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IRRADIATION

LEÇON. J

î, crrande proximité du point d'émergence des rayons lumineux de la cornée, oetites facettes brillantes du sillon oculo-palpébral, explique d'autre part la forme spectrale des rayons de feu et leur ponctuation par les images des granules du vitré, suivant le mode de production du spectre perlé.

Traîne rounedtre horizontale ou spectre multiple de la bougie, phénomène secondaire dam l'observation précédente. - Cette étude nous révèle accessoirement le mécanisme d'un dernier phénomène partiel qui accompagne les rayons de ieu.

Au moment où nous rapprochons les paupières pour donner naissance a ces derniers nous voyons apparaître, dans le plan médian horizontal, une longue tramée lumineuse rougeàtre partant de la bougie dont elle reproduit les images multiples très rapprochées, assez nettes et distinctes dans le voisinage de la bougie, devenant confuses et irisées à quelque distance; se divisant même à un certain moment, de chaque côté, en deux branches, en X très écrasé. Troiiessart, qui a étudié le premier ce phénomène accessoire, l'attribue, avec raison selon nous, à la diffraction produite par les cils sur l'image directe de la bougie. 11 est très facile de le reconnaître, car c'est lui qui se manifeste dans l'expérience des dents du peigne, où il se produit avec une netteté démonstrative.

La bifurcation en X écrasé que présente cette traînée à son extrémité, reproduit parfaitement l'action croisée des rangées de cils des deux paupières, quand elles se rapprochent. Si l'expérience des dents de peigne, instituée pour venir en aide à la théorie de la multiplicité des rayons de feu, par l'interposition des cils, a conduit à une conclusion contraire à celle poursuivie par ses auteurs, elle a, en revanche, incidemment donné l'explication d'un phénomène inexpliqué jusqu'à elle.

§ 179. — De l'irradiation.

On désigne par ce mot cette illusion visuelle générale qui fait attribuer à une surface de forme définie, relativement éclairée ou blanche, une étendue plus grande qu'à une autre exactement égale à la première, mais moins éclairée ou moins éclatante.

Cet effet s'accroît si l'œil n'est pas exactement adapté : mais il est très sensible entre blanc et noir, à dimensions égales et accommodation parfaite.

Jetez les yeux sur les deux tableaux optométriques de Snellen, l'un sur fond blanc, l'autre sur fond noir ; les optotypes imprimés en blanc sur fond noir, paraissent à tout le monde notablement plus étendus dans toutes leurs dimensions, que ceux en noir sur fond blanc; et cependant ils sont absolument égaux.

Cet effet est très sensible dans le cas de surfaces très lumineuses» Nous ne jugeons jamais exactement, dit M. Helmholtz, les dimensions (les fentes ou des trous qui laissent s'échapper une vive lumière : ils nous paraissent toujours plus larges qu'ils ne sont réellement, et cela même avec l'accommodation la plus exacte. De même les étoiles fixes apparaissent sous forme de petites surfaces lumineuses. Dans un gril de barreaux fins et dont les vides sont exactement égaux aux pleinSj les vides nous paraissent toujours plus larges que les barreaux, si nous tenons le gril devant un fond éclairé.

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Cette observation de M. Helmholtz a été invoquée par nous dans la discussion des expériences qui ont été instituées pour la détermination du minimum visible (§ 112).

Tous les phénomènes compris dans l'expression générale d'irradiation, poursuit l'auteur de l'optique physiologique, se réduisent à fait que les bords des surfaces éclairées paraissent s'avancer dans le champ visuel, et empiéter sur les surfaces obscures qui les avoisinent; et cela, indépendamment de l'aberration de sphéricité comme de l'accommodation.

Pour l'éminent auteur, ce phénomène doit être mis sur le compte de la dispersion des couleurs et des autres aberrations monochromatiques de l'oeil. Malgré l'adaptation la plus exacte et la formation d'une image géométriquement parfaite, ces cercles de diffusion produisent ce premier effet, « qu'au bord de l'image rétinienne d'une surface éclairée, la lumière s'étend au delà de l'image géométrique de la surface. »

Mais on doit ajouter que par suite du même mécanisme géométrique, par contre, l'obscurité empiète en sens inverse sur le bord de l'image éclairée.

Il résulte de là que comme dans les phénomènes de contraste, ou plutôt en sens contraire de ce qui s'observe dans ces derniers, la zone qui limite l'image éclairée est moins vive que l'ensemble de cette surface, comme inversement, la zone qui borde les surfacevoisines obscures est moins saturée d'obscurité que l'ensemble de ces dernières.

D'après cela, dirons-nous avec M. Helmholtz : « Tant qu'on ne tient compte que de Y intensité objective, les surfaces lumineuses ne sauraient donc paraître agrandies, parles cercles de diffusion : c'est le contraire, qui devrait s'observer; la surface dont l'intensité lumineuse est diminuée, à sa périphérie, par le fait de la diffusion, ne devrait pas paraître agrandie.

C'est ici qu'intervient l'explication du phénomène, proposée par le savant physiologiste. Et ici il faut prêter toute son attention parce que l'auteur va nous transporter dans un ordre d'idées nouveau. Il introduit ici les vues particulières des écoles allemandes sur la sensation elle-même en général, et la mesure de ses degrés, la sensation subjectivement considérée.

a Si l'on considère, nous dit-il, que La sensation lumineuse (comme toutes les autres sensations d'ailleurs) ne varie que peu ou point pour les degrés très élevés de l'intensité objective, il s'ensuit qu'on doit remarquer bien moins la diminution de lumière dans la surface éclairée, que la diminution d'obscurité des surfaces obscures contiguës, ou l'éclairementde ces mêmes bords. On doit donc être beaucoup

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plus frappé de l'augmentation de surface des parties claires que de celles des parties obscures; l'auteur dit môme qu'on doit remarquer l'une et nullement l'autre.

Nous avons essayé de reproduire ici l'opinion même de l'illustre physiologiste, sur le mécanisme de cette curieuse illusion sensorielle. Le lecteur lui fera l'accueil que lui suggérera la nature habituelle de ses déductions en matière de sensation ou d'observation. Pour nous, ce mode d'argumentation est trop subtil pour l'oreille de notre logique : nous l'enregistrons, mais en avouant qu'il n'a pas fait la lumière dans notre esprit. Nous préférons quant à nous, la gêne et la petite honte d'un point d'interrogation, à l'embarras d'avoir à rendre clair pour autrui ce qui demeure obscur pour nous-même.

Mais avant même de nous poser cette question métaphysique, nous placerons encore un autre point d'interrogation devant les prémisses mêmes de cette argumentation. Qu'est-ce qui permet à l'auteur de poser en principe qu'il existe des cercles de diffusion (provenant de la dispersion des couleurs et des autres aberrations monochromatiques) autour d'images qu'il suppose lui-même géométriquement parfaites? Une théorie peut-être! mais assurément par l'observation.

Pour en finir avec ce sujet, nous consignerons encore, pour mémoire, une plus ancienne explication tentée à l'endroit de ce phénomène! dont la raison d'être nous échappe en réalité.

« Un très grand nombre de physiciens et de physiologistes ont admis pour les phénomènes ^irradiation, une autre explication, que Plateau a défendue et exposée en détail. Ils admettent que chaque fibre nerveuse de la rétine peut, lorsqu'elle est excitée, provoquer excitation dans les fibres voisines, de telle sorte que celles-ci donnent heu a une sensation lumineuse, sans recevoir de lumière objective. Ce serait là un exemple de sensation sympathique.

« D'autres nerfs sensitifs peuvent présenter aussi des sensations sympathiques de ce genre : c'est ainsi que bien des personnes éprouvent, par exemple, une sensation de chatouillement dans le nez lorsque l'œil reçoit une vive lumière : ou bien elles sentent un Tu ud°S l0rscïu,elles étendent des sons aigus ou stridents. »

bette hypothèse est-elle bien rationnelle? Nous n'oserions l'affirmer

»a'ZrTnt' ddt"°n' danSCeS circonstances> Pendre cemoUympathique dans son sens physiologique, c'est-à-dire comme expression d e acti0n rcn xe du centre cérébral ou d'un centre local intermé

se'nslr 1. ' " ■ 6 d° rébranlement de la fib-> accroîtrait L'éten- < sen orxelle de l'image géométrique. Ou bien, doit-on y voir -

Il est vrai que, dans cette supposition, on accroîtrait directement

GIHAUD-TEULON. — I,A VISION,

la surface géométrique de l'image objective elle-même! Non; sachons ignorer quand nous ne pouvons mieux faire. Le champ ouvert à l'observation n'est pas définitivement défriché. Qui sait, par exemple, si les recherches nouvelles sur le mécanisme profond de la photochimie rétinienne n'ouvriront pas de nouveaux points de vue sur ces phénomènes qui éblouissent autant notre esprit que notre organe visuel.

§ 180. — De quelques illusions produites par une fausse appréciation

oculaire.

C'est ici le lieu de s'occuper encore de quelques faits singuliers dans lesquels l'estimation faite par nos yeux de certaines inclinaisons angulaires se trouve en plein désaccord avec la réalité. Il s'agit d'un groupe de faits curieux, méritant assurément la qualification (^illusions du sens visuel, et dont les principaux servent de sujet au § 28 de la troisième partie de V Optique physiologique de M. Helmholtz.

a) Dans une première observation, M. Helmholtz expose que :

« La moitié d'une droite de longueur définie, préalablement divisée (comme une règle métrique), parait plus grande que l'autre moitié non divisée. » Dans une seconde expérience :

« Qu'une droite étant divisée en ses deux moitiés, sans inscription de divisions, l'œil droit voit la moitié droite plus grande, tandis que la moitié gauche de la ligne paraît plus grande à l'œil gauche. »

Avant de chercher avec l'auteur à nous expliquer ces phénomènes, disons tout de suite qu'ayant désiré, à différentes fois, nous assurer de leur réalité expérimentale, nous n'y sommes pas parvenu, ni pour le premier, ni pour le second des cas que nous venons de l'apporter.

Nous n'avons pas été plus heureux dans le contrôle de l'illusion décrite par le même auteur à propos des angles droits.

Les angles représentés dans la figure 169, page 700, et qui donnent à M. Helmholtz la sensation d'angles droits, nous apparaissent à nous tels qu'ils sont dans son dessin, celui du côté droit plus petit que son adjacent, c'est-à-dire aigu; et cela, que nous les envisagions, soit avec l'œil droit, soit avec le gauche, suivant l'invitation de l'auteur.

Notre estimation ne diffère pas moins de la sienne en ce qui concerne les angles représentés dans la figure 174, page 721. Tous ces angles, 1, 2, 3, 4, nous paraissent, comme ils le sont eh réalité, égaux entre eux et à 90 degrés, et non pas coupant inégalement l'espace autour du point de rencontre des deux droites (rectangulaires), qui les déterminent.

Quelque effort que nous y apportions, nous ne découvrons pas dans ces cas particuliers les erreurs d'appréciation qu'y aperçoit M. Helmholtz; non plus que dans la comparaison des deux triangles équilatéraux différemment rayés que représente la figure 175. (Loc. cit., Opt. phys.)

Nous devons donc les considérer comme des appréciations personnelles.

Mais il en est différemment des exemples que nous allons reproduire et pour lesquels la généralité des observateurs est unanime dans le jugement porté.

b) Premier exemple : Lignes parallèles de Bering (fig. 59). — Dans cet exemple, deux droites parallèles, représentant sur le papier deux horizontales distantes de quelque 7 à 8 millimètres, sont bordées sur leurs côtés opposés par une série de petites hachures inclinées sur les parallèles, et symétriquement disposées, comme dans la figure que voici :

Or, quoique parfaitement parallèles, c'est-à-dire équidistants sur toute leur longueur, ces groupes de lignes présentent aux yeux deux bandes planes, dont la pre-

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