‹ La Vision; étude physiologiqueChapitre 20 sur 22 · II. — La convergeiîcf. partik motrice Dt l'appareil · texte numérisé non relu

II. — La convergeiîcf. partik motrice Dt l'appareil

DE VISION BlNOCULAIRh;

Le fonctionnement de la vision binoculaire, tel que nous I venons de la définir, c'est-à-dire ayant pour base l'identité i des rétines, serait impossible sans la convergence. Ne considérons que les fovea qui, dans chaque rétine, constituent) ainsi que je l'ai dit, les points identiques par excellence. Lorsque nous fixons à l'infini, les axes optiques de chaque œil, partant de la fovea et passant par le centre optique, sont en parallélisme. Dans ces conditions, les images binoculaires d'un objet situé à l'infini viennent se peindre sur les deux fovea et sont fusionnées sans que la convergence

' Ole Elll. Clu-ist

I Yiileiis/ii.tmlf!Hiibs fei-haii'ltinijer, 1897.

inlervienne. Mais k mesure que l'objet se rapproche, si lesl yeux conservetil la même posilion, ses images vont se for-^ mer en dehors des fovea sur des points non identiques et-l l'objet est vu double. La convergence, en dirigeant les 8 sur l'objet tixé à mesure qu'il se rapproche, assure la for-^ malion de ses images sur les fovea, quelle que soit sal distance, jusqu'à la limite du punctum proximum de convergence. Ce qui est vrai pour la formation des images I suivant les axes principaux, l'est (îgalemenl pour celles qui J se forment suivant les axes secondaires, sous les réservei que nous avons faites.

La convergence est donc la propriété de l'appareil visuel I de faire converger les axes oculaires sur l'objet fixé, quelle J que soit ta distance.

Ces considérations démontrent la relation qui unit IsV convergence au fonctionnement de la vision binoculaire etj font prévoir l'existence de connexions unissant la partiel sensorielle de l'appareil à la convergence, qui en représente 4 la partie motrice.

Les mouvements associés de convergence ou de distance ] constituent une fonction à part. Ces mouvements s'exécutent! par des influences distinctes de celles qui président axutm mouvements associés de direction. Voyons quelles sont cesj influences, quels sont les facteurs de la convergence,

Les mouvements de l'organisme ont deux origines, lesfl impulsions volontaires et les impulsions réflexes. Il yl aurait, pour les mouvements volontaires comme pour 1 mouvements réflexes, des subdivisions à établir. Je me borrl nerai à distinguer pour les mouvements réflexes l'actioiiil réflexe directe et l'action réflexe indirecte; j'entends paiH^ action réflexe indirecte le mouvement qui résulte d'une; association musculaire, supposant, non pas l'existence d'ua

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arc réflexe direct, mais une connexiou eolre le centre du mouvement considéré et un autre centre qui reçoit directement l'impulsion réflexe. C'est ainsi, par exemple, que se produit la contraction de l'iris dans la fixation rapprochée; elle est, selon moi, le résultat d'une action indirecte du réflexe de convergence ou de celui de l'accommodation, ainsi que je l'ai exposé dans les conditions anatomiques.

Nous pouvons converger par un elîort volontaire, loucher à volonté, mais cette convergence volontaire n'intervient pas dans l'exercice régulier de la fonction, nous pouvons la négliger. Nous aurons seulement à invoquer l'influence de la volonté pour une condition d'exercice de la convergence que nous étudierons plus loin.

La convergence s'exécute essentiellement sous l'action d'un réflexe particulier que j'ai qualifié de réflexe rélinien de convei-gence. L'existence de ce réflexe est facile à démontrer par une expérience hicn simple que l'on pratique journellement, mais dont la signification a été faussée par la conception psychologique de la vision.

Fixez avec les deux yeux un point noir sur une feuille de papier tlanc; vous le voyez simple. Placez devant l'un des yeux un prisme de 8 à 10", l'arête étant verticale, c'est-àdire de manière que son action déviatrice se produise horizontalement, le point noir est vu double immédiatement, \ puis, après quelques instants, il est vu simple de nouveau. On explique le fait, en lauj^age psychologique, par le besoin de voir simple, par la tendance instinctive à la vision binoculaire, par l'attraction des images, etc. Physiologiqueïnent, il s'explique ainsi : par son action déviatrice le X^risme déplace sur la rétine l'image du point noir, de telle sorte que les images ne tombent plus sur les deux fovea et "n'impressionnent plus des points identiques, d'où la

diplopie. Mais celte excitation île deux points non identiques ' par les deux images d'un même objet détermine, par action réflexe, un mouvement de convergence ou de divergence, qui ramène les images sur des points identiques et fait voir l'objet simple de nouveau.

Il est d'ailleurs facile de démontrer que c'est seulement la convergence que l'on actionne de celte manière. Si, en effet, au lieu de donner à l'arêle du prisme la position verticale, on lui donne la position horizontale, nous ne pouvons plus neutraliser la diplopie ou ne pouvons le faire I que dans une mesure très restreinte. Ce n'est pas que ' j'identifie d'une manière absolue la convergence avec la faculté de modifier les axes dans le plan qui correspond à l'action des muscles droits internes et externes, mais, en fait, les choses sont ainsi parce que, grilce au concours des mouvements associés de direction, qui sont déterminés comme nous le verrons par un réflexe particulier, la con- ] vergence n'a pas à s'exercer dans le sens vertical, si ce n'est.4 dans des limites très restreintes, pour amener la rencontre I des axes sur l'objet lixé.

Pour que le réflexe rétinien de convergence se produise,, | deux conditions sont nécessaires. Il faut que l'excitation ] porte sur les deux rétines contrairement aux autres réflexes \ oculaires qui se produisent dans les deux yeux par l'excitation d'une seule rétine. Il faut, en second lieu, que l'appareil sensoriel de vision binoculaire fonctionne et soit en état de réagir, car nous verrons que l'excitation des deux rétines est impuissante à déterminer le réflexe, quand 1 l'appareil sensoriel de vision binoculaire est altéré.

Ainsi se trouvent établis les rapports de la convergence 1 avec l'appareil de vision binoculaire.

Le réflexe rétinien de convergence constitue le facteur

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essentiel de la convergence, mais il n'est pas le seul.

Lorsque nous fixons à des distances de plus en plus rapprochées, deux actes musculaires interviennent pour la vision distincte : l'accommodation dont le but est d'obtenir sur la rétine une image nette de l'objet fixé, c'est-àdire de le faire voir distinctement de chaque œil, et la convergence dont le but est de la faire voir simple avec les deux yeux.

La relation qui unit la convergence ^l'accommodation est connue depuis longtemps en ophtalmologie; elle est telle que, dans les conditions normales, nous ne pouvons accommoder sans converger, ni converger sans accommoder. L'elTort accommodatif détermine un effort de convergence même lorsque nous fixons avec un seul œil.

L'accommodation constitue donc un nouveau facteur de la convergence. Il est moins essentiel, au point de vue physiologique, que le réilexe rétinien de convergence ; il agit d'ailleurs par un mécanisme tout différent. La relation qui unit la convergence ii l'accommodation est le résultat d'une association musculaire. Comme toutes les associations musculaires elle offre une certaine élasticité et elle est susceptible de se modifier pour s'adapter aux besoins de la fonction. Cette relation se modifie, en effet, incessamment pour permettre la vision binoculaire, dans la presbytie, l'hypermétropie, la myopie, qui impliquent l'intervention de la convergence et de l'accommodation dans des proportions différentes.

Le réfiexe rétinien de convergence et l'accommodation constituent les facteurs principaux de la convergence, mais la convergence peut s'exercer encore par d'autres influences.

Supprimons l'influence de l'accommodation par l'atro-

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