen d'une lentille convergente, la lumière réfléchie sur la limite de leurs éléments devient assez forte pour les faire paraître troubles et blanchâtres. Il résulte de cette expérience qu'une partie de la lumière qui traverse ces milieux est diffusée et atteint des parties de la rétine où elle n'arriverait pas par l'effet d'une réfraction régulière. Ainsi lorsqu'on examine une lumière brillante devant un fond tout à fait sombre, on remarque qu'il se répand sur ce fond un reflet nébuleux blanchâtre, qui présente sa plus grande intensité aux environs de la lumière. Dès que l'on cache la source lumineuse, le fond reprend son aspect noir. Je crois que ce fail doit être expliqué par la diffusion de la lumière (Helmholtz).

§ 178. — Des radiations lumineuses que l'on aperçoit autour d'un point lumineux, dans l'obscurité.

« Lorsqu'étant dans l'obscurité, on regarde un point très lumineux, la flamme d'une bougie, par exemple, et que l'on ferme à moitié les paupières, on voit des rayons qui semblent émaner de la source de lumière et se diriger vers les yeux. Ces rayons sont si nets et si bien déterminés, ils semblent, en quelque sorte, si matériellement exprimés, qu'on serait tenté de les prendre avec la main. »

Fig. 51,

Cette image rayonnante est purement subjective, ajoute le précis observateur' auquel nous empruntons cette saisissante description ; et c'est pour cette raison que nous la plaçons ici, parmi les phénomènes entoptiques.

1. Robert-Houdin. Comptes rendus de l'Académie des sciences, 1869.

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