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I. LoTZE. Medicinische Psychologie. Leipzig, iSûa

une espèce de synthèse de toutes sortes d'autres sensations, tactiles, musculaires, accompagnant les mouvements oculaires. Nous verrons que l'excitation d'un point de la périphérie rétinienne provoque un mouvement oculaire (et même un mouvement de la tête) qui amène le point lumineux en fixation. Ce mouvement diffère de direction selon que le point rétinien éclairé est à droite, à gauche, etc., de la foyea rétinienne ; il est d'autant plus excursif que le point excité est plus excentrique. Ce seraient les sensations musculaires et tactiles occasionnées par ces mouvements qui constitueraient le signe local visuel. Toute représentation de direction résulterait du souvenir des sensations musculaires et tactiles nécessaires pour faire migrer le regard d'un point fixé à l'autre.

Nous soutenons que notre conscience ne nous dit absolument rien de ces prétendues sensations accompagnant les mouvements oculaires, ni des sensations musculaires, ni même des sensations tactiles. Ce n'est que par l'observation de notre semblable, ou de nous-même dans un miroir, que nous avons conscience des mouvements des yeux, jamais par introspection. Il en est ainsi à toute évidence des prétendues sensations musculaires ^ Quant aux sensations tactiles, peut-être qu'en s'observant avec force attention, finira- ton par en démêler quelque trace vague lors des mouvements oculaires très excursifs. — Ainsi nous aboutissons encore une fois à des sensa-

I . Pour l'exposé des sensations musculaires, voir Woodworth. Le Mouvement j igoS, p. 5 (Celle « Bibliothèque »).

lions inconscientes, ou bien aux sensations « subconscientes » de certains auteurs. Mais voudrait-on baser sur ces vagues sensations, dont l'existence même est problématique, un fait aussi précis et déterminé que la projection visuelle? Sensations subconscientes ou sensations inconscientes, c'est en l'espèce choux vert et vert choux.

3* On a aussi recherché l'élément sensoriel constitutif du signe local dans les « sensations de l'innervation motrice», accompagnant les mouvements nécessaires pour amener en fixation un point lumineux vu indirectement. La sensation d'innervation serait un état de conscience accompagnant toute innervation motrice, mais bien différent de la volonté'. L'intensité de cette sensation renseignerait et siir la direction et sur le degré de l'écart angulaire entre un point lumineux périphérique et le point de fixation. Le souvenir de cette sensation aurait fini par adhérer à la sensation lumineuse, et déterminerait la localisation de cette dernière.

Les sensations d'innervation ont été admises surtout pour expliquer certaines observations que les sensations musculaires et les sensations tactiles paraissaient impuissantes à expliquer. Du nombre de ces faits sont les deux suivants : a) Les sensations musculaires (et tactiles), dit -on, nous renseignent sur les mouvements passifs octroyés à nos membres. Or, un œil auquel on imprime un mouvement passif localise comme s'il ne s'était pas déplacé ; son porteur n'est donc pas renseigné sur le déplacement, ce qui semble

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