I. — Partie sensorielle de l'appareil de visio\ bi\oculaire
Trois propriétés caraclérisenl la parlie sensorielle de l'appareil de vision binoculaire :
La faculté de distinguer les impressions de chaque œil, de percevoir en même temps les images binoculaires d'un objet et de les fusionner en une sensation mnque.
Un mode spécial d'extérioration ou de projection de ces images, pour leur localisation dans l'espace.
Ses rapports avec la convergence.
La faculté de percevoir en même temps les impressions binoculaires d'un même objet se traduit d'une manière saisissante par la diplopie, quand les images de cet objet ne se peignent pas sur des parties déterminées de chaque rétine, appelées points identiques ou correspondants.
Mais cette faculté de percevoir en même temps les impressions de chaque œil ne se traduit pas seulement par la diplopie. Dans le fusionnement binoculaire, chaque œil conserve une action individuelle. Il n'y a pas, suivant la comparaison de Donders, « neutralisation de chaque image donnant naissance h une troisième qui diffère de ses composantes comme un composé chimique diffère de ses éléments ' 1) , il y a concomitance de deux impressions, comme le soutiennent HeimhoUz et Reymond (do Turin). Le relief sléréoscopique est la conséquence et la preuve de l'individualité que les deux impressions rétiniennes conservent dans la sensation résultante.
Il est vrai que le fusionnement stéréoscopique a un autre résultat que la production du relief ; il produit la déforma-
DoNDERS. La VLsioQ binoculaii'e cl la pcrceplio Annales d'Ociilùtii/ue, l. LVIll, p, 24.
de la Iroisièine dimen-
tion (les figures observées dans le sléréoscope ou, si l'un préfère, des images de chaque œil, pour les fondre dans une image d'une forme nouvelle. Par forme nouvelle, je n'entends pas seulement le relief, mais la syméliie ou disposition relative des différcnls points de l'image. En d'autres termes, deux figures non symétriques, non superposables géométriquement, donnent lieu à une nouvelle figure parfaitement symétrique. On pourrait croire que ce changement de forme implique la suppression de certaines parties des images de chaque œil — faculté qui d'ailleurs exista réellement et que Donders a invoquée à l'appui de son opinion — il n'en est rien. Ce changement de forme résulte non de la suppression de cerlaines parties de chaque image, mais de la localisation différente dans l'espace des points homologues de chaque image monoculaire, et celle localisation différente, d'où naît d'ailleurs le relief, suppose nécessairement, ainsi que nous le verrons, la synergie d'action de deux rétines, la concomitance des deux impressions dans la sensation résultante.
Les images d'un même objet transmises au cerveau par chaque rétine peuvent donc être fusionnées en une sensation unique ou être pen;ues séparément, donnant lieu à la production de la diplopie. Voyons quelles sont les conditions de leur fusionnement et celles de la diplopie.
Il est d'observation vulgaire, qu'un objet fixé avec les deux yeux n'est vu simple que si les images binoculaires de cet objet se peignent sur des parties déterminées de chaque rétine. Si, pendant que l'on fixe l'objet, ou déplace l'un des globes oculaires avec le doigt, on voit deux objets, parce que, dans ces conditions, les images ne tombent pas ces parties déterminées de chaque rétine. 11 en sera de si l'on déplace l'image sur l'une des rétines à l'aide
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d'un prisme. C'est ce fdit qui a donné naissance à la théorie des points identiques ou correspondants de Jean Mûlier, d'après laquelle il y aurait dans les deux riitines des parties reliées anatomiquement par l'intermédiaire du système nerveux, de telle sorte que l'impression lumineuse de deux points identiques se confonde en une seule sensation, tandis que l'impression de deux points non identiques donne la sensation de deux lumières.
L'identité des rétines qui exprime le mode de fusionnement des images binoculaires, constitue une propriété fondamentale de l'appareil sensoriel de vision binoculaire. Son principe est indiscutable. Comment se fait-il que la théorie des points identiques ou correspondants ait été si disculée, si contestée? C'est parce que la notion de l'idenfilé a été faussée par des conceptions surajoutées.
Pour Jean Mûlier, l'identité des rétines a pour résultat le fusionnement cérébral, rien de plus. Aussi sa théorie des points identiques a-t-elle été désignée sous le nom A' identilé subjeclive. En d'autres termes, il nie la seconde propriété que nous allons étudier, la faculté d'extérioration, la faculté de projeter au dehors nos impressions rétiniennes. Le but même de la vision binoculaire, qui est la localisation plus précise de nos sensations visuelles dans l'espace, serait ainsi manqué, l'appareil de vision binoculaire n'aurait pas sa raison d'être. Pour le célèbre physiologiste, la notion de l'espace visuel est d'ailleurs purement subjective. Nous avons en nous la notion d'espace et nous lui rapportons, comme à. une mesure, notre perception des objets. La représentation de la profondeur du champ visuel n'est pas une sensation, elle est une idée.
La seconde conception par laquelle J. Millier a faussé la notion de l'identité des rétines a été celle de l'horoplére,
c*est-à-dire de la figuration géométrique dans l'espace des points qui sont vus simples avec les deux yeux.
Si nous supposons deux lignes partant de deux points identiques des rétines et passant par le centre optique de cliaque œil. ces ligues iront se couper eo un point de l'espace. Lue lumière placée en ce point de l'espace sera vue simple, parce que ses images binoculaires iront se peindre sur les points rétiniens identiques considérés. A chaque couple de points identiques correspond un point de l'espace. L'ensemble de ces points de l'espace constitue ce que l'on appelle ï/iornjitère.
Le stéréoscope n'a pas tardé à monlrer la fausseté de cette conception, en prouvant que nous avons la faculté de fusionner des images rétiniennes formées sur des points non identiques. Les expériences et les critiques de Wheatstoneont été le point de départ de discussions qui, en réalité, sont sans but. Elles visent une conception fausse de l'idenlité des rétines, elles ne visent pas la propriété elle-même. Avec ridenlité des rétines telle que l'a fuit concevoir l'horoplère, la vision binoculaire serait tout simplement impossible ou du moins très confuse, donnant lieu à la production d'images doubles pour une grande partie des objets contenus dans le cliamp visuel. C'est en vain que Ilelmholtz et Hering ont imaginé des boroptèrcs plus compliqués que ceUii de J. Mtiller. Itu moment que ce sont des constructions géométriques, c'est-à-dire quelque cbose d'absolu, ils ne peuventque donner une idée fausse du fonctionnement de la vision binoculaire. On peut bien se servir de Ihoroptère comme moyen de s'entendre, pour l'exposition des faits, mais on lui attribuant une signification physiologique, ou pose le principe de contradictions irréductibles.
A l'identité géométrique ou anatomique. il faut opposer
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Xidentité physhlogif/ue impliquant une cerlaine élastîcilé de l'appareil nécessaire pour son bon fonctionnement. Il ne faut pas perdre de vue qu'il s'agit essentiellement d'une fonction cérébrale, et, en donnant une formule mathématique à une telle foncLion, on dénature la vérité sous prétexte de la préciser.
La seconde propriété de l'appareil sensoriel de vision binoculaire réside, avons-nous dit, dans un mode spécial d'exiêrioration ou de ju-ojection des imarjes chiielles pour leur localisation dans l'espace.
Le principe de la projection, du transport au dehors de nos sensations visuelles, qui a été le point de départ de la théorie des projections, n'est pas moins certain que celui de l'identité des rétines. Cela deviendra évident, je l'espère, parles développements qui vont suivre et en particulier par l'étude de la vision stéréoscopiquc. Mais pour la théorie des projections, comme pour celle de l'identité, le principe, le fait physiologique, a été faussé par des conceptions surajoutées. C'est ainsi qu'on a pu opposer l'une à l'autre les deux théories, alors que les faits physiologiques qui on ont été le point de départ, sont deux aspects différents d'une même fonction et que, loin d'être en contradiction, ils se complètent et sont inséparables l'un de l'autre.
Toute sensation a son siège dans le cerveau, mais les sens ayant pour but de nous mettre en relation avec le monde extérieur, ce but n'eût pas été rempli si la sensation était localisée là où elle existe réellemenl ; d'où la faculté d'extérioralion commune à tous les sens. Mais pendant que celte faculté d'extérioralion ne dépasse pas la surface du tégument ou des muqueuses pour certains sens, pour l'ouïe et surtout pour la vue elle s'étend, fait remarquable, au
delà (lu corps, au delà du point où l'cxcilalion péripluîrique a lieu.
L'acte visuel comporte donc un double processus, l'un centripète, l'autre centrifuge, le processus d'impression, le processus d'exlérioration. L'existence dans l'appareil sensoriel de la vision de deux espèces de fibres, les unes centripètes, les autres centrifuges, est vraisemblablement en rapport avec ce double processus. S'il est permis d'admettre que les fibres centrifuges découveî-tes par Monakow dans la couronne rayonnante de Keil, allant du centre i visuel cortical aux noyaux întra-cérébraux, servent aux , actions réflexes, on ne saurait aLLribucr le même rôle aux fibres centrifuges découvertes dans le nerf optique et la rétine par Uamoo y Cajalelvan Geliucliten.
Dans le parcours centripète et centrifuge, il faut distinguer le trajet oculaire et le trajel cérébral. Dans le trajet oculaire, toutse passe suivant les lois de la réfraction. Si le double pbénomène avait uniquement l'œil pour siège, comme on semble l'admettre, il n'y aurait pas lieu de distinguer la ligne d'impression de la ligne de projection; elles seraient confondues. Mais dans le trajet cérébral, il : n'en est plus ainsi. Le cerveau peut dissocier les deux processus, séparer les deux lignes, de telle sorte que la ligne de projection ne retourne pas à l'objet d'où part l'impression. Il en est ainsi non seulement dans certains cas de projection anormale, chez les strabiques, mais encore dans ladiplopie J produite par une position vicieuse des globes, ainsi que dans la vision stéréoscopique qui est obtenue, ainsi que j nous le verrons, avec une projection fausse. Dans les cas de ce genre, la ligne de projection, au moment où elle atteint la rétine et commence son trajet oculaire, n'a plus la mCrtie direction que la ligue d'impression, c'est pour cela qu'elle
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ne retourne pas » l'objcl cl qu'elle donne lieu à une projection fausse. Il y a donc lieu de distinguer, dans le trajet oculaire, Vaxe iT impression et Vaxe de projection. L'axe d'impression est la ligne qui du point lumineux passe par le centre optique. L'axe de projection est la ligne qui du point rétinien, par où se fait l'extérioration du point lumineux, passe par le centre optique'.
Remarquons maintenant que, relativement à la position des globes oculaires, il y a deux modes d'oxtérioralion ou de projection différents. Quand nous voyons un objet avec un seul œil, la projection est bonne, c'est-à-dire que nous localisons l'objet là où il est réellement, quelle que soit la position du globe, que l'œil fixe l'objet ou qu'il se porte ailleurs. Il n'y a d'exceptions que pour certains cas de paralysie des muscles oculaires, où le sens musculaire intervient. Nous verrons que ce mode de projection existe également dans la vision avec les deux yeux, que je qualifie de vision simultanée, dans le strabisme concomitant, par exemple, où la vision simultanée remplace la vision binoculaire. Dès que l'appareil de vision binoculaire est en jeu, il n'en est plus ainsi. La direction dans laquelle se fait l'extérioration est déterminée par la position relative des deux yeux. Les deux yeux sont alors associés fonctionnellement, et le moindre dérangement dans l'association de leurs mouvements produit une projection fausse pour un œil et quelquefois pour les deux.
■ Volkmann a disliogué (llelmholtz dit remplacé] les lignes menées par l'image rclinienne et le point uodal postérieur de i'ucil, des lignes normales à la rétine, il les appelle lignes de direction. Mais Uelmliollz et tous les auteurs appellent également ligne de direction la ligne menée du point lumineux au point nodal. llering fait aussi remarquer que u direction lumineuse » et K direction visuelle » n'ont pas le même sens. Mais, ajoute Donders, qui le cite, cette ambiguïté n'a guère d'inconvénients puisque les deux directions coïiicideat, (Anntites li'Uculislique, t. LVIH, p. 33.)
158 RELATIONS FONCTIOiNNELLES DES DEUX YEUX
La vision binoculaire implique donc un mode spécial (fextérioration ou de projection. Cela était d'ailleurs nécessaire pour assurer la rencontre et le fusionnement des images binoculaires en un même point de l'espace. Étant donné ce mode de projection, il faut rechercher comment il assure la rencontre et le fusionnement dans l'espace des images de chaque œil. Ce fusionnement est la conséquence d'une propriété fondamentale de l'appareil visuel qui est la suivante :
Nous localison>i nos impressions rétiniennes binoculawes^ au point de rencontre des axes de projection principaux et secondaires.
Le fait peut être considéré comme évident pour le point ilireolement li\é où convergent les lignes de regard. L'application de cette loi ne souffre pas non plus de difficultés pour les points d'une même image plane, dont les différentes parties sont assez voisines du point de fixation pour que Ton puisse négliger la courbure de la rétine. En effet, les axes secondaires suivant lesquels ces points de Tobjet vont former leur foyer dans l'œiL tombent sur des points identiques lies rétines et, inversement, les images rétiniennes extériorêos sui\ent la même direction et vont se rencontrer àTentre-oroîsemenl de ces axes. Il en est encore ainsi pour des points plus éloignes du point de fixation, pourvu qu'ils Mnout contenus dans une certaine surface corres|>ondant à l'ollo do rhorv^ptoro,
la ditliouUo surgit quand il s\igil de [M>inls situés en deçà
V u ui delà du point dir^vlomenl fixe, en de\*à ou au delà v!o L\ surfaoo de riu>ivplèr^\ Ui géométrie démontre que \s axv^s partant de ces |s>inls et jKissant par le centre
V oiujuo do ohvUjuo voiU uo louilHuit jKis sur des points ivlouti\|uos vies ivtiuoSx ol ui théorie de> points identiques
LA VISION BINOCULAIRE 139
veut que ces points soient vus doubles. Efleclivement, l'expérience démontre que, dam certaines condilions, il en est ainsi.
Si l'on dispose le long d'une règle trois épingles assez distantes les unes des autres et que l'on tienne cette règle horizontalement, l'une des extrémités reposant sur la racine du nez, lorsqu'on fixe avec les deux yeux l'épingle médiane, les deux autres sont vues doubles. Les deux images de Tépingle située en deçà de celle qui est fixée sont croisées, les images de l'épingle située au delà sont homonymes. Celte diplopie dite physiologique, qui se produit conformément à la théorie des points identiques, semble donc en contradiction avec la loi que nous venons de poser. Dans cette expérience, en effet, la localisation ne se fait pas à l'entre-croisement des axes pour les épingles qui sont vues doubles, elle est d'ailleurs fausse pour chaque image, dont aucune ne répond à la position réelle de l'objet. La contradiction n'est qu'apparente.
Remarquons d'abord que, dans la vision ordinaire, les choses ne se passent pas ainsi, sans quoi, lorsque nous fixons un arbre dans un paysage, les arbres situés plus loin ou plus près seraient vus doubles. En réalité, derrière cette contradiction apparente se cache un ingénieux artifice de la nature, grâce auquel nous localisons diffévemmenl dans Fespace les impressions binoculaires suivant quellex résultent de la fusion d'ijnages identiques ou non identiques^ et nous allons voir que cette localisation différente est une conséquence de la loi générale en vertu de laquelle nous localisons à l'entre-croisement des axes de projection. Le stéréoscope va nous en fournir la démonstration, mais, pour cela, il est nécessaire de préciser le mécanisme plti/fiiolo- ^i^ue de la vision stéréoscopique,ceque l'on a omis de faire.
160 RELATIONS FONCTIONiNELLES DES DEUX YEUX
Le propre de la vision sléréoscopique est de fusionner des images perspectives différentes d'un même objet, c'està-dire qui ne sont pas géométriquement semblables. Si, le long d'une ficelle ou d'une longue tige placée horizontalement, Tune des extrémités répondant au milieu de la distance qui sépare les deux yeux, on place des points de repère qui se trouveront à des distances différentes de l'observateur, lorsque celui-ci fixe binoculairement le point le plus éloigné, et qu'il ferme ensuite alternativement chaque œil, il verra les points plus rapprochés se déplacer à gauche pour Tœil droit, à droite pour Tœil gauche. Si, d'autre part, on prend deux photographies d'un paysage en déplaçant, pour chaque photographie, l'appareil d'une distance égale à celle des yeux, ces deux images perspectives différentes du môme paysage réaliseront les conditions géométriques de la vision avec les deux yeux, c'est-à-dire que, par rapport au plan le plus éloigné du paysage, les objets rapprochés se trouveront déplacés à gauche pour Tœil droit, à droite pour Tœil gauche. En d'autres termes, les deux pliotographies étant juxtaposées dans le stéréoscope, les parties homologues, c'est-à-dire qui représentent un même point du paysage, sont d'autant plus rapprochées de la ligne médiane, que, dans la réalité, ces points sont plus rapprodiés de l'observateur. C'est grâce à cette particularité, c'est parce qu'elles réalisent les conditions de ce que llelmlioltz appelle la parallaxe stéréoscopique, que ces photographies ou les dessins d'un objet tracés d'après le même principe, donnent d'une manière si parfaite la sensation du relief.
Ces photographies ou ces dessins d'un même objet ne sont donc pas semblables géométriquement, ne sont pas ^uperposables• Les points homologues de ces figures ne se
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peignent donc pas sur des points identiques des rétines, à] l'exception de ceux qui sont dans le plan le plus éloigné de J l'objet figuré où nous supposons que les axes principaux se^ rencontrent. On les fusionne cependant; d'où la consé-'l quence certaine et déjà mise en évidence par Whealstone,lï que r appareil visuel a la proprïélê de fusionner des images^ rétiniennes qui ne se peignent pas sur des points identiques, c'est-à-dire la propriété de neutraliser la diplopie physiologique dont nous venons de parler.
Les expériences de Whealslone démontrent cet autre fait, dont on n'a pas suffisamment fait ressortir l'importance : La fusion d'images qui ne se peignent pas sur. des points rétiniens identiques, modifie la localisation dans tespace de l'image résultante, c'esl-it-dire que cette localisation est différente de celle qui résulte de la fusion d'images rétiniennes identiques.
Enfin le stéréoscope démontre un troisième fait : La localisation différente dans l'espace des images binoculaires, suivant qu'elles résultent de la fusion d'images rétiniennes identiques ou non identiques, est une conséquetice de la propriété générale en vertu de laquelle nous localisons nos impressions binoculaires à l'entre-croisemenl des axes de profeclion principaux ou secondaires.
Si nous démontrons ce troisième fait, toutes les contradictions disparaissent.
C'est ici qu'il est nécessaire de préciser le mécanisme physiologique de la vision stéréoscopique. C'est pour n'avoir pas fait cette étude préalable, pour avoir considéré ta vision stéréoscopique à un point do vue purement géométrique, que l'on a faussé la question et, par contre-coup, introduit dans l'étude de la vision binoculaire un grand élément de confusion.
La Uiéoric du stéréoscope exposée dans les traités de physiologie et de physique n'est pas exacte.
La vision stéréoscopique est esseDliellement produite par la fusion de deux images d'un même objet, mais quel esl le mécanisme physiologique de cette fusion ? Ou admet qu'elle est le résultat de la superposition des deux figures d'un objet, produisant sur les rétines le même effet que si elles étaient impressionnées par un seul objet fixé par les deux yeux. Ce résultat serait obtenu dans le stéréoscope de Wliealstoue par la réflexion des miroirs, dans celui de Brewster par l'aclion déviatrice des lentilles prismatiques ; enfin, dans le stéréoscope à lentilles simples, les yeux se plaçant en parallélisme et les ligures ayant le même écartement que les yeux, donneraient deux images de l'objet dans la région centrale de chaque rétine, comme si cet objet, situé i!i l'iniini, élail fixé avec les deux yeux.
On oublie un fait fondamental qui, h. lui seul, montre la fausseté de ces trois Interprétations, c'est que, pour obtenir le relief stéréoscopique, la condition préalable est la production de fftulre inui^es, c'est-à-dire que chaque figure soil vue double. De ces quatre images, deux sont fusionnées pour pi-oduire le relief, les deux autres sont inutiles et la cloison du stéréoscope a pour but de les supprimer. Si l'on veut se rendre compte du mécanisme de la vision stéréoscopique, il faut expérimenter sans la cloison.
La vision stéréoscopique esl obtenue non par la superposition de deux figures d'un même objet, maïs d'images subjectives de cea figures, exlériorêes acec projection fausse, c'est-à-dire projetées dans une direction qui ne correspond pas à la position réelle des figures. Pour en comprendre le mécanisme, il faut considérer non le processus dhnpression, main le processus de projectim.
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Quand on regarde dans un sleréoscope, on a immédialomenl la sensalion d'un certain elîort, d'une ccrlnine adaptation de l'appareil visuel pour obtenir le relief. En quoi consiste cette adaptation ? Elle consiste î\ adapter l'appareil visuel pour la vision éloignée, alors que les figures sont plus ou moins rapprochées, c'est-à-dire à relâcher la convergence et l'accommodation, à regarder les figures sans les fixer. Les prismes à base temporale ou les verres convexes ont pour but de faciliter cette adaptation. Ce n'est pas par leur action physique qu'ils produisent la vision sléréoscopique ; ce qui le prouve, c'est qu'avec une certaine habitude on peut obtenir la vision stéréoscopique sans aucun instrument. Le relâchement de la convergence a pour effet de ramener les axes au parallélisme, c'est-à-dire de mettre les yeux en état de divergence relative par rapport à la position des figures, c'est pour cela que chaque figure est vue double, en dîplopie croisée, comme si on louchait en dehors. Les deux ligures sont projetées à gauche par l'œil droit, à droite par l'œil gauche. La sensation du relief naît par la fusion de deux de ces quatre images subjectives exlériorées avec projection fausse. Ce premier fait établi, tout s'explique nalurellemenl, et nous allons voir que la sensation du relief naît en vertu de la loi générale de la localisation des images binoculaires à Tenlre-croisement des axes de projection.
La figure ci-après donne la représentation schématique de la vision stéréoscopique. D est l'œil droit; G, l'œil gauche. K et S sont deux figures dont la vision stéréoscopique donne la sensation d'un cône solide à sommet tronqué proéminant en avant.
La cloison médiane du stéréoscope étant supprimée. deux figures seront vues l'une et l'autre par chaque œil.
ces J
et I
comme les deux yeux, pour obtenir la vision sléréoscopique, se sont placés en état de divergence relative, elles seront vues doubles en diplopie croisée, c'est-à-dire que les
Fig, 3. — Schéma de la vision stêrêoscopique.
IK ivil droit. — G» <vil gauche. — S et K. tigunîs steréoscopiques donnant par le fusionnement U sensation d'un cvNne tronqué. — Kl>, SU. images de ces deux lii?urt?s projetées par l\vil drvùt. — Kii. SIK images de ces deux figures projetées jx»r Tœil gauche. — p a\ axe de projecti».n du point a: n b' axe de projection du point l>. — tes lignes obliques indiquent qu'il faut faire abstraction des ligures K et S» ainsi que de leurs images KIK SG (supprimées par la cloisoD du stetvoscvHH?') pour ne cv>nsivieper que SU et Kli qui. par leur fusion dans l' espace» donnent la vision stereoscopique.
iu\ai;:os oxlorioréos do ces figures seront projetées à gauche pur l'uni divil. à droite par Tœil gauche- Ces quatre images KO Sl> ot K(i S(î. soûl projetées faussement^ c'est-à-dire
LA VISION BrNOCULAIRE
dans une direction qui n'est pas celle des figures qui les ont produites. KD et SG ne sont pas utilisées pour la vision stércoscopique, la cloison médiane du stéréoscope a pour but de les supprimer. Il faut donc faire abstraction et des deux figures K et S et des deux images inutiles KD SG dont la suppression est indiquée dans les figures par un trait, et ne plus considérer que les deux images SD et I\G. SD est l'image de la figure S extériorée par l'œil droit ; IvG l'image de la figure K extériorée par l'œil gauclie.
Si nous supposons les grands cercles extériorés par des points rétiniens identiques, ils seront fusionnés dans l'espace en vertu des propriétés des points identiques et seront localisés dans un plan dont la distance sera déterminée par la rencontre des axes principaux.
Il n'en sera plus ainsi pour les petits cercles. N'ayant pas le même centre que les grands cercles, ils seront nécessairement extériorés par des points rétiniens non identiques et seront vus en diplopie croisée, avec les figures considérées.
C'est ce qui a lieu, en effet, si la sensation du relief ne se produit pas. Mais le propre de la vision stéréoscopique est, ainsi que nous l'avons dit, de réaliser la fusion d'images rétiniennes non identiques, fusion qui s'accompagne invinciblement de la sensation du relief.
Pour comprendre où sera localisée l'image résultant de la fusion des petits cercles, considérons deux points homos « ô de ces petits cercles. Nous savons que ces points sont extériorés par des points rétiniens non identiques et qu'ils doivent être vus doubles si la fusion stéréoscopique n'intervient pas. EfTectivcmcnt, les images de ces points sont extériorées suivant les axes de projeclion/w' elnb' partant des points rétiniens et passant par le centre optique de
166 RELA'nONS FONCTIONNELLES DES DEUX YEUX
chaque œil. Dans le plan du grand cercle, elles sont vues doubles, en diplopie croisée, comme l'indique la figure. Lorsque la fusion des deux images db' s'opère, où sera localisée dans Tespace l'image résultante? D'après la loi de la localisation à rentre-croisement des axes, elle devra être localisée en o, c'est-à-dire dans un plan plus rapproché que celui du grand cercle. C'est ce qui a lieu effectivement et c'est ce qui produit la sensation du relief.
On voit donc que la localisation différente dans l'espace des images binoculaires suivant qu'elles résultent de la fusion d'images rétiniennes formées sur des points identiques ou non identiques, est une conséquence de la loi générale en vertu de laquelle nous localisons nos impressions rétiniennes binoculaires au point de rencontre des axes de projection principaux et secondaires. Ce qu'il fallait démontrer.
Pour contrôler l'exactitude de cette loi, supposons le cas où les deux figures stéréoscopiques ont été dessinées pour donner la sensation d'un cône creux. Les deux petits cercles seront alors extériorés en diplopie homonyme, avant la fusion, c'est-à-dire que les axes de projection des points considérés a b iront s'entre-croiser non plus en avant du plan des grands cercles, comme dans le cas précédent, mais en arrière. L'image résultant de la fusion des petits cercles correspondant au sommet tronqué du cône, sera donc localisée en arrière do la base et donnera la sensation d'un cône creux.
Supposons un troisième cas, celui où, avec les figures slérôosoopiques ordinaires, on produit, par un effort de convergtMioe, Teffel pseudoscopique, c'est-à-dire le renversement dos parties orousos et saillantes. Les yeux, au lieu d*(Miv on état do divorironco relative, ôlant en élal de convergenco exagorôo par rapport à la position des figures, les
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points considérés a h, au lieu d'être extériorés en diplopie croisée, le seront en diplopie homonyme et par suite seront localisés en arrière de la base du cône.
Ainsi quelles que soient les conditions réalisées, la loi de la localisation à l'entrc-croisement des axes de projection est respectée.
La production du relief stéréoscopique est une conséquence de cette loi. C'est en vertu de cette loi que les images rétiniennes identiques et non identiques sont localisées différemment dans l'espace. Les images non identiques sont localisées en avant du plan ou de la surface de localisation des images identiques, lorsque, avant la fusion, elles donnent, dans ce plan, de la diplopie croisée; en arrière lorsque avant la fusion elles donnent de la diplopie homonyme.
La loi de la localisation des images binoculaires à rentrecroisement des axes principaux et secondaires a été formulée par Giraud-Teulon '. Le fait est admis sans contestation pour les axes principaux correspondant à la fixation centrale, mais la localisation à l'enlre-croisement des axes secondaires pour la vision indirecte est très contestée et formellement niée par Nngel et Donders. Ce dernier va jusqu'îi dire : « L'opinion, en admettant qu'elle eût des partisans, que les points vus indirectement apparaissent là ou les lignes de direction des deux yeux se croisent, semble à peine mériter d'être réfutée '. »
Gîrand-Teulon a, commenous-même, demandé la démonstration de sa loi au stéréoscope. Mais cette démonstration
' GiriAUD-TEui-oN. TmilR de lu Vision binoculaire xes anomalips. 1881.
* Donders {Annales il'ocul., l. LVIII, p. 32...). même pas la question.
1860. — Lit Vision H - Ilelmliollz Ht pose
« quelque peu laborieuse », commeillerecoanaUluî-même, n'a pas paru com^luanle, parce que la théorie de la vision stéréoscopique sur laquelle il s'appuie, qui est d'ailleurs celle de tout le monde, est fausse. Il raisonne sur la construction géométrique des figures stéréoscopiques et sur le processus d'impression, ou, tout au moins, comme si la ligne d'impression et la ligne de projection étaient confondues, tandis qu'elles sont essentiellement dilTérentes, la vision stéréoscopique impliquant, comme condition préalable, une fausse projection des images, ainsi que nous l'avons vu.
Nous pouvons maintenant comprendre le mécanisme de la vision binoculaire normale. La vision stéréoscopique, en effet, est une vision binoculaire anormale, ainsi que l'on a pu s'en convaincre par l'analyse que nous avons faite. Elle n'en est pas moins très utile pour l'étude des propriétés de l'appareil sensoriel de vision binoculaire, et c'est grâce aux notions qu'elle nous a fournies que nous allons comprendre l'encUainement des faits dans la vision binoculaire normale.
Figurons-nous un prisme triangulaire, posé verticalement, l'une des arêtes tournée vers l'observateur et répondant k la ligne médiane. L'observateur fixe un point de cette arête sur lequel convergent, par conséquent, les lignes de regard. Les images binoculaires de ce point se formenl sur les deux fossettes centrales, points identiques par excellence. En vertu de la propriété des points identiques, nous ne percevons qu'une seule image. Cette image sera localisée à l'entre-croisement des axes de projection principaux et retournera au point considéré d'où l'impression est partie.
Voyons maintenant ce qui se passe pour les arêtes lalé-
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raies situées dans un plan plus reculé que l'arête médiane sur laquelle convergent toujours les lignes de regard. La géométrie nous démontre qu'un point quelconque de ces arêtes ira former ses images binoculaires sur des points rétiniens non identiques. D'après les propriétés de ces points, le cerveau doit extériorer deux images distinctes du même point. C'est, en effet, ce qui a lieu dans certaines conditions et c'est ce qui aurait lieu toujours si tout se bornait au processus d'impression, si, comme le pensait J. Muller, le cerveau se bornait à recevoir et à enregistrer les impressions rétiniennes. Mais l'acte de la vision comprend une seconde opération qui est celle de la projection spéciale à la vision binoculaire. Dans celte seconde opération, les images doubles, projetées par des points rétiniens non identiques, seront fusionnées, mais avec une localisation différente de celle des points de l'arête médiane directement fixée, localisation qui sera, d'après ce que nous avons établi, en arrière de cette arête et répondra précisément à la position dans l'espace des arêtes latérales et du point considéré.
On voit, en somme, que dans le cas d'images rétiniennes non identiques, objet de tant de discussions, le cerveau corrige, par le processus de projection, l'erreur sensorielle qui résulterait du seul processus d'impression. On comprend alors que si l'on considère l'un ou l'autre processus indépendamment de l'autre, il sera impossible de s'entendre. C'est ce qu'ont fait plus ou moins les partisans de la théorie de l'identité et ceux de la tbéorie de la projection, et c'est la principale cause de la grande confusion qui régne sur ce sujet. On s'explique comment on a pu opposer l'une à l'autre les deux théories et créer entre les faits un antagonisme d'autant plus accusé, que l'on a donné à ces faits des for-
BELàTlONS FONGTIO:
mules absolues comme ccllos de riioroptère ou des sphères de projection Je Nagel. Mais cet antagonisme est artificiel ; les contradictions sont dans les théories, elles ne sont pas dans les choses. Le fait physiologique de l'identité des rétines et le fait physiologique de la projection, loin d'être opposes, sont deux aspects dilîérents d'une même fonction, deux propriétés du même appareil sensoriel de vision binoculaire.
Une dernière difficulté reste à résoudre. Pourquoi les images rétiniennes extériorées par des points non identiques sont-elles tantôt projetées séparément, donnant lieu à la diplopie physiologique, tantôt fusionnées en une image unique? En voici l'explication.
Dans la doctrine évolutionisLe, ce sont les excitations extérieures qui ont développé l'appareil de la vision, comme les autres appareils sensoriels. Les réactions qui caractérisent nos appareils sensoriels sont en relations d'autant plus inlimes avec les impressions ou excitations physiques qui les déterminent qu'elles ont été développées par elles, par une action longue et continue dans la série des êtres. Quand un appareil est le résultat d'une ditTérenciatîon complexe, comme l'appareil visuel, il peut réagir différemment à des excitations différentes. C'est un principe qui me semble indiscutable et que nous aurons à invoquer dans une autre partie de ce travail. C'est ainsi qu'on peut expliquer le fusionnement ou le défaut de fusionnement des images rétiniennes extériorées parles mêmes points rétiniens non identiques.
Le fusionnement de ces images est essentiellement lié à la sensation du relief binoculaire, ainsi que nous l'avons vu. Pour qu'il se produise, il faut que l'excitation rétinienne sollicite celte sensation, c'cst-tVdire détermine la réaction
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cérébrale qui produit celle sensation. C'est ce qui a lien dans la vision naturelle d'un objet solide ou d'un paysage représentant des plans différents, mais c'est surtout dans la production artificielle du relief stéréoscopique que nous avons la démonstration d'une réaction cérébrale particulière provoquée par les excitations qui sollicitent la sensation du relief corporel. Celle réaction est essentiellement propre à l'appareil sensoriel de vision binoculaire.
On s'explique ainsi comment des excitations rétiniennes, en apparence semblables, produisent des réactions cérébrales différentes. Disposons trois épingles en forme de triangle, reproduisant la disposition des trois arêtes du prisme triangulaire que nous avons considéré. Si nous fixons l'épingle la plus rapprocbée, les deux autres, en supposant une distance convenable, seront vues doubles, parce que, dans ces conditions, le cerveau ne rcçoil pas l'excitalion du relief corporel. Voilà pourquoi la réaction cérébrale est différente, bien que les épingles aient la même disposition géométrique que les arêtes du prisme et forment leurs images sur les mêmes points de la rétine.
Les connexions des rétines avec les centres visuels qui caractérisent la partie sensorielle de l'appareil de vision binoculaire, et se résument dans la propriété des points identiques des rétines el dans un mode spécial de projection des images visuelles, ne sont pas également répandues dans toute l'étendue de la rétine.
Les deux fovea qui servent dans cliaque œil à lu vision centrale, sur lesquelles se peignent les images binoculaires de l'objet fixé, constituent, on l'a dit souvent, les points identiques par excellence. Il est probable que pour les fovea l'identité est absolue, c'est-à-dire qu'un objet n'est vu simple
que si les deux images impressionnent rigoureusement le* points identiques de celle région, tandis que, dans les paivl lies voisines, nous savons que l'identité offre une cerlaînef élasticité et que deux images peuvent Être fusionnées, alors même qu'elles ne se forment pas sur des points géométri-^ quement identiques. L'identité absolue des fovea est pro^l babie, parce que l'élasticité qui est indispensable pourl assurer la vision simple de certains points d'un objet, quil forment leur image rétinienne suivant des axes secondaires! dans la vision indirecte, n'est plus nécessaire pour les points directement fixes correspondant à l'axe principal, puisqu&l nous possédons la faculté de faire converger exaclementB les axes principaux sur le point fixé.
11 est donc vraisemblable que l'identité de.s rétines n'offrel pas les mômes caractères dans les Ibvea servant à la lixatioul centrale et dans les parties voisines. En second lieu, lesj connexions qui donnent lieu à la production des poinUJ identiques n'existent pas dans toute l'étendue de la rétioeyJ et vont en s'affaiblissaot à mesure que l'on s'éloigne de Id Fovea. Je renvoie sur cette question aux travaux de Volk-fl mann, Mandelslamm et de Scbœler. Ce dernier, dans travail fait sous la direction de Helmholtz, trouve que l'ojj^ ne peut parler d'identité de la rétine que dans les limite* suivantes, h partir de la fovea, du moins pour ses propres! yeux :
En Iiaut 6""", 50 d'étendue rétinienne; en bas tl°"",lOl d'étendue rétinienne ; en dehors et en dedans 2' d'étendue rétinienne.
Ces résultats ont été obtenus par la fusion sléréoscopiqueJ d'images très simples, h l'éclairage instantané.
Les connexions nerveuses qui servent de base anatomique à l'identité des rétines vont donc en diminuant de I
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fovea ù la périphérie et ne sont pas égiilement développées dans toutes les directions. On peut se représenter les fibres qui se rendent à la fovea comme formant l'axe autour j duquel se développent ces connexions qui, sur la rétine, s'étendent plus ou moins loin suivant les méridiens etJ varient sans doute chez les individus, suivant que leur * appareil de vision binoculaire est plus ou moins développé. Enlin, dans les parties de la rétine où il peut être question d'identité, la faculté de fusionner des points non identiques n'est pas également développée. Ole Bull', appré- •) ciant cette faculté par la possibilité de fusionner un cercle avec des ellipsoïdes, trouve que, dansle méridien horizontal, deux points du champ visuel binoculaire peuvent encore être fusionnés avec une dislance de 30 minutes, tandis que, dans le méridien vertical, le maximum d'ocarlemeiit ne ! pas 20 minutes.