DES DIFFÉRENTES ESPÈCES DE LÉSIONS FONCTIONNELLES
§ 199. — Diagnostic différentiel des différentes espèces de lésions fonctionnelles. Amblyopies. — Anomalies de la réfraction et de l'accommodation.
Les altérations de la fonction visuelle, considérées dans chaque œil I pris isolément, peuvent se rapporter à trois classes principales :
1° Défaut de transparence des milieux dioptriques ;
2° Amblyopies ou altérations de la sensibilité spéciale;
3° Anomalies de la réfraction et de l'accommodation.
Entre ces trois classes, le diagnostic différentiel sera aisé à établir. .
Un œil affecté d'affaiblissement visuel est-il atteint dans la transpa- • rence des milieux? L'éclairage latéral et l'ophtalmoscope tranchent promptement la question. Cette première hypothèse exclue, le sujet ne peut voir distinctement à aucune distance, aucune espèce de verra ne peut lui procurer de loin la vision nette; le cas appartient à l'amf blyopie (Donders).
Une autre épreuve, non moins décisive, consiste à faire viser le sujet à travers un trou d'épingle placé tout près de l'œil. Voilà l'œil réduit à l'état de chambre obscure élémentaire; la réfraction n'y joue pour ainsi dire plus de rôle (voir § 73, leçon 5°) ; s'il y a vision suffisamment nette, il ne saurait y avoir amblyopie ; et l'on est en présence d'une anomalie de la réfraction, soit statique, soit dynamique.
§ 200. — Considéré comme instrument dioptrique, l'œil offre, en i effet, deux modes d'action : l'une fixe, constante, statique en un mot; c'est la force réfringente qu'il développe à l'état de repos, et au moyen de laquelle les images des objets éloignés sont dessinées sur ■ l'écran rétinien; — l'autre variable, facultative, dynamique, en vertu de laquelle ces images sont maintenues à la même distance
LEÇON. | AMÉTROPIE. 299
de [a lentille, pendant que les objets se rapprochent. La première ne dépend que de la structure même de l'œil; la seconde est sous la dépendance d'un appareil musculaire (voir §§ 78 et 96, 132, 133).
Leurs anomalies, ainsi qu'elles-mêmes, forment donc tout naturellement deux chapitres distincts.
§ 201. — Anomalies de la réfraction statique ou amétropie. — Définitions.
On appelle état de la réfraction d'un œil, RS, la force réfringente statique dont il jouit, lors du repos absolu, du sommeil ou de la para-
Fig. 64.
lysie de sa faculté d'accommodation. Gela posé, on nomme « emmétropie » l'état de la réfraction qui correspond à la réunion exacte des rayons parallèles sur la couche des bâtonnets de la rétine, pendant le repos de l'accommodation (fig. 64, § 78).
Par contre, on appellera amétropie (« privatif), la déviation de cette condition. Un œil sera amétrope qui, étant au repos, concentrera les
Fig. 05.
rayons parallèles en deçà, ou bien, au contraire, au delà de ladite couche sensible de la rétine. Si ce foyer des rayons parallèles est en avant de la rétine (fig. 65% l'œil est dit myopé. Si, au contraire, il est en arrière de la membrane sensible, on Le nommera hypermétrope (fig. 66).
Un simple coup d'œil sur ces trois figures fait voir que si, dans l'œil emmétrope, les rayons propres à former foyer sur La rétine, pendant le repos accommodatif, doivent tomber sur la cornée à l'étal
de parallélisme ; pour produire, dans les mêmes conditions, le même effet dans l'œil myope, ils doivent tomber sur la cornée à l'état de divergence, et dans l'œil hypermétrope à l'état de convergence.
Fi g. 60.
On remarquera cette nouvelle méthode de classification des di fiérentes vues. Elle repose sur la détermination du « punctum remotum, » sur la manière dont l'œil se comporte, eu égard aux rayons parallèles.
Les anciens s'étaient attachés, au contraire, à la considération du <( punctum proximum. »
L'avantage du nouveau point de départ est hors de toute contestation possible.
L'ancienne méthode, en faisant porter la classification sur le point rapproché, prenait une base résultant elle-même de deux actions réunies et confondues dans une même manifestation, à savoir : la réfraction statique, celle qui ne dépend que de la forme même de l'organe; et la réfraction dynamique qui est placée sous la dépendance d'un mécanisme musculaire. On confondait ainsi deux éléments essenl tiellement distincts ; auquel d'entre eux rapporter le résultat obtenu?
Dans la nouvelle méthode, chacun des mécanismes apparait avec ses effets propres : elle offre donc sur l'autre tous les avantages < le la simplicité.
§ 202. — En quoi consiste anatomiquement l'amétropie.
Répétons les définitions :
L'œil emmétrope est celui clans lequel, pendant le repos de l'accommodation {Indolent state d'Young), les rayons parallèles incidents sur la cornée, vont naturellement former foyer sur la rétine.
L'amétropie consiste, elle, en ce que les rayons parallèles, toujours pendant le sommeil de A, réfraction dynamique, sont réunis en deçà ou en delà de la rétine.
Dans les yeux atteints de semblable anomalie, le rapport régulier de la quantité de réfraction développée par L'appareil dioptrique, M diamètre du globe, se trouve altéré. Quel est, des deux termes, relui
BÉtOH.j AMÉTROPIE. 301
qui csl ainsi changé? Est-ce la quantité do réfraction qui a varié d'une manière absolue? Est-ce, au contraire, la dimension du globe qui s'est modifiée, l'appareil réfringent restant le môme ?
De nombreuses mensurations, très nombreuses, exécutées sur des yeux emmétropes, myopes, hypermétropes, ont irrésistiblement établi que, clans l'immense majorité des cas1, l'œil myope présente un diamètre trop long en présence d'un appareil réfringent régulier; tandis que l'œil hypermétrope présente invariablement la disposition inverse, un œil relativement trop court, en rapport avec un appareil réfringent régulier.
Au point de vue mathématique, si nous voulons représenter l'une ou l'autre de ces anomalies, nous pourrons indifféremment exprimer dans nos formules que l'œil a vu, soit son foyer, soit l'écran rétinien, se déplacer : le rapport qui constitue l'anomalie sera toujours le même.
Mais on comprend qu'au point de vue clinique, il soit nécessaire de savoir laquelle des deux circonstances s'observe réellement. Or, nous venons de voir qu'en fait, dans une amétropie, c'est le globe oculaire qui change seul de longueur : la longueur focale de l'appareil réfringent est sensiblement la même dans l'œil emmétrope, myope et hypermétrope.
§ 203. — Détermination optométrique d'une amétropie et de son degré
(méthode subjective).
Ayant théoriquement défini l'œil emmétrope et ses anomalies, comment déterminerons-nous leur existence lors de l'analyse optométrique ?
D'après ce qui précède, il est évident que nous devrons nous proposer de reconnaître : 1° si tel œil donné, lors du repos de son accommodation, réunit sur sa rétine et tout naturellement les rayons parallèles — et, s'il n'en est pas ainsi, à quelle distance de lui se trouve son punctum remotum.
En un mot, nous lui appliquerons, après avoir paralysé son accommodation, si cela est nécessaire, la méthode* ci-dessus décrite de Bonders (§ 115.)
Pour fixer les idées, prenons le cas où ce punctum remotum est
1. Nous n'entendons pas dire Loi que, dans un petit nombre de cas, la myopie constatée ne imisse rire et ne soit le résultat d'un changement éprouvé par L'appareil dioptrique. Mais, dans ces circonstances, il est presque sans exemple que ce changement ne porte ou sur une altération de tissus plus ou moins notable des membranes ou des milieux transparents, ou sur une modification de la réfractionttynamique ou accommodation, en général de nature spasinodiqur. fies ras n'appartiennent pas à la myopie commune.
302 DIOPTRIQUE PATHOLOGIQUE. I3<s i
en avant du sujet, à une distance finie, en un mot, supposons un sujet myope.
Dans l'application de cette méthode, le sujet est placé à une dis- tance suffisante, soit de 6 à 10 mètres et plus même si l'on peut, en face des échelles typographiques ; à cette distance, il se déclare, supposerons-nous, dans l'impossibilité de lire aucun caractère plus ou moins en rapport avec l'étendue de son minimum separabile pour cette distance, en d'autres termes, avec son acuité visuelle, préalablement vérifiée, ou au moins approximativement relevée (méthode du trou d'épingle, § 112 bis).
On fait alors passer devant son œil, à 10 ou 12 millimètres de la i cornée, la série croissante des verres concaves de la boîte d'essai.
Le premier ou le plus faible de ces verres successifs qui procure la vision nette ou parfaite (eu égard à l'acuité préalablement reconnue), . réunit donc exactement sur la rétine les rayons parallèles, qui, sans ■ lui se rencontreraient encore dans le corps vitré (voirfig. 36, § 115).
Nous avons vu de plus (au même § 115) que la longueur focale de i ce verre, placé par hypothèse au foyer antérieur de l'œil (12 milli- • mètres environ de la cornée) mesurait pi'écisément la distance à ce même point du punctum remotum de l'observé.
Ce verre, comme chacun sait, donne, en effet, à leur émergence, aux rayons parallèles qui viennent le frapper, la divergence même qu'ils affecteraient, s'ils partaient naturellement du punctum remotum de l'individu; et l'on voit que ce verre neutralise, corrige exacte- • ment l'amétropie.
Quel rapport, au point de vue dioptrique, relie entre eux ces deux
faits?
C'est ce que nous allons établir.
§ 204. — Dans l'œil amétrope, la distance de la rétine au foyer principal postérieur et la longueur focale de la lentille neutralisante sont des longueurs focales conjuguées.
D'après ce que nou£ venons de voir, l'excès relatif de la réfraction statique dans un œil affecté de myopie, étant corrigé par l'interposition devant l'œil d'un verre négatif de longueur focale f, il y a réciprocité focale conjuguée entre la rétine d'une part, et un peint situé à une distance f du foyer antérieur de l'œil. En deux mots, en l'absence de tout effort accommodatif, le punctum remotum du sujet et la rétine sont les foyers conjugués de l'œil au repos.
Gela posé, on peut nous demander quelles sont les constantes dioptriques d'un tel œil, ce qui nous conduira du même coup à la détermination de l'expression mathématique du degré de cette amétropie.
LEÇON. | AMÉTROPIE. 303
La méthode est simple et le tableau en est tracé au § 144 : constantes dioptriques du système résultant de Vassociation de ïœil et d'une lentille donnée.
Nous voyons, dans ce paragraphe, que lorsqu'on place une lentille négative de longueur focale f, au foyer antérieur de l'œil :
1° Les longueurs focales principales du système résultant de cette association, demeurent celles même de l'œil;
2° Que le foyer antérieur demeure également constant dans sa position (au centre de la lentille f, par conséquent) ;
3° Seul, le foyer postérieur est déplacé (la longueur focale postérieure demeurant la même); il recule avec le deuxième plan principal,
dans le cas de la lentille négative, de la quantité -y- ; f et f" étant les longueurs focales principales de l'œil.
Or, nous venons de reconnaître (au paragraphe précédent) qu'une myopie était neutralisée quand on plaçait au foyer antérieur de l'œil une lentille négative d'une longueur focale égale à la distance de son punctum remotum.
L'œil myope, ou pour lequel le punctum remotum et la rétine sont des foyers conjugués, devient donc, par l'interposition de la lentille— f, un œil emmétrope dont les longueurs focales principales sont f', f", celles de l'œil physiologique, mais dont le foyer principal
postérieur a été reculé de la distance — — .
Il résulte de cette courte analyse que, dans ces circonstances,
l'interposition de la lentille ( — /), n'a apporté à l'œil donné d'autre
modification que de reculer de la quantité —j- le foyer des rayons parallèles.
—jr- est donc la distance qui sépare le foyer principal postérieur
de l'œil myope du foyer conjugué de son punctum remotum.
Or, dans tout système dioptrique, si on appelle lx 4 les distances respectives de deux foyers conjugués aux foyers principaux correspondants, f', <p" les longueurs focales principales, on doit avoir J, /2 = ?' y" (2e leçon, § 32). C'est, en effet, ce qui se vérifie ici ;
car, dans le cas du myope, /, n'est autre que /', et l.„ c'est . Multiplions lx par l2J nous avons, comme on devait le prévoir,
b) Hyperm'étropie. — Maintenant voici un deuxième sujet, d'un genre tout opposé : place comme le premier, après paralysie de son accommodation, celui-ci, devant les échelles typographiques, et incapable, tout comme le précédent, d'y distinguer les caractères en rapport avec son minimum visibile, aucun des verres négatifs n'améliore sa vue, tout au contraire.
Mais prend-on la série croissante en force réfringente, celle des lentilles positives, plus ou moins tôt on en rencontre une qui a pour effet de procurer le degré de vision cherché.
Or, qu'a fait cette lentille? Elle a, comme dans le cas précédent, neutralisé l'anomalie existant chez ie sujet, en donnant, à l'émergence, aux rayons parallèles qui viennent le frapper, la convergence qui conduirait ces rayons à son propre foyer principal postérieur.
L'analyse du cas précédent nous apprend ce qui s'est passé dans celui-ci.
Nous ne fatiguerons pas le lecteur par la répétition des raisonnements que nous venons de produire au sujet du myope. Tout ce que nous avons énoncé relativement à l'œil myope, peut être répété textuellement en changeant simplement ( — f) en ( -f- f) ; le mot reculé appliqué au mouvement du foyer postérieur de l'œil dans la myopie, sera remplacé ici par le mot : avancé; et la mesure de ce
mouvement sera encore
La figure 67 représente ces rapports de distances conjuguées dans les deux genres d'amétropie.
Le cercle ponctué complet représentant l'œil emmétrope: La moitié supérieure de la figure représente l'œil hypermétrope: la moitié inférieure, l'œil myope.
F, et F2 sont les foyers principaux de l'œil emmétrope.
Maintenant, dans la partie inférieure de la figure, on a marqué en F, la position
Fig. 61
d'une lentille négative de foyer -/-que l'on suppose neutraliser l'excès de refraction de l'œil myope; et l'on a vu que cette neutralisation avait lieu par le recul de F, en M le point M', foyer antérieur principal de la lentille neutralisante - f, et le point M sont donc, par rapport au système réfringent de l'œil (dont «?' et <?" sont les Ion-
LEÇON. ] MESURE DU DEGRÉ DE L'AMÉTROPIE. 30b
gueurs focales principales), un système de foyers conjugués; et si l'on appelle :
X, la distance de M' à F, = /',
on a
ou
X, X, == <p'<p", ou f\ — <
xs = LL.
Cette quantité ^r— , distance de la rétine au foyer postérieur, clans
l'œil hypermétrope, aura encore pour conjuguée par rapport aux foyers principaux de cet œil, la longueur focale /de la lentille neutralisante. Seulement elles devront l'une et l'autre, les deux longueurs focales conjuguées, prendre le signe — ; la rétine, en effet, est, dans cet œil, placée entre le cristallin et le fojrer postérieur de l'œil; 4 est donc une quantité négative ; mais, d'autre part, le produit lx l% — ^' y" est nécessairement positif (?', a" étant toutes deux de même signe); Zj doit donc être également négatif. Or, qu'est-ce que Ifl C'est la distance au foyer antérieur de l'œil, du punctum remotum de cet œil, et cette distance, égale à f, est à prendre négativement. C'est dire que les rayons qui formeraient naturellement leur foyer sur la rétine de cet œil auraient leur point de concours à une distance / en arrière du foyer antérieur de l'œil ; c'est-à-dire que ce foyer est virtuel et que les rayons dont s'agit tombent en convergence sur la cornée (voir la fig. 67, moitié supérieure).
Avec ces réserves quant aux signes, les choses se passent donc absolument de même dans les deux cas : dans l'œil hypermétrope, comme dans l'œil myope, la distance de la rétine au foyer principal postérieur de l'œil et la longueur focale principale de la lentille neutralisante, sont des quantités conjuguées par rapport aux foyers principaux de l'œil.
Par analogie, on pourra donc dire que la longueur focale de la lentille neutralisante est en même temps la distance du punctum remotum de l'œil hypermétrope au foyer antézieur, mais prise négativement, c'est-à-dire virtuellement et en arrière de l'œil.
Et finalement on conclura que, clans un œil amétrope, la rétine d'une part, et de l'autre le punctum remotum du sujet, ou, ce qui revient au même, le foyer de la lentille neutralisante, sont des points conjugués de l'œil.
^ Nous verrons plus loin (§ 219) (diagnostic ophtalmoscopique de l'amétropie), que lors de l'observation d'un œil amétrope, par excès de réfraction, l'image réelle renversée de la papille, clans la myopie, en l'absence de toute lentille additionnelle, se fait au punctum remotum de l'œil; et que l'image droite de la papille, dans l'œil hypermé trope, est virtuellement au punctum remotum virtuel de cet œil, ou à
la distance de la longueur focale neutralisante, et en arrière de l'organe.
§ 205. — Expression mathématique du degré de l'amétropie.
Au paragraphe 202, même leçon, nous avons dit qu'il résultait de nombreuses mensurations des éléments constitutifs de l'appareil réfringent de l'œil, que l'excès ou, au contraire, le déficit de la réfraction statique de l'œil se rencontraient presque constamment avec des appareils réfringents réguliers, et coïncidait, dans la plupart des cas, avec un allongement de l'axe antéro-postérieur de l'œil dans la myopie, un raccourcissement dans l'état contraire, ou hypermétropie.
Le paragraphe précédent nous donne à son tour la mesure de cet allongement dans l'excès de réfraction, et de raccourcissement dans son déficit. Cette mesure est donnée par la distance de la rétine au foyer principal postérieur de l'œil, qui, dans l'œil emmétrope à l'état indolent, coïncide exactement avec la couche externe de la membrane de Jacob.
fY
Cette distance est, comme nous l'avons vu, ± y—.
On peut donc, avec cette formule sous les yeux, établir le diagramme de toute amétropie.
La quantité linéaire dont s'allonge ou se raccourcit un œil amétrope, celle que nous venons d'inscrire, est, comme on le voit dans la formule ci-dessus, inversement proportionnelle à la longueur focale de la lentille neutralisante f, ou directement proportionnelle au nombre de dioptries qui mesurent la force réfringente de cette lentille (voiries figures 64, 65, 66, 67).
Autrement dit, si l'on suppose que les lentilles neutralisantes, pour différents sujets, aient successivement pour longueurs focales :
f= 1 , 1/2 , 1/3 , 1/4 , etc.
l'excès d'allongement ou de raccourcissement de l'œil sera donné dans cette succession de cas par la série suivante :
cpVX'l, ?Y'X2, ?VX3, etc.
En d'autres termes, au fur et à mesure que la lentille neutralisante représentera un nombre de dioptries suivant la série naturelle des nombres 1, 2, 3, 4, etc.,
L'accroissement de longueur de l'œil dans l'excès de réfraction, son raccourcissement dans le déficit de celte quantité, correspondront à la série suivante :
L, L+l, L + 2, L + 3, L-M, etc., etc.
tEÇON.j EXPRESSION DU DEGRE DE L'AMETROPIE. 307
D'après ces considérations, il est naturel de prendre pour mesure du degré de l'anomalie la quantité linéaire dont le globe se trouve, soit allongé, soit raccourci. Or, L représentant la longueur de l'œil normal ou emmétrope, si nous prenons pour unité l'allongement ou le raccourcissement qui correspond à une lentille de 1 dioptrie, la série dioptrique ascendante qui suit les nombres naturels 1, 2, 3, représentera exactement la série ascendante même des degrés de l'anomalie.
En d'autres termes, la valeur dioptrique de la lentille neutralisante donnera l'expression même du degré de Camétropie.
On peut d'ailleurs se représenter exactement les longueurs propres à cet accroissement de distance entre la rétine et le foyer postérieur de l'œil.
Si nous supposons /= lm ou 1000mm,
?' ?" Igmm x 2Q°
il vient : l2 = = = 0mm3.
L'unité des variations de longueur de l'œil, dans l'amétropie, est donc de 3 dixièmes de millimètre par dioptrie neutralisante ou de 3 millimètres pour 10 dioptries : valeur que nous reconnaissons pour être très approchée de celle que mesure dans l'œil l'étendue du champ de l'accommodation.
La base fondamentale des déterminations qui précèdent est prise dans les propositions démontrées au § 144 de la leçon 9°, et que nous avons suffisamment reproduites clans ces paragraphes.
Elles consistent, comme on a vu, en ceci qu'une lentille ± /'étant mise au foyer antérieur de l'œil, les longueurs focales principales du système résultant demeurent celles de l'œil, mais que le foyer postérieur est porté en avant ou en arrière de la quantité ?-L.' suivant que /'est positive, ou négative.
Un œil emmétrope devant lequel on met une lentille positive + /'
est donc rendu myope d'une quantité mesurée pari ou du nombre
de dioptries qui mesure la force de ladite lentille ;
Et inversement, rendu hypermétrope de la même quantité, si la Lentille /'est négative.
§ 208. Optomètres de de Graëfe, - de Perrin et Mascart, — de Badal, — de Loiseau.
mé°tïodeïn;d,ePUiS la ?°UVelle èr* Guvepteà l'ophtalmologie, 'empiacerla
pour la mensuration ,1c h, portée de la vue, et l'emploi dispense°* ZT7 68 'rT68' P^^'^e instrument portatif propre à écomseï le temps, l espace, le volume et le P, ix des appareils.
a) 1° Optomètre de de Graëfe. — Le premier essai de ce genre est dû à de Graëfffl qui transforma en optomètre la lunette de Galilée, en réglant convenablement 1e choix de l'oculaire et de l'objectif, et en munissant le tuyau de tirage d'une échelle des valeurs réfringentes correspondantes à chacun de leurs intervalles.
Cet instrument eût été parfait s'il avait, permis en même temps et de mesurer l'acuité visuelle et surtout, celle-ci étant déterminée, de faire porter l'attention du sujet sur des images en rapport avec cette acuité. Mais chacun sait que, dans la lunette de Galilée/ la grandeur des images varie — et grandement — avec chaque écartement des verres. Or, s'il est facile de consigner dans un tableau spécial le rapport de ces images, ou la valeur du grossissement pour chaque distance de l'oculaire à l'objectif, ce tableau n'apporte pourtant nul avantage à la pratique. Car. pour chaque observation, on est dans l'incertitude pour décider si l'amélioration accusée par le sujet soumis à l'examen provient d'une adaptation plus harmonique, ou d'une image plus agrandie. On ne doit donc pas s'étonner de ce que l'instrument de de Graëfe n'ait point pris place dans la pratique.
6) 2° Optomètre de MM. Perrin et Mascart— Sur un principe analogue a été établi l'optomètre de MM. Perrin et Mascart. Ces messieurs ont renversé le sens de l'oculaire et de l'objectif dans la lunette de Galilée; autrement dit, ont fait l'oculaire positif et l'objectif négatif; l'objet à viser était de plus à distance rapprochée et fixe; mais, dans ce système, la grandeur des images n'est pas plus constante que dans celui de de Graëfe. L'image étant supposée égale à l'unité lors de la position moyenne (emmétropie), y augmente progressivement, dans les deux sens, avec le mouvement de la lunette mobile, de façon à atteindre, aux deux extrémités de sa course, le double delà grandeur première; et cela encore dans une étendue relativement limitée, et comprise entre un excès de réfraction de 1/3 (ou 3"), et un déficit de 1/6 (6 pouces). Ce qui est fort loin d'atteindre les limites d'application à imposer à unf : méthode optométrique.
Mais le côté défectueux de cet instrument et qui lui interdit, tout aussi bien qu a celui de de Graëfe, tout espoir d'établissement dans le domaine de la pratique, c'est la variation de grandeur des images. Sur des images variant de dimension avec l'état de la réfraction, il n'est point possible de fonderundiagnostictantsoit peu certain : car on ne sait à laquelle des variables rapporter la réponse reçue du sujet : si c'est à la neutralisation de l'anomalie, ou à la production d'une image plus grande.
Ces lacunes sont comblées dans l'appareil que nous allons décrire: l'acuité visuelle et l'état de la réfraction y sont déterminées du môme coup.
c) Optomètre de Badal {Ann. d'oculistique, 1876, 1" livraison). — Cet instrument, des plus simples, est composé d'un tuyau cylindrique muni à l'une de ses extrémités d'un œilleton, et contenant : 1° une lentille bi-convexe fixée à une distance déterminée et constante de l'œilleton (distance que nous définirons tout à l'heure), et 2° du côté opposé à l'œilleton par rapport à la lentille, une plaque photographique servant d'objet de visée et rendue mobile au moyen d'un pignon et d'une crémaillère. Voilà tout l'instrument, plus son support.
Fig. 68.
l 'œil étant appliqué à l'œilleton, et le bord orbitaire en contact avec le rebord de ceurilleton (voyez fig. 68), le foyer principal postérieur de la lentille contenue dans
LEÇON.] OPTOMETRE DE BADAL. 309
|e tube, et le foyer principal antérieur de l'œil coïncident : c'esi-à-dire que la lentille esl fixée à une distance de la cornée égale à la somme de ces deux longueurs focales principales.
En cette situation relative, les deux systèmes lenticulaires, l'œil d'une part, l'instrument de l'autre, réalisent cette combinaison curieuse que nous avons analysée aux §§ 51 et suivants de la 3° leçon, et qui constituent une dérogation apparente aux formules de Gauss. Les rayons parallèles, dans le premier milieu, sont encore tels dans le dernier, le foyer postérieur du premier système se trouvant coïncider avec le foyer antérieur du second.
Mais en constatant que cette combinaison particulière échappait à l'application directe des formules de Gauss, nous ajoutions qu'elle en retenait, en compensation, deux propriétés exceptionnelles qui dédommagaient amplement les géomètres de la perte des premières.
Ces propriétés sont renfermées dans les deux propositions suivantes :
1° Pour un couple de points conjugués du premier au dernier milieu, les distances conjuguées, comptées des foyers principaux des milieux extrêmes, \ et lu sont entre elles dans un rapport constant :
r = -'fr (§52);
2° Dans les mêmes circonstances, quelles que soient les distances conjuguées /, ou |a dans tes milieux extrêmes, les images, dans ces milieux, sont dans un rapport constant et égal au rapport des longueurs focales principales extrêmes :
Ces deux propositions constituent toute la théorie dont l'instrument de Badal réalise l'application.
Ainsi, pour la première, à quelque distance /, que soit l'objet, (plaque photographique mobile), du foyer antérieur de la lentille f, la distance \ de l'image au foyer
postérieur de l'œil, X, = — — /,.
ui,i expression — est une quantité constante: pour tous déplacements de la
plaque photographique égaux à lu 2lu 3lu... les distances de l'image au foyer posté rieur de l'œil seront donc également X2, 2x2, 3x2.
En d'autres termes, à un déplacement par intervalles équidistants de l'objet dans e premier miheu, correspondront, dans le dernier, des déplacements équidistants de 1 image, eu égard au foyer principal postérieur du deuxième système (l'œil).
Comparons maintenant la valeur de ce déplacement A2 = tïi au déplace-
fcaïnSïT f"' ^ 'f th°de d° D°nde,'S; °U Chcrcl,ons' ^d'aunvs termes, que le lentille, placée au foyer antérieur de l'œil, comme dans cette dernière tnéthode, a pour effet de déplacer dans le dernier milieu l'image de la môme quanti,,. :
to'tp"
Pour le savoir, appelons F la lentille de Donders qui réalise cette égalité; nous aurons : - JL (déplacement dans la méthode de Donders) égale = - tt /, dans
le système de I'oplomètre; ou — jv ce qui revient à dire qu'en supposant à la
lentille F la longueur locale correspondant à l'unité de réfraction, nous auron /, = p pour l'étendue du déplacement de l'objet (plaque photographique) qui correspond à l'addition à l'œil d'une unité de réfraction par la méthode de Uonders. De même. 2Z, = 2/"2, correspondront à 2 unités de réfraction,
et ainsi de suite.
Dans cette hypothèse, comme nous venons de le dire, le déplacement correspondant des images dans l'œil se fait aussi par quantités égales,
\ > 2Aj , 3\ , . . . .
Dans l'appareil de Badal, la lentille {f) choisie est d'une longueur focale de ■ 0m062, dont le carré = 0m004.
La graduation de l'instrument est donc des plus simples, puisque les déplacements ■
de l'objet correspondant à des additions ou soustractions de réfractions ^-^ successivement égales, sont eux-mêmes des intervalles égaux; que, de plus, la grandeur de Z, correspondant à l'unité de réfraction, est égale à 0™,004, on n'aura qu'à inscrire en deçà et au delà du foyer antérieur de la lentille, ou zéro de l'appareil, des divisions équidistantes de 4 millimètres. Chaque intervalle représentera une dioptrie métrique. — Il n'est pas besoin d'ajouter que Y excès de réfraction à corriger correspond au mouvement s'exécutant du zéro vers la lentille, et le déficit au déplacement en sens opposé.
IL La seconde proposition, non moins importante, qui sert de base à cet ingénieux appareil est, avons-nous dit, la constance du rapport de grandeur de l'objet à
l'image, quelle que soit la distance Pi du premier. — = — .
L'objet étant constant, les images, dans te dernier milieu, demeurent donc de, grandeur pour toutes les positions de l'objet.
D'après cela, si la dimension de la photographie, servant d'objet, est choisie de façon à répondre au minimum visibile du sujet, à quelque distance qu'on la transporte dans l'instrument, la recherche de l'état de la réfraction pourra toujours porter sur ce minimum visibile.
Une photographie, ou plaque- épreuve, prise sur les échelles typographiques classiques et réduite de façon que l'angle visuel du N° 1 y représente une minute d'arc, remplit donc exactement le rôle des échelles elles-mêmes.
On a obtenu jusqu'ici ce premier numéro, en réduisant le N° 1 des échelles dj M. Snellen, calculé pour 1 pied ou 33 centimètres, à la dimension qu'il devrait avoir pour sous-tendre, à 0m063, le même angle d'une minute. Cette distance est. en efl t celle pour laquelle l'objet arrivé au contact avec la lentille y serait vu sous le m angle qu'à l'œil nu.
Cette remarquable propriété distingue cet appareil de tous les autres de mên* ordre. Elle permet, de déterminer, en même temps, l'acuité et l'état de la réfraction, et le second de ces résultats n'est même réalisé que parce que le premier 1 a été d'abord. . , »
Dans l'appareil de M. Badal. l'étendue du champ de réfraction mesurée, pan de+ 15.8 dioptries positives et va jusqu'à -20 dioptries; soit 35.8 dioptries en totalité; il permet donc de mesurer l'état de la réfraction depuis une myopie de de 2" 1/3, jusqu'à une hypermétropie de 2 pouces.
LEÇOtf.] OPTOMETRE DE BADAL. 311
L'auteur essaie en ce moment, s'il ne lui sera pas possible pratiquement, en choisissant une lentille de 5 centimètres, de donner à son optomètre la même étendue absolument qu'aux boites d'essai, à savoir : de + 20 à — 20 dioptries.
c) Concordance absolue de la méthode optométrique de Badal avec celle de Donders. — Les détails compris dans les paragraphes précédents fondent donc la caractéristique et la mesure du degré de l'amétropie sur la détermination, par la lentille neutralisante de Donders, de la distance dupicnctum remotum réel ou virtuel de l'œil amétrope.
Dans l'emploi de la méthode optométrique de Badal, on mesure directement, non la distance du punctum remotum, conjuguée de l'allongement ou de la réduction en longueur de l'œil, mais directement cette dernière quantité.
On s'en assure en se reportant à l'exposé ci-dessus du mécanisme de l'optomètre de M. Badal ; on voit que, dans ce dernier instrument, les distances successives de l'objet mobile au foyer antérieur de la lentille varient, pour chaque variation dioptrique, d'une unité, par déplacements linéaires égaux; de sorte que tant du côté de l'instrument que du côté de l'œil, c'est-à-dire dans les deux milieux extrêmes, à des déplacements égaux d'un des foyers conjugués correspondent des déplacements égaux de l'autre. Il n'y a que le coefficient qui diffère.
En résumé, les distances de la rétine au foyer postérieur de l'œil qui, dans l'amétropie, constituent le degré de l'anomalie, et sont mesurées, dans la méthode de Donders, par les valeurs successives de la lentille neutralisante (F), sont fournies, dans celle de M. Badal, par les variations également régulières delà distance l, de la plaque-épreuve à la lentille, variations dont la relation avec la lentille neutralisante de Donders est donnée par le rapport constant — = -i- ; formule dans
laquelle — , inverse de la lentille neutralisante, est le nombre même de dioptries expression du degré de l'amétropie.
Hemarque à propos de la plaque photographique servant d'échelle. — Nous avons dit plus haut que dans l'optomètre de Badal, la plaque photographique était une réduction de l'échelle de Snellen.
Quand nous écrivions ces lignes, nous n'étions pas encore suffisamment édifié sur la valeur comparative de cette échelle, ou de la nôtre au point de vue du principe du minimûm separabile.
On a vu au § 111, leçon 7e, que pour être indépendante de l'éclairage, la détermination optométrique devait être établie sur le véritable minimum separabile, c'est-à-dire sur des caractères formés de traits pleins de même épaisseur, séparés par des clairs de même étendue.
Cette remarque est plus nécessaire encore qu'en toute autre application, dans la construction de l'appareil de Badal. Imprimée en clairs se détachant par transparence sur fond noir, l'influence de la quantité de lumière y est plus marquée que dans les tableaux imprimés qui forment les échelles communes. L'acuité du même sujet est donc estimée notablement plus haut dans L'optomètre par transparence que dans lesdites échelles. C'est même dans son usage et dans les différences que mous y relevions souvent, que nous est plus sensiblement apparue h, qualité d'incertitude ou de mobilité que nous avons signalée dans les échelles à caractères isoles (voyez § 112, leçon 7e).
Nous savons d'ailleurs que ces observations ont été appréciées par M. Badal et que ses instruments seront désormais modifiés dans ce sens.
d) Optomètre du D' Loiseau, (Ann. d 'oculislique , t. lxxx, 1» livraison) -Cet instrument n |6 procédé qu'ila pour objet de rendre réalisai, h-, reposent, comme le
312 DIOPTRIQDE PATHOLOGIQUE. fi3c
précédent, sur l'application des propriétés des lentilles associées à l'œil, et que nous avons démontrées en 18G9 et analysées dans la 9e leçon, §§ 144 et suivants de cet ouvrage.
Dans ce travail, nous avions établi que :
1° Lorsqu'une lentille quelconque est placée au foyer antérieur de l'œil, les longueurs locales principales du système résultant demeurent les mômes que celles du second système composant (l'œil) ;
2° Que le premier foyer ou antérieur du système combiné est encore le môme que celui de ce second système (l'œil) ;
3* Mais que le second foyer, ou postérieur dudit système résultant, est porté en
m' a" , avant d'une quantité : ■L-^-\ dans laquelle cp et <p" sont les longueurs focales principales de l'œil, et F la longueur focale de la lentille interposée audit foyer antérieur.
Une première conséquence dérive de ces prémisses : c'est que si la lentille F est positive, l'œil devant lequel on la place est rendu myope par avancement de son
cp' cp"
foyer postérieur, de la quantité ci-dessus : — — ; dans laquelle » et ?" sont les longueurs focales principales de l'œil emmétrope.
cp' cp" - • f
Or, cette même quantité est celle dont la lentille F reculerait ce même foyer
principal postérieur dans l'œil emmétrope, si elle était négative et, par là, neutraliserait la myopie, conséquence d'un éloignement anatomique existant entre l'écran
rétinien et le foyer postérieur, distance égale à cette même quantité : — — .
Tels sont les éléments de dioptrique générale qui ont servi de base à la conception du nouvel optomètre de M. Loiseau : Dans l'œilleton d'un tuyau de lorgnette (fig. 69), il place une lentille de 10 centi-
mètres de longueur focale, et l'œilleton encadre l'œil soumis à l'épreuve, de façon que la cornée soit à très peu près à 13 millimètres de ladite lentille.
L'œil emmétrope en question est donc rendu myope par translation en avant de son foyer postérieur d'une quantité mesurée par :
ce" 15 x 20 300 „ 10e 100 100
Si donc cet œil, emmétrope, paralysé préalablement par l'atropine, est appelé à porter son attention sur une échelle optométrique (dont la grandeur des optotypes
tiKÇON.] OPTOMÈTRE DE LOISEAU. 313
va être tout à l'heure déterminée), placée elle-même à 10 centimètres de la lentille ou du foyer antérieur de l'œil, cette échelle sera très distinctement vue à travers [a lentille, comme elle le serait à l'œil nu par un myope de 10 dioptries
(inverse de 10 centim.).
Maintenant, au lieu d'un emmétrope, supposons que le sujet soumis à l'épreuve soit amétrope; il est clair que cette lecture lui devient impossible.
Admettons de plus que l'on remplace la lentille F de 10 centimètres par une autre de 12 centim. 1/2, et que cette dernière rende au sujet la vision nette des caractères de l'échelle; qu'en conclurons-nous? que la quantité dont le foyer de cet œil a été
<o' cp"
porté en avant ne mesure plus que : 11 était donc -àé^ éloiSné de la réUne
d'une quantité mesurée par :
cp' cp" cp' es" cp'cp" cp' ep"
100'""» 125'"'» 500m"> 0. 50 Ce sujet était donc myope et de 2 dioptries.
Le même raisonnement, appliqué au cas contraire, nous apprendrait que si, au lieu d'une lentille de 125 millimètres de longueur focale, nous avions dû en employer une de 8'6mm, 3 pour rendre au sujet la vision nette de l'échelle, le foyer
cp' cp" to' to"
antérieur de l'œil ainsi éprouvé, eût dû être rapproché de , au lieu de
c'est-à-dire d'une quantité supérieure à la première et égale à
cp' cp" cp'tp" 16.66 tp't?"
ou
cp' cp"
c'est-à-dire de l'écart qui correspondrait à un déficit de réfraction, mesuré par une lentille de 0.50 de foyer ou de 2 dioptries.
L'auteur conclut donc avec raison que si on laisse constante la distance de la lentille additionnelle au tableau optométrique, l'état de la réfraction statique de tout œil à éprouver sera donnée par l'équation :
Am. (mesure de l'amétropie) = 10 N,
N étant la valeur dioptrique de la lentille qui, substituée à la lentille de 10 dioptries, procure la vision nette à l'œil soumis à l'épreuve et paralysé par l'atropine.
Dans cette expression, la valeur positive est, d'après ce que l'on vient de voir, afférente à (V excès de réfraction ou myopie) ; comme la valeur négative est celle qui correspond à (son déficit, ou à l'hypermétropie).
On peut, pour plus de clarté, dire comme l'auteur, que le degré de l'amétropie sera toujours exprimé par la valeur 10 — N, ou N — 10, pris positivement; la première afférente à la myopie, la seconde à l'hypermétropie.
Mesure de l'étendue accommodât ive. — Pour obtenir cette quantité, avant de paralyser l'accommodation par l'atropine, on cherchera le verre le plus faible de ceux qui, substitués à la lentille de 10 centimètres, permettent la lecture. Le maximum d'accommodation obtenu dans cette épreuve donnera lepunctum proximum du sujet.
On s'occupera ensuite du punctum remotum comme il vient d'être dit ci-dessus, '■n paralysant l'accommodation par l'atropine.
L'auteur ajoute à no sujet :
» L'intervention de l'atropine, qui fournit pourtant le résultat le plus exact, n'est pas indispensable à la recherche de l'état de la réfraction ; car, parmi les verres qui permettent la lecture, le plus fort correspond au relâchement complet du muscle ciliaire, comme le plus faible correspond à son maximum de contraction. L'amplitude de l'accommodation sera dès lors obtenue en retranchant le second verre du premier; et la presbytie, la parésie de l'accommodation auront pour mesure la ■ différence qui existe entre A et le chiffre qui représente l'accommodation physiologique afférente à l'âge du sujet. »
Cette réflexion est des plus exactes en ce qui concerne la myopie; mais en cas d'hypermétropie, on n'est que rarement certain d'obtenir ainsi le relâchement complet de l'appareil accommodateur; aussi, dans ce cas, pour avoir des résultatsassurés, rien ne remplace l'atropine.
Calcul de la dimension des optotypes. — Nous avons dit plus haut que la dimension des caractères de l'échelle devait être préalablement déterminée.
Le principe sur lequel est fondé le système optométrique dont nous nous occupons ici rend cette détermination bien aisée :
Dans tout système dioptrique, le rapport de grandeur de l'objet à l'image est
donné par la formule : — jjp = ~ (leçon 2e, § 33).
Or, ici F, est constante, quellequesoit la lentille employée, et égale à <?', longueur focale antérieure du système, soit 15 millimètres.
D'autre part, lt distance de l'objet au foyer principal antérieur du système est également constante.
Pour un optomètre donné, /, étant constant, le rapport de grandeur de l'objet à
son image rétinienne, doit donc aussi être constant et égal à — ; dans le cas con-
sidéré on a donc : — — — — .
Pa 15
Les échelles optométriques adoptées par l'auteur sont établies sur le type de celles de Snellen ; l'épaisseur du trait isolé qui forme le corps des caractères, et qui correspond à l'acuité 1 (physiologique), donne sur la rétine de l'œil emmétrope une
image de 0°"°00ir>; on a donc — Pi == — = 0mn>03 pour 1 umte des ca-
° lo
ractères à 10 centimètres.
Dans le cas où pour étendre le champ d'application de l'instrument, on l'armerait d'une lentille fixe de 5 centimètres de longueur focale ou de 20 dioptries, la plaque d'épreuve devrait porter des caractères deux fois moins épais, ou dont l'unité ne serait plus que de 0mm015.
On voit, par ce qui précède, que la méthode optométrique de M. Loiseau correspond entièrement et comme détermination du degré de l'amétropie, et au point de vue de la grandeur des images rétiniennes, à la méthode de Donders, qu'elle peut très avantageusement remplacer sous le rapport pratique, eu égard au peu de volume et à la facilité de transport de l'appareil.
Nous ne ferons à son endroit que la même remarque que nous avons récemment formulée relativement à l'optomètre de Badal. Nous avons signalé à ce dernier la convenance exposée dans la note insérée par nous dans le numéro des Annales d'oculisticjiœ de mai-juin (1879), à propos du travail de M, Javal sur la physiologie de la lecture, de substituer aux types optométriques, formés de caractères isolés» des types établis sur le principe du minimum separabile.
(Nous n'avons traité, dans cette rapide exposition, que les questions de principes.