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I. Forel. Psychologie comparée. L'Année psychologique t

XII. Du spectre photo -effecteur (rayons lumineux qui produisent des photo-réactions). — Chose assurément remarquable, malgré les différences énormes dans la constitution analomique des organes photorécepteurs, il semble que les rayons qui impressionnent la rétine humaine sont efficaces également chez les animaux à travers toute la série animale, et que les rayons « visuellement w inefficaces chez l'homme, le sont également chez les animaux ; le spectre photoeffecteur des animaux est en somme partout le même et se couvre avec le spectre lumineux de l'homme. Cette conclusion se dégage très sensiblement des travaux de R. Dubois, Willem, Loeb, Nagel, P. Bert, Engelmann, etc. — Les assertions discordantes de Gra- BER, LuBBOCK ct FoREL demandent à être examinées de plus près. D'après ces auteurs, les fourmis notamment seraient réceptives pour les rayons ultraviolets.

Vers le milieu de ce spectre cette action est au maximum, à partir duquel elle diminue. Or, le maximum du spectre lumineux de l'homme est dans le jaune. Le maximum photo-effecteur des animaux serait un peu plus vers le bleu ou dans le bleu lui-même. La courbe des intensités de ce spectre se couvrirait donc sensiblement avec la courbe des intensités lumineuses de l'homme qui ne regarde qu'à l'aide de ses bâtonnets (dans l'obscurité, voir plus loin). De cette similitude, on pourrait argumenter que dans toute la série animale, le processus de photo-réception est de nature chimique, et consiste dans la transformation d'une erythropsine, substance que d'ailleurs Hesse a trouvée dans certaines cellules photrices élémentaires.

XIII. Adaptation des organes photo-récepteurs pour certaines intensités lumineuses. — INous avons déjà touché (p. 44) la question de Tadaptalion des organes photo-récepteurs. Revenons-y, pour la raison que bon nombre des faits afférents ici sollicitent encore souvent des explications psychiques, alors que certainement le déterminisme en est purement physiolo-

La question intégrale est celle de savoir à partir de de quelle intensité minimale la lumière (solaire par exemple), commence à produire une réaction {seuil de la réceptivité), puis jusqu'où cette intensité peut croître sans produire des effets pathologiques.

Sous le rapport du minimum de lumière efficace, il y a d'énormes différences d'un animal à l'autre. Les insectes ailés nocturnes sont mis en mouvement par des intensités absolument inefficaces pour les espèces diurnes. Une intensité suffisante pour provoquer le vol (héliotropique) chez un papillon nocturne est insuffisante pour mettre en mouvement un papillon diurne. Les abeilles ressemblent sous ce rapport aux papillons diurnes. Une intensité faible, mais efficace, provoque chez le papillon diurne et chez l'abeille des mouvements de marche ; pour qu'elle excite le vol, elle doit être forte (lumière solaire). Les oiseaux diurnes ressemblent, au degré près, aux abeilles. Leurs photo-réactions ne se produisent plus avec une lumière faible qui nous permet à nous de nous guider très bien et délire. Au contraire, les oiseaux nocturnes (hiboux) et les chauves-souris se guident à une intensité lumineuse tellement faible qu'elle est presque sans effet photo-moteur pour l'homme.

Les organes visuels des abeilles, des papillons diurnes, des oiseaux diurnes, etc., sont, comme on dit, (c adaptés » pour une forte lumière ; ceux des papillons nocturnes, des hiboux, d'autres animaux encore (mammifères nocturnes) sont adaptés pour une faible lumière. Des intensités supportables pour les oiseaux diurnes (les papillons diurnes et les abeilles) ne le sont plus pour l'œil humain, et des différences pareilles existent entre invertébrés, selon qu'ils ont des mœurs diurnes ou nocturnes. En résumé, chaque animal a un optimum de l'éclairage, pour lequel on le dit « adapté ». A une lumière plus faible, il « est aveugle », alors qu'un autre animal « y voit » encore très bien. Une clarté favorable pour un animal peut éblouir, « aveugler » un autre.

L'oiseau nocturne y voit encore à une clarté inefficace chez l'oiseau diurne. L'homme est ébloui par une clarté (lumière solaire directe) bien supportée par l'oiseau diurne. Les chauves-souris et les hiboux, la mite, etc., sont éblouis par la lumière diffuse du jour et ne volent que la nuit, à une lumière très faible, efficace et non éblouissante pour eux.

A côté de cette « adaptation constante », il y a une « adaptation variable », au moins chez beaucoup d'espèces, notamment chez l'homme. Si après un séjour prolongé dans un appartement obscurci, nous allons dans une grande clarté, nous sommes d'abord aveuglés, éblouis. Et si après nous être adaptés à cette forte lumière, nous retournons dans la faible clarté, nous n'y voyons d'abord rien, jusqu'à ce que notre organe visuel se soit de nouveau adapté à cette faible clarté. Une adaptation variable du même genre existe

clicz beaucoup de mammifères, même à un plus fort degré que chez l'homme. Le chat, le chien, le cheval y voient au grand jour, mais aussi à une clarté qui est à peu près sans effet photo-moteur pour nous, à laquelle nous n'y « voyons » pas.

Les deux espèces d'adaptations semblent résulter de mécanismes périphériques, situés dans l'organe photo-récepteur ou dans son voisinage immédiat. La mieux étudiée est l'adaptation variable. Chez l'homme elle est double (voir plus loin) ; elle est due aux variations (réflexes), du diamètre pupillaire, et puis aux migrations (phototropiques?) du pigment rétinien, qui à la clarté émigré autour des cônes et des bâtonnets, et les met plus ou moins à l'abri de la lumière. Le pigment joue le rôle d'écran opaque mobile, sans lequel la forte lumière épuiserait trop vite les substances photrices (rouge rétinien, etc.). L'adaptation pupillaire est plus rapide; elle disparait du reste dès que la seconde est réalisée. — L'adaptation variable semble réalisée chez tous les vertébrés de la même façon que chez l'homme. Le jeu pupillaire de certains requins (chats de mer), mais aussi celui des Céphalopodes littoraux, est très énergique. A la clarté du jour, leur pupille se ferme tout à fait (Th. Béer) ^ ; c'est la raison pour laquelle ces animaux restent immobiles (dorment) pendant le jour. Dans une faible clarté, leurs pupilles se dilatent, et à rapproche de la nuit seulement ils se mettent en mouvement; et alors la lumière d'une allumette suffit pour faire contracter énergiquement la pupille des

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