LEÇON.] DIAGNOSTIC OBJECTIF DE L'AMÉTROPI E
j de Ja porte, comme dans le cas de l'image renversée ophthalmo- | scopique.
Dans le même mouvement que lors du cas précédent, à chaque pas qu'il fera, le promeneur verra un soldat de plus dans le sens de son propre mouvement, un soldat de moins en arrière.
S'il se croyait immobile, ainsi que la porte, les soldats lui paraîtraient donc défiler en sens contraire du mouvement précédent, ou de son propre mouvement réel.
En résumé, dans le cas d'une image droite et virtuelle, le déplacement des vaisseaux a lieu dans le sens même de celui de l'observateur : c'est le contraire dans le cas de l'image réelle et renversée.
c) Limites de ces applications. — Nous avons exposé au commencement de cette discussion que, dans le cas d'un sujet emmétrope, la perception de l'image droite était, en réalité, par elle-même une limite : on le reconnaît aisément quand on veut lire un mot occupant le foyer même d'une loupe. A peine peut-on y distinguer en traits assez confus une lettre complète : admettez maintenant qu'on intercepte par un diaphragme une zone excentrique de la loupe et que l'on s'éloigne sur son axe, on se rendra compte de l'incertitude du renseignement direct apporté par l'examen ophthalmoscopique en cas d'emmétropie. La notion résultant de cette exploration sera plutôt indirecte, et c'est par exclusion seulement que l'on pourra conclure à l'état d'emmétropie, c'est-à-dire par suite de l'absence de toute perception nette d'image soit droite, soit renversée.
Ajoutons qu'il faut encore que l'observateur soit maître de relâcher à volonté son accommodation. A cet égard, l'ophthalmoscope binoculaire présente un certain avantage sur l'instrument monoculaire. Quand on supprime les prismes convergents placés devant les oculaires, les images fournies par l'instrument sont vues, à droite et à . gauche, sur des axes parallèles, tout disposés par conséquent poulie relâchement accommodatif. Cette circonstance est bonne à avoir en i mémoire à l'occasion.
Passons au cas de l'image droite, dans l'hypermétropie.
Cette image étant formée virtuellement en arrière de l'œil, et apportée à l'observateur par des faisceaux divergents, sera vue à 1 toute distance, comme tout objet placé devant l'observateur, ou bien encore, comme il verrait à la loupe un objet placé en deçà de son foyer principal.
Image renversée. — Celle-ci, avons-nous dit, est réelle, située en avant de l'observé, et d'autant plus voisine de lui que la myopie est plus élevée.
Tout observateur pourra donc la percevoir nettement sous la seule condition d'être placé au delà du lieu qu'elle occupe, et à une distance
J*b DIOPTRIQUE PATHOLOGIQUE. j!5c.
minima égale à celle de son propre punctum proximum. Cette distance minima mesurée de l'œil observé, est donc exactement égale à la somme des deux quantités suivantes (voir fig. 67 1er, g -219) :
1° Distance du punctum remotum du sujet [lieu de l'image).
2° Distance du punctum proximum de L'observateur.
Maintenant il y a lieu de se demander si celte distance qui a un minimum, n'a point de limites également du côté de leloignement.
Or, elle en a une en effet; c'est celle à laquelle l'observateur cesse- • rait de se trouver, au regard de son acuité visuelle et de l'éclairement de l'image, en rapport avec la dimension des détails de l'image.
Dans les cas ordinaires cette distance ne peut guère dépasser ()'".. 'in ou 18 pouces.
La somme des distances du punctum remotum du sujet et du proximum de l'observateur ne peut ainsi communément être portée au delà ; de 18 pouces ou 50 centimètres.
Si donc nous supposons la dernière, la position du punctum proximum de l'observateur, à 6 pouces, il en restera 12 pour le punctum remotum du sujet, ce qui correspond à une myopie de 3 dioptries.
Or, ces suppositions sont des moins forcées, et il n'est pas de presbyte qui, avec le verre dont il se sert pour la lecture, ne les puisse accepter.
Toute myopie de 1/12, 3D et au-dessus, offre donc àl'opbtbalmologiste une image renversée des plus faciles à percevoir.
Avec cette double donnée, le praticien ne peut donc être un instant embarrassé pour poser le diagnostic objectif d'une anomalie de la réfraction, et même pour en apprécier approximativement le degré. Nous parlerons tout à l'beure de la détermination exacte de ce dernier.
Bornons-nous à établir pour le moment ces deux premières propositions :
S'il existe une anomalie tant soit peu notable, les vaisseaux du fond de l'œil sont nettement visibles à Vœil nu. S'ils se déplacent dans le même sens que l'observateur, l'image est virtuelle; dans le sens contraire, elle est réelle.
Le premier cas démontre une hypermétropie, le second, l'existence d'une myopie.
Hypermétropie.— Avec quelque babitude, le diamètre apparent du calibre des vaisseaux dans l'image droite, donne déjà un premier1 renseignement sur le degré de l'bypermétropie.
L'image droite, en effet, est d'autant plus grande qu'elle est plus éloignée, ou que l'anomalie est plus faible (dans l'emmétropie L'imag* virl uelle est à l'infini .
Des vaisseaux fins et déliés annoncent donc une hypermétropie