LEÇON.J DIAGNOSTIC OBJECTIF DF L'AMÉTROPIE
former une image réelle et renversée en avant du sujet, et d'autant plus rapprochée de lui qu'est plus élevé le degré de Ja myopie. Cette image est alors, quant à sa perception, dans les conditions
Fig. 67 ter.
d'un objet réel, pour l'observateur qui serait placé au delà du point de concours des rayons qui vont la former, et à une distance de ce point au moins égale à celle de son propre punctum proximum (voir fig. 67, § 204 (moitié inférieure) et 67 ter, ci- dessus).
Dans les deux cas, les vaisseaux, ou autres détails rétiniens, pourront donc être vus à Vœil nu, mais dans des conditions différentes, caractéristiques et que nous allons examiner sous les deux chefs distincts :
Caractères fournis par l'image droite; caractères fournis par l'image renversée.
§ 220. — Caractères fournis par le mouvement apparent de l'image.
a) Image droite {hypermétropie).— Nous avons décrit (au § 211), et la fig. 67 bis, § 219, représente le procédé ophthalmoscopique dit « de l'image droite. » Dans ce procédé, l'observateur, se servant ou non d'un verre concave, voit devant lui une image virtuelle et droite des vaisseaux qui rampent dans les membranes profondes. Ces vaisseaux euxmêmes, qu'il ne voit pas, et leur image virtuelle qu'il voit, sont donc, par rapport cà lui, placés sur des plans différents, les vaisseaux en avant, leur image en arrière. En avant des uns et des autres, et parallèlement à leur plan, se trouve encore le plan de l'iris, par l'ouverture duquel les rayons arrivent à l'observateur. Tirons par la pensée deux lignes droites qui, de l'œil de l'observateur soient tangentes aux deux bords droit et gauche, de l'ouverture pupillaire; entre ces deux droites sera compris (dans le plan horizontal) le champ de vision occupé par l'image virtuelle de la rétine et de ses vaisseaux.
Supposons maintenant que l'observateur fasse un léger mouvem. ni vers sa droite à lui-même : les deux lignes qui circonscrivent ledit champ de vision se déplaceront avec lui, leur point de rencontre dans son œil) se portera sur la droite, le champ de vision au contre se déplacera sur la gauche; ce sont les bords de h, pupille dP
l'œil observé qui servent de points fixes dans ce mouvement inverse.
Les vaisseaux de l'imago droite seront donc successivement cachés par le bord de la pupille du côté même vas lequel l'observateur se portera, tandis que, du côté opposé, apparaîtront de nouveaux vaisseaux précédemment invisibles.
En d'autres termes, les vaisseaux sembleront se mouvoir, défiler devant l'observateur dans le sens môme de son propre mouvement à lui-même.
b) Image réelle et renversée [myopie; voir fig. 67 ter, § 219).
Dans ce cas-ci, avons-nous vu, l'image est en avant, du sujet, et formée par des raj'ons qui poursuivent de là leur route en divergeant.
L'observateur placé au delà, et à une distance au moins égale à celle de son punctum proximum, peut donc l'apercevoir comme il ferait un objet réel.
Comme dans le cas précédent, la portion visible de cette image est encore comprise dans l'angle formé par les deux droites tangentes à droite et à gauche au bord pupillaire et le point nodal de l'observateur; mais, en ce cas-ci, l'image réelle est en avant de l'orifice éclairé formé parla pupille, en opposition avec le cas précédent, où cette image était plus ou moins en arrière du même orifice diaphragmé.
Lors d'un mouvement de l'observateur sur sa droite, cet angle se déplace donc par son sommet vers la droite. Dès lors il découpe, dans l'image renversée de la rétine du sujet, une portion située d'autant plus à droite que le mouvement en question sera plus prononcé.
Or, eu égard au renversement de l'image, sa région droite, à elle, répond à la partie de la rétine située à la gauche de l'observateur. Le mouvement de ce dernier, en s'accen tuant, lui découvre donc des régions rétiniennes situées de plus en plus sur sa gauche. Les parties profondes de l'œil observé semblent donc défiler derrière l'iris, de droite à gauche, pendant le mouvement de l'observateur de la gauche vers la droite : c'est-à-dire en ce cas, en sens inverse de son propre déplacement.
On peut mettre ce double phénomène en toute évidence par un exemple banal.
Une rangée de soldats est placée dans une cour fermée, et un promeneur passe devant la porte qui est ouverte : à chaque pas qu'il fait, il verra un soldat de moins du côté vers lequel il s'avance, et un de plus du côté dont il s'éloigne. S'il se croyait immobile, ainsi que la porte, il lui semblerait que Les soldais défilent devant lui dans le sens qu'il suif en réalité.
Plaçons maintenant le peloton de soldats entre la porte et lui, et supposons qu'il ne puisse voir que ceux qui se détachent dans le jour