LEÇON.] GRANDEUR DE L'IMAGE DANS L'AMÉTROPIE
minué l'arc rétinien du myope, la môme étendue sensible (minimum visibile), exigera donc un angle plus grand que celui mesuré d'abord. L'acuité visuelle relevée était donc en réalité, sous les apparences de l'égalité, inférieure à l'unité.
En d'autres termes, l'acuité mesurée directement (c'est-à-dire sans neutralisation de l'amétropie) donne chez le myope un chiffre trop fort.
Le résultat serait tout contraire chez V hypermétrope. L'image (confuse) que donnerait un objet éloigné dans cet œil y serait plus petite que dans l'œil emmétrope, puisque la neutralisation, qui l'accroît, a pour effet de la rendre égale à celle de l'emmétrope (nous supposons ici l'œil sans accommodation facultative).
Corollaire IL — Acuité visuelle de l'œil accommodé. — Si maintenant celle-ci entre en action, un autre élément entre en jeu : le pouvoir réfringent de l'organe est augmenté surplace; <p' et ?" deviennent plus courts. G2 = f' (la nouvelle longueur focale antérieure) détermine donc encore, pour un même angle visuel, une image ou arc rétinien moindres que dans l'œil emmétrope.
On peut donc dire que, en dehors de laneutralisation pour la distance, l'amétropie par excès donnera, tout étant égal d'ailleurs, une image supérieure au seul terme de comparaison qui existe, celle de l'œil emmétrope — et que le contraire aura lieu pour l'amétropie par déficit.
Si l'on veut maintenant avoir sous les yeux les termes numériques de ces comparaisons, on notera qu'un même angle visuel embrasse des arcs rétiniens proportionnels aux quantités suivantes :
Dans l'œil emmétrope à.. . y' ;
dans l'œil myope à <?' ~\- ^—j- \
dans l'œil hypermétrope à. . / — •
§ 208. — Astigmatisme.
Il existe bien encore une troisième classe d'anomalies de la réfraction statique : elle est connue sous le nom d'astigmatisme, et consiste dans l'inégalité des quantités de réfraction statique dans les différents méridiens de l'œil.
Cette inégalité a pour cause une asymétrie dans la conformation de l'organe qui cesse d'être un appareil centré. L'étude et la correction d'une telle disposition devant reposer, vu le peu d'étendue de nos ressources industrielles, sur la considération des quantités de réfractions propres à deux méridiens seulement do l'œil astigmate — les
deux méridiens les plus différents en réfraction — l'étude dioptrique de cette anomalie ne sera qu'une application de l'histoire des deux anomalies principales par excès ou par défaut des appareils régulièrement centrés.
Elle fera l'objet d'un chapitre spécial (voir leçon 196).