Parïnaud. Loc. cit
2. Reddingius (R.-A.). Das iensumotorische Sehwerkzeug. Leipzig, 1898.
un simple épiphénomèuc psychique de certains processus nerveux provoqués par les photo-réceptions. Pour ce faire, nous éviterons soigneusement de partir des états de conscience visuelle, par exemple des sensations visuelles. Notre étude de la vision chez les animaux nous indique la voie à suivre chez l'homme. — Les efforts des auteurs qui se placent sur le terrain physiologique ayant porté plus particulièrement, soit sur la question des sensations visuelles (Hering, Parinaud), soit sur celle de la vision binoculaire (IIering, Parinauï), Reddingius, etc.); toute leur doctrine de la vision objective devait rester sans base solide. Cette base en effet doit être fournie par la vision radiaire, monoculaire.
Nous espérons pouvoir fournir, sinon cette base véritable, au moins quelques pierres pouvant servir à la construire.
LA PROJECTION RADIAIRE ENVISAGÉE A UN POINT DE VUE EXCLUSIVEMENT PHYSIO- LOGIQUE.
VI. Mouvements visuels, réflexes et volontaires. Photo-réactions somatiques et oculaires. — Avant d'aborder le fond de la question, éclairons notre marche de deux remarques préalables. Dans chaque question de projection, de vision corporelle, nous rencontrerons des mouvements, des contractions musculaires qui, la plupart du temps, ont les caractères de mouvements réflexes incités par des photoréceptions, et qui, quelquefois, peuvent être plutôt qualifiés de volontaires. Pour ne pas embrouiller notre exposé, nous allons d'abord les envisager en
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tant qu'ils sont réflexes. Plus loin nous les reprendrons en tant que volontaires. — Signalons aussi dès maintenant une distinction fondamentale entre les mouvements visuels. Tous sont des photo-réactions. Les unes sont somatiques (photo-réactions sur le corps ou sur des parties du corps, celles-ci tenant lieu de celles-là), nous mettent directement en rapport avec le monde extérieur. Les autres sont des photoréactions oculaires (sur les yeux). Les premières constituent les vraies photo-réactions, qui existent seules à l'origine phylogénétique de l'organe visuel. Elles sont le « but » physiologique, la raison d'être des photo-réceptions. Les secondes, les photo-réactions oculaires, ne sont pas un but physiologique des photo-réceptions, mais un moyen pour assurer les photo-réactions somatiques dans des sens déterminés.
YIL Des photo-réactions somatiques élémentaires. L'homme héliotropique. — Quels efiets moteurs produiraient les photo-réceptions chez un homme (imaginaire), ne possédant originairement qu'un seul bâtonnet ou cône rétinien ? — Cet homme se mouvrait évidemment à droite, à gauche, en avant, en arrière, etc. Mais il est certain que le plus souvent il ne le ferait pas en vertu de ses photo-réceptions. Une lumière promenée autour de lui ne provoquerait une réaction que si elle éclairait l'unique bâtonnet. Cette réaction serait somatique, et, déplus, d'essence héliotropique. — Ces deux caractères fondamentaux de la photo-réaction sont généralement masqués chez l'homme liormal, réel; chez lui, la photo-réception provoque généralement un mouvement oculaire qui
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^ïnène la lumière en fixation, puis seulement survient 'e mouvement somatique, en qualité de photo-réflexe fovéal. Mais cela résulte de la complication de l'organe Visuel humain, complication qui masque les propriétés fondamentales des photo-réceptions non fovéales. Chez ^otre homme idéal, à un seul bâtonnet, le réflexe ^^r l'œil ne se produit pas ; la photo-réception produit <^ 'emblée un photo-réflexe somatique. — Cet état est ^PX^xoximativement réalisé dans les cas pathologiques 0^ xin petit îlot rétinien fonctionne seul ; tantôt c'est "'*-^ partie périphérique, tantôt c'est la fovea. Le dernier ca^ réalise même tout à fait notre hypothèse, attendu ^^■-^^ chez l'homme réel aussi, les photo-réceptions l^^^^^alcs ne produisent aucun mouvement oculaire, ïï^*-V îs seulement un photo-réflexe somatique. Dans c^^^^taines conditions idéales, consistant dans le repos c^^^bral absolu et en l'absence de toutes autres réc^ Jetions (absence de toutes endocinèses et exocit^fe^es), c'est invariablement vers la lumière que se o^é place le corps en totalité, ou au moiiis en partie (tronc, tête, mains), la photo-réaction somatique partielle tenant lieu d'une photo-réaction somatique totale.
Lo caractère de mouvement d'attaque ou d'héliotropic positive de cette photo-réaction somatique ressort à lévidence d'observations faites sur des enfants. Dans l'obscurité, l'apparition d'une lumière provoque un mouvement du corps vers la lumière, déjà et surtout chez le nourrisson tenu sur le bras de sa nourrice. Chez lui, les influences frénatrices cérébrales ne se font pas encore sentir comme chez l'adulte édu(jué. On sait qu'il en est de même du vertébré supérieur adulte qui n'a pas été dressé pour ne pas exécuter cette pliototropie. — Chez
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riiommc adulte, ces expériences réussissent encore en chambre noire, mais la réussite est plus difficile parce que le « repos cérébral » ou « l'état héliotropique » y est difficile à réaliser.
.Une différence importante entre la chenille héliotropique et l'homme muni d'un seul bâtonnet est que pour des motifs purement physiques, l'organe photo-récepteur de la chenille est accessible à la lumière venant de tous les côtés, tandis que celui de l'homme ne peut recevoir des rayons que d'une seule direction. Les choses s'égalisent davantage si l'homme au seul bâtonnet porte une cataracte, qui diffuse la lumière dans l'œil ; alors une source lumineuse placée n'importe où, dans le champ visuel, peut provoquer le mouvement. Seulement, la chenille se dirige vers la lumière réelle, tandis que cet homme se dirige toujours vers l'endroit où la lumière devrait être pour éclairer normalement le bâtonnet en question. 11 y a chez l'homme une dioptrique rétinienne, en vertu de laquelle la lumière n'arrive normalement dans l'organe photo-récepteur que suivant une seule direction. Chez la chenille, les choses se passeraient d'une manière analogue, si on l'éclairait moyennant un miroir fixe qu'on inclinerait de façon à éclairer l'animal avec des positions très diverses de la source éclairant : il se dirigerait toujours vers le miroir, quelle que fût la situation de la source lumineuse. Chez J'homme, la dioptrique rétinienne fait l'oûice de ce miroir.
VIII. Valences motrices somatiques des photo-réceptions. — Passons maintenant à la rétine renfermant un très grand nombre de cônes et bâtonnets, mais dans un œil d'abord supposé immobile. Alors chaque cône ou bâtonnet, pris isolément avec ses connexions nerveuses et musculaires, provoquerait un mouve-
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ment d'attaque, une phototropie positive spéciale : un bâtonnet situé à droite dans la rétine provoquerait un mouvement soma tique hélio tropique ou d'attaque vers la gauche ; un bâtonnet gauche, un mouvement vers la droite, etc. — Chez l'homme réel, ces mouvements « d'attaque » multiples ne se produisent généralement pas, à cause des mouvements oculaires (voir plus bas).
Cette multiplicité des photo-réactions somatiques ressort peut-être avec plus d'évidence de l'examen des photo-réactions somatiques de défense. Dans certaines conditions (dépendant de l'état momentané du cerveau), chaque photo-réaction provoque, non un mouvement d'attaque, mais* un mouvement élémentaire de défense, de répulsion. Et ce mouvement diffère selon le bâtonnet rétinien en cause, à peu près comme chez la mouche (voir p. 74).
Chaque bâtonnet ou cône, avec ses connexions nerveuses et musculaires, est donc un organe visuel à part, doué d'un effet moteur somatique à part, mais univoque ; il est comparable à l'organe visuel total de la chenille (voir p. 33 et suiv.). Chez l'homme, il y a donc un très grand nombre d'organes visuels élémentaires, dont chacun a sa motricité somatique ou sa valence motrice somatique à lui, bien déterminée, et déterminée surtout pour des raisons de mécanique cérébrale. — On peut parler de la valence motrice d'une photo-réception au même titre que de la motricité d'un territoire cortical, et même de celle d'un nerf musculaire. Ce nerf lui aussi est moteur pour des raisons anatomiques (parce qu'il aboutit à un muscle). — La forme de la photo-réac-
NUKL. q
tion provoquée par un œil élémentaire dépend de ses connexions nerveuses et musculaires.
De même aussi chez le vertébré un peu supérieur (chien, etc.) Texcitation tactile (non excessive) d'un endroit de la peau d'une extrémité provoque une réaction réflexe plus ou moins diflerente de celle occasionnée par l'excitation d'un autre point, à moins que les deux soient très voisins.
IX. Différences entre les photo-réactions somatiques suivant l'étendue de là rétine. — Voyons d'abord, dans le langage habituel, plus ou moins psychologant, ce dont il s'agit. Le pouvoir de distinction, l'acuité visuelle est très diversement répandue sur la rétine. / Elle n'est parfaite qu'au niveau des 600 cônes de la fovea. Dans l'entourage immédiat de ce point (dans la macula lutea), elle est déjà fort diminuée ; elle va d'ici en se réduisant de plus en plus jusqu'à l'extrême périphérie rétinienne. Pour un écart (dans le champ visuel) de 10** seulement, par rapport au point fixé (dont l'image tombe sur la fovea), elle n'est plus que de 7 centièmes de la normale ; à 35** d'écart, c'est à peine si on compte les doigts à un mètre. Au delà de cette limite, à l'extrême périphérie du champ visuel (4o-45**), on n'aperçoit un objet que s'il se meut. Pour distinguer les détails d'un objet, pour reconnaître une figure humaine, on doit la fixer. Par contre, les rapides modifications de l'éclairage et les mouvements des objets se remarquent dans la périphérie du champ visuel aussi bien que contre le point de fixation. — La vision à l'aide de la foveà sert à distinguer les détails visuels des objets ; celle avec le restant
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de la rétine sert à la grosse orientation (de la marche, de la course) parmi les objets environnants, etc.
Essayons d'exprimer cela en langage physiologique. — Nous disons que les photo-réactions de la périphérie rétinienne ne diflfèrent que grossièrement entre elles \^ la régulation de nos mouvements qui en résulte est peu détaillée, et on lui reconnaît le plus souvent les caractères des moto-réactions. Les photoréactions se spécifient d'autant plus qu'on se rapproche davantage de la fovea, dans laquelle elles sont très détfiillées et acquièrent au plus haut degré les caractères des icono- réaction s, c'est-à-dire que les mouvements somatiques sont réglés par lès fins détails visuels des objets.
Remarquons aussi que bien peu de nos mouvements sont excités par des photo-réceptions ; et dans ce cas, ce sont ou bien des espèces d'héliotropies positives, ou bien des réactions plurivoques (voir pp. 74 et suiv.) à des variations de l'éclairage. La plupart du temps, nos photo-réceptions se bornent à <( régler » visuellement un mouvement excité par des motifs autres que des photo-réceptions, et que nous n'avons pas à examiner ici. C'est ainsi que lorsque je me rends le matin dans ma clinique, mes mouvements sont guidés, réglés par mes photo-réceptions ; le mouvement n'est pas excité par les photo-réceptions. Mais c'est là une régulation grossière, à laquelle la périphérie rétinienne suffit ; et de fait, elle résulte surtout des photo-réceptions non fovéales.,11 y aurait même des inconvénients (voir pp. 98-99) à régler ma démarche par le mécanisme plus subtile des photo-réactions fovéales, très fines et trop spécifiées à cet effet. En
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grande partie, cette grosse régulation visuelle de mes mouvements est composée de moto-réactions, rappelant celles qui guident le colimaçon rampant (p. 74), l'abeille volant (p. 91), le chien courant (p. 96). — Par contre pendant que j'écris ou dessine, j'exécute un mouvement somatique partiel, d'origine non visuelle (au moins ne dépendant pas de photo-réceptions actuelles), mais qui est réglé finement par les photoréceptions fovéales. Celles-ci sont à même de provoquer des réactions bien autrement spécifiées que celles suscitées par les photo-réceptions non fovéales. Il s'agit là d'une icono-réaction (p. 82) finement détaillée, dans laquelle, si on voulait y insister, on reconnaîtrait encore les éléments de moto -réactions, la régulation visuelle étant provoquée, suscitée précisément par les mouvements de la plume écrivante.
Nous nous figurons que sur la périphérie rétinienne, un certain nombre de cônes et de bâtonnets font partie du même œil élémentaire, ont la même motricité somatique. Vers la fovea, le nombre des cônes et des bâtonnets afférents à un œil élémentaire se restreint. Et dans la fovea elle-même, chaque cône * aurait une motricité à part, appartiendrait à un œil élémentaire à part.
De même aussi l'excitation tactile (adéquate, non excessive) de la peau provoque des réactions diverses, selon l'endroit excité. Mais sur la main, et surtout à
i . Peut-être même des fractions de cône fovéal auraient des motricités à part (voir J.-P. Nuel, Arch. de Biol.j i884, et l'article « acuité visuelle » dans le Diction, de PhysioL de Ch. Richet, 1895.
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*^ face palmaire des phalangettes, il suffit, pour provoquer deux tango-réactions différentes, d'un écart ^ntre les deux points excités moindre que sur le bras, ^l surtout moindre que sur le dos. Les différents en- ^ï^oits de la peau ont une tango-motricité à part, et ^^tte motricité est plus spécifiée à la face palmaire ^Çs phalangettes.
Lci comparaison avec les tango-motricités de la peau âU£-^^t suffi à la rigueur pour faire comprendre ce qu'il 'àut:, entendre par « photo-motricités élémentaires, mais plu ï^îvalentes, de la rétine ». et peut-être aurions-nous pu i^ois^ ^ borner à relever l'analogie entre les deux — ce qui ^"'^■^it eu l'avantage de raccourcir l'exposé de cette quest*^*^ fondamentale.
^^î nous avons insiste longuement sur le caractère hcï'îotropique de certaines photo-réactions somaliques, c<^^%, pour le motif suivant. — Les tango-réactions sont \e X^lus souvent des réflexes de défense, de retrait du corj)s. \\ fi^t vrai que certaines formes élémentaires du photot^Qexe (somatique) ont, eux aussi, ce caractère de détetise (p. i45). Mais il nous semble que la plupart du temps les photo-réactions élémentaires sont des réflexes d'attaque, rappelant les héliotropies positives à certains égards, et en différant sous d'autres. Nous inclinons même à voir chez l'homme, dans le photo-réflexe d'attaque la véritable photo-réaction élémentaire, primitive, et dans le photo-réflexe de défense un fait physiologique plus compliqué, secondaire.
X. Photo-réceptions multiples et simultanées. Point ou objet visuel. — Plus haut, nous avons envisagé des photo-réceptions d'un seul organe visuel élémentaire, ayant une seule motricité univoque. Mais en cas
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d'icono-réaction, et en général lorsque le champ visuel est éclairé tout ou en grande partie, il y a en cause des photo-réceptions multiples, de plusieurs organes visuels élémentaires, et il est de toute impossibilité que plusieurs valences motrices visuelles fassent ' sentir simultanément leurs effets sur le corps. Si Tune de ce^ motricités existait seule (dans les conditions hé^ liotropiques, voir p. i43) elle sortirait certainement ses effets. Lorsque plusieurs photo-réceptions coexistent, très souvent aucune ne produit un effet musculaire ; ces motricités sont supprimées^ Mais elles ne sont supprimées que dans leur phase ultime, musculaire. De nombreux faits démontrent qu'elles existent parfaitement dans leur partie nerveuse, cérébrale ; seulement des influences frénatrices cérébrales les empêchent d'évoluer jusque dans leur terme ultime, musculaire. En partie au moins les valences motrices coexistantes se contrarient réciproquement ; elles sont frénatrices l'une pour l'autre.
Dans beaucoup de circonstances, un point lumineux dans le champ visuel largement éclairé peut rendre manifeste la motricité de l'œil élémentaire qu'il excite ; et cette motricité peut alors être étudiée à peu près comme si elle était sollicitée seule. Souvent, dans ce qui suit, nous supposons ainsi une pholoréception efficace, quoique coexistante avec beaucoup d'autres. Un point lumineux dans le champ visuel non obscur devient eOicace, il est rendu « visuel », par deux procédés principaux : a) par la variation de son éclairage, et b) si nous y portons l'attention. — Plus loin, nous ramènerons l'attention sur le terrain physiologique. — Pour ce qui est des variations de
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Téclairage, leur influence est bien connue, déjà chez les animaux inférieurs (p. 43). Ici rentre le cas d'un objet lumineux apparaissant brusquement dans le champ visuel, et devenant ainsi « visuel » , provoquant des réactions.
Les moto-réceptions visuelles, si efficaces pour provoquer des mouvements, se rattachent par leur essence aux réactions suscitées par les variations de l'éclairage (voir p. 80).
Dans beaucoup de circonstances, ricono-réaction consiste simplement en un tel « amorçage » de motricités visuelles multiples, qui entrent ainsi successivement en jeu pour régler un mouvement somatique excité par n'importe quelle cause. Et ce mouvement provoque ainsi sa propre régulation visuelle, par une espèce de moto-réception visuelle. Je regarde cette page à moitié écrite ; beaucoup de motricités visuelles coexistent, dans leurs phases nerveuses ; mais elles s'équilibrent dans le cerveau. La plume écrivante qui apparaît sur le papier apporte les moto-réceptions nécessaires pour rendre efficaces certaines de ces motricités, et ainsi s'effectue la régulation visuelle du mouvement de l'écriture. Cette régulation est une icono-réaction, elle dépend de fins détails visuels de mon champ visuel.
Lorsque nous disons à une personne de montrer du doigt la direction d'un point lumineux, elle exécute un mouvement excité par autre chose qu'une photo-réception actuelle, et que la motricité visuelle ne fait que régler. C'est un mouvement dit volontaire, réglé par des photoréceptions. — Retenons qu'en cas d'icono-réactions, il s'agit aussi le plus souvent de mouvements préparés ou incités autrement (volontairement souvent), et que les photo-réceptions ne font que régler.
XL La projection radiaire psychique mise en rapport avec les processus physiologiques. — i** La projection en général, le fait que nous extériorisons nos sensations visuelles, est l'épiphénomène psychique du processus de photo-réaction soma tique. En un point déterminé de son parcours, ce processus devient conscient sous forme d'extériorisation visuelle d'une espèce déterminée.
2° Le fait de la projection radiaire, suivant de multiples directions est dû à ce que nous avons une autre conscience projective de chaque organe visuel élémentaire. — Un homme ne disposant que d'un seul organe visuel élémentaire, et dépourvu tout fait de mémoire visuelle, n'aurait qu'une seule direction visuelle (mais bien de multiples directions tactiles, auditives) \
Il y a autant de directions visuelles qu'il y a d'organes visuels élémentaires, à motricités somatiques spéciales.
3** L'/co/iop5ie(icono-perception, icono-projection), la perception des fins détails visuels, est le fait psychique corrélatif à de multiples photo-réactions coexistantes, toutes finement graduées, mais qui n'aboutissent pas à leur terme ultime, musculaire. C'est l'épiphénomène psychique de plusieurs motricités visuelles éveillées simultanément, mais qui interfèrent avant d'aboutir aux muscles.
L'acuité visuelle est la faculté d'avoir des iconoperceptions finement graduées, d'une précision très grande. Son déterminisme physiologique est donc
I . En supposant à la chenille héliotropique (voir p . 33) des états de conscience, elle n'aurait qu'une seule direction visuelle ; elle vivrait « visuellement » dans une étendue linéaire I
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celui des icono-percep lions, c'est-à-dire il consiste dans l'existence d'un certain nombre d'organes visuels élémentaires, ayant chacun une motricité somatique à part.
Somme toute, la projection radiaire ou angulaire psychique est une certaine conscience que nous avons des processus photo-réacteurs somatiques. Resterait à déterminer la phase de la photo-réaction qui devient ainsi consciente. C'est une question à peine entamée. Selon toutes les apparences, cette phase consciente doit être recherchée dans l'écorce cérébrale ^ — Il ressort à nouveau de ce qui précède que ces états psychiques, la projection radiaire, ne sont pas les mobiles physiologiques des photo-réactions musculaires. — Dans certaines circonstances, dit-on, nous marchons parce que nous voyons. Il serait plus exact de dire que nous voyons parce que nous marchons sous l'influence de photo-réceptions, parce que nous exécutons des photo-réactions. Pour la signification de ce « parce que » (voir p. 33 et suiv.).
La projection radiaire est ainsi envisagée comme Tépiphénomène psychique d'un processus physiologique nerveux. La physiologie ne peut pas aller plus loin que de déterminer exactement la phase du processus auquel est lié cet épiphénomène, Tendroit du cerveau où cela a lieu et les conditions physiologiques diverses qui y président. Elle aura fort à faire pour résoudre le problème dans celte étendue ; mais une fois ce but atteint, sa tâche sera remplie. Surtout elle devra se garder d'aller sur le tcr-
I. Une phase ultérieure du même processus peut devenir consciente sous forme de « volition » du mouvement somatique.
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rain psychologique, de se préoccuper de Tessence de la sensation, des rapports dits métaphysiques entre elle et les autres catégories visuelles psychiques, telles que la représentation, la volition, etc. Nous, physiologistes, nous nous bornons à accepter comme non susceptible d'investigation ultérieure les données du Sjens intime. Et du moment que les états psychiques différents sont rattachés (par les liens de la causalité psychique, (voir p. i8 et suiv.) à des processus physiologiques différents, nous nous déclarons satisfaits.
Les mouvements oculaires sont donc éliminés de la projection radiaire dans ce qu'elle a de fondamental. Cependant cette projection reste liée à des innervations motrices, mais à des innervations qui provoquent des mouvements somatiques.
Ajoutons ici que. d'après nous, la projection tactile, moyennant les doigts, par exemple, est de même l'épiphénomène psychique des tango-réflexes, provoqués par des irritations tactiles de la peau. Elle est d'autant plus j)récise que ces réflexes sont plus spécifiées, c'est-à-dire qu'ilsdiffèrentpour un plus petit écart entre les points de la peau excités (p. 1 48 et 1^9). — De môme aussi les représentations statiques, de haut et de bas notamment, sont les épiphénomènes psychiques des stato-réflexes, provoqués par les excitations du labyrinthe. Pas n'est besoin de sensations musculaires ni de sensations de l'équilibre, toutes les deux purement subjectives, pour expliquer ces deux ordres de phénomènes psychiques objectivants. Ceuxci sont liés directement à certaines innervations. De même aussi pour la représentation visuelle, pas n'est besoin d'invoquer, avec une certaine école psychologique, les sensations visuelles. Si tout ne nous trompe, la projection visuelle (psychique) a môme été, phylogénétiquement parlant, antérieure aux sensations visuelles. Nous imaginons donc une « vision » objective sans sensations visuelles.
T \ \rSIOX CHEZ t'iiom'we i55
Entre notre manière d'ouvisager la projection radlalre et celle de la plupart des auteurs à lendanee physiologique, celle de HERiwq notamment, il y a ladiflercncc fondamentale que Hebing ne diiilîn^ue pas suHisammenl entre la causidîté p.svchiqiie et la causalité plrysiolo«^ique» Au moins il semble résulter de ses écrits que cet auteur \oit dans la sensation visuelle le « but phy-siolojL^'iquc » des plioto-r<^ceptions. alors que ee but est conslitué par les jiliolo-réactions soiiialiques. llp-RiNr» pari des sensations viïiuelle^» auxquelles il attribue d'essence uu élément objectif, corporel. Le point de départ est fautird'après nous.
\IL La projectioE radiaire et les mouvements ûcalaires. — Pour comprendre la signification et la genèse phylogénique des niouveuicnts oculaires, il convient de recourir de nouveau aux cas les plus simples.
Un homme nayanl (/aiin seul bâtonnet dans un œil immobile ne dispose donc que d'une seule photoréaction (héliotropique?)* De par la photo-réception ^lénienlaire sup[J0sée, il ne se déplacerait que dans iirie seule direction, celle que doit suivre la hnnièrc pour aiTÎver à cet œîL Provenant d'une auti'e direction, la lumière ne provoquerait aucune réaction, ni mAme de photo réceptions (voir p. 1^12 et il\t\). — Mais d'autres réceptions* (tactiles, acoustiques, etc.) pourraient engager cet homme a se mouvoir, et en \erlu de ces réactions non visuelles, la photo-réaction pourrait acquérir une certaine « phuivalence >?, des directions visuelles nuilliples, mois successives» non simultanées, plurivàlence qui disparail toutefois si on î!ioimiet le phénomène à Tanalyse physiologique pure. Physiolugi(iuenienl parlant, en ne tenant compte que de lY'tre réacteur et de la cause excitante, la réaction
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est univoque. Géométriquement, c'est-à-dire psychologiquement parlant, si nous la décrivons dans ses répétitions, et encore par rapport aux objets environnants qui n'ont aucun rapport de causalité avec elle, elle devient plurivoque.
b) Supposons maintenant un être muni d*un œil caméraire (analogue à celui de l'homme) immobile dans la tête, mais dont les icono-réactions seraient également développées partout (en langage psychologique, dont l'acuité visuelle serait la même dans toute la rétine). Peu importe que les icono-réactions soient plus ou moins développées. Supposons-les cependant rudimentaires.
De par les photo-réceptions actuelles (sans intervention de faits de mémoire visuelle), il n'y aurait pas de raison physiologique qui ferait tourner l'animal sur place, pour faire arriver la photo-réception sur tel œil élémentaire plutôt que sur tel autre, de façon à « orienter » la rétine de telle ou de telle façon. Mais bien entendu, chaque œil élémentaire éclairé provoquerait le mouvement somatique qui lui est propre, qui résulte de sa motricité à lui. De par les photoréceptions donc, un tel homme ne tourne pas sur place, et s'il le fait, c'est certainement à la suite d'autres réceptions (actuelles, ou antérieures, si on tient compte des faits de mémoire). Et s'il tourne réellement, les réactions de tous les yeux élémentaires, tout en restant les mêmes, physiologiquement parlant, sont toutes modifiées géométriquement, ainsi que nous venons de le voir pour un œil élémentaire pris isolément.
c) Mouvements fixateurs du corps. — Que dans cet œil immobile (dans la tête) apparaisse la nou-
lii:
velle rélîne, à iccmo rcacliojis plus tlévelopptîes, une fovea enfin ou une macula. De par révolution phjlogénique, et les icono-réaclions ayant une grande utilité pour rindividu, il est certain que les mécanismes nerveux visuels se modifieront de façon que maintenant, comme premier efl'el d'une photoréccp lion non tnaculaire, il sur\âenne un mouvement somalique qui tourne la rétine ironoptique vers Folijet. Puis seulement se produira la phalu-réaclît)n somalique, mais comme réaction provoquée par la macula. — GrAce à ce mouvement somalique initial, et géométriquement parlant, toutes les pVi oto-réactions sont en apparence modifiées. Mais ici elles se sont modiiiées de par les photo-réceptions. Seule la photo-réception au centre lie la macula produira toujours, et d'emblée, la réaction somalique Le premier effet d'une [>boloréception sur la périphérie rétinienne sera défaire tourner l^ètrc sur place, defaçon a assurer Ticono- réception ; puis celle-ci provoquera le mouvemeni (héliotropique). — Mais les yeux élémentaires péripiiéiiques ne sont pas pour cela dépouillés de leurs valences motrices spéciales, ni de Ipurs motricités héliotropiques, qui persistent ; mais nous Tavons dit^ ces molricilés ne peuvent sortir tout à fait leurs effets. - — Les bâtonnets de la périphérie rétinienne ont donc acquis une motricité somalique nouvelle, rotatrice, orienlatrice pour la rétine, et provoquée uniquement par Tapparition de la rétine nouvelle, et qui repose surtout sur des mécanismes nerveux créés phylogéniquement par cette rétine nouvelle, iconique.
d) Mouvements fixateurs de la tête, — Insistons-y un peu, car ils vont nous donner la clef pour la com-
LA VISTON
préhension des mouvements fixateurs des yeux. — Supposons un œil iconant fixé sur une tête très mobile
— un cas réalisé approximativement chez Toiseau. Si cet être est dans les conditions héliotropiques
(p. i43) la tête tournera d'abord de manière à amener la photo réception sur la macula (fixation), puis le corps suivra, et le déplacement héliotropique s'exécutera, en qualité de photo-réaction fovéale. — Si nous prenons l'oiseau au moment oii la tête seule est tournée, le mouvement somatique ultérieur, la photo-réaction fovéale est constituée de deux composantes : a) de la rotation orientatrice du corps qui suit celle de la tête, et b) du déplacement héliotropique véritable. On dirait que le photo-réflexe fixateur sur la tête a modifié la valence motrice somatique de la photo-réception maculaire^ puisque maintenant la direction (géométrique) du mouvement héliotropique est autre que tout à l'heure. Encore une fois, cela n'existe que géométriquement, c'est-à-dire psychiquement parlant; le « mouvement d'attaque » est toujours vers la source lumineuse. — De même aussi le premier effet héliotropique exercé sur un tas de chenilles varie en apparence de l'une à l'autre, seloal'orientation et le maintien momentané de chacune d'elles ; le résultat physiologique est le même pour toutes : une locomotion vers la source lumineuse. — De même encore le muscle gastro-cnémien de la grenouille, isolé avec son nerf, produit une réaction toujours univoque,
— un raccourcissement, — chaque fois qu'on excite le nerf. Mais le fait de ce raccourcissement peut devenir plurivoque si on l'exprime en langage géométrique: il se raccourcit de droite à gauche, de haut en bas,
LA YTSION CHEZ l'ïIOMME iSg
de gauche à droite, selon rorientation qu'on lui donne préalablement.
Les motricités somatixjues fovéales ne sont donc pas seules à être ainsi modifiées par l'innervation du mouvement de la tête ; il en est de même de toutes les motricités rétiniennes élémentaires.
Dans la vision habituelle, iconoptique (non héliotropique), ces modifications géométriques des photoréactions sont très fréquentes. Et alors il arrive même souvent que le photo-réflexe fixateur sur la tête ne soit pas suivi du mouvement du corps, et cela par toutes sortes d'influences frénatrices cérébrales. Le photo-réflexe somatique est préparé nerveusement, mais n'aboutit pas à son terme ultime, musculaire. A ce moment, le système nerveux visuel n'est pas le même qu'avant l'exécution du photo-réflexe céphalique. Suivant une certaine manière de s'exprimer, l'innervation du mouvement de la tête a aiguillé dans des voies un peu difierentes un photo-réflexe héliotropique, qui peut n'exister que dans sa phase nerveuse. Ce sont là questions du mécanisme nerveux cérébral. — Bien entendu, ce qui modifie le photoréflexe somatique, ce n'est pas la rotation de la tête en elle-même, ni le raccourcissement des muscles rotateurs*, mais la partie nerveuse du photo-réflexe céphalique. — La modification y est, même dans les cas où, par suite d'une paralysie périphérique, le mouvement de la tête serait impossible. — La modification (géométrique) du photo-réflexe somatique se
I . La théorie psychologique invoque ici notamment les sensations inconscientes du sens musculaire.
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produit aussi chaque fois que l'innervation centrale du mouvement céphalique est incitée par une autre réception (acoustique, tactile). Elle ne se produit pas si la tête est déplacée mécaniquement, à moins qu'une innervation centrale ne soit venue après coup régulariser, légitimer le^ déplacement, témoin les images négatives, développées en champ obscur, et qui restent immobiles malgré des mouvements imprimés passivement à la tête, ou même à tout le corps (ou encore seulement à l'œil).
En employant un langage partiellement psychologuant, nous disons qu'un « ennemi » paraissant devant un oiseau provoque un mouvement de recul. S*il a la tète tournée en arrière, la même photo-réception provoque un mouvement en avant. Dans les deux cas, les réactions soma tiques diffèrent (géométriquement parlant), bien que les photo-réceptions soient les mêmes. Et c'est l'innervation du mouvement de la tête qui a amené ce changement. — L'exemple choisi démontre aussi qu'à un certain point de vue, le photo-réflexe sur la tête équivaut à un mouvement fixateur de tout le corps.
En résumé, les motricités des différents yeux élémentaires sont modifiées en apparence par le photo-réflexe fixateur ; elles le sont si on les exprime dans le langage de la géométrie cosmique. En supposant à l'oiseau des facultés psychiques humaines, les projections diverses seraient réellement modifiées par ce réflexe, puisque la pensée humaine objectivante ne peut se faire que suivant les lois de la géométrie.
e) Moui^ements fixateurs de Vœil. — Nous voici arrivés aux mouvements fixateurs de l'œil, auxquels
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nous passons sans saut brusque. Lorsque Toeil est mobile dans l'orbite, le mouvement fixateur de la tête est remplacé plus ou moins par des mouvements de l'œil dans l'orbite, mouvements très prononcés chez l'homme et le singe. Nous n'avons qu'à transporter ici les développements donnés à propos des mouvements de la tête. Le plus souvent, ces mouvements sont des photo-réflexes, plus rarement des sono-ou des tango-réflexes *. Le « but physiologique », la signification biologique de ce photo-réflexe sur l'œil est de ramener une photo-réception quelconque sur le centre de la rétine iconique. Ce réflexe fixateur modifie, géométriquement, ou psychiquement parlant, toutes les valences motrices somatiques de toutes les photo-réceptions. La projection psychique est donc modifiée fatalement dans le même sens.
Encore une fois, c'est l'innervation centrale de ce mouvement, et non le déplacement de l'œil, qui est l'agent modificateur du photo-réflexe somatique.
Reprenons notre homme héliotropique de plus haut, muni d'un seul bâtonnet, mais dans un œil mobile. Que ce soit un bâtonnet fovéal.^ Avec les muscles oculaires en repos, cette photo-réaction unique, hélio tropique, (réalisable comme il est dit à la page i42), porte le corps en avant. Supposons maintenant Fœil tourné à' droite, alors le mouvementhéliotropique (univoque) est autre. C'est celui, au degré près, d'un bâtonnet tout à Theure situé à gauche, dans la périphérie rétinienne. Le mouvement
I . Plus rarement encore ce sont des mouvements volontaires (voir plus loin).
oculaire a modifié la photo- réaction somatique fovéale (ainsi que la projection psychique correspondante), et il a substitué la motricité somatique de la fovea à celle d'un bâtonnet périphérique.
Soit maintenant une rétine humaine normale, intacte, dans un œil normal. Le plus souvent, toute photo-réception non fovéale commence par provoquer le réflexe fixateur, qui est un réflexe sur les muscles oculaires amenant la photo-réception sur la fovea, sur la rétine iconique; puis seulement survient le photo-réflexe somatique. Seuls certains photo-réflexes somatiques de défense continuent à être provoqués par n'importe quel œil élémentaire (p. 1 45). Ce réflexe fixateur sur l'œil produit en somme les mêmes effets que les mouvements fixateurs de la tête.
Les raisons (physiologiques, phylogéniques) qui ont substitué la fixation oculaire à la fixation céphalique paraissent être les suivantes, a) Reporté à l'œil, le mouvement fixateur ébranle une moindre masse, et il peut être plus exact. Aussi chez les mammifères au moins peut-on s'attendre à des icono-réactions maculaires ou îbvéales d'autant plus spécifiées, ou encore à une acuité visuelle d'autant plus parfaite, que les yeux sont plus mobiles, b) La fixation bi-oculaire et son dérivé, la vision bi-oculaire de la distance, est impossible à obtenir moyennant les seuls mouvements de la tète ; elle suppose des mouvements oculaires très développés. — Plus loin, à propos de la loi de Listing, nous verrons une raison physiologique qui s'oppose à ce que les mouvements fixateurs de la tète soient totalement remplacés par ceux des yeux.
Les photo-réflexes sur l'œil ne sont pas un « but » physiologique des photo-réceptions, mais un « moyen »
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d'assurer le but véritable des pboto récepltons, qui nous est donn»5 dans les photo-réactioiis somaliqties. Leur but physiologique est de substituer la valence snmatu-u»nlrice fnvéale h nelk*s de la périphérie rélî nienne^ u parce ipu* » celles-ci le cèdeni en précision A la première. Ce <t parce que » est de nature pliylogénique, c'est-a-dire pbvsiolo^dtpie, et non psychique. Kn d'autres muts, les photo-réllexes oculaires ont pour elTet do faire dépendre les fins mouvements visuels soma tiques presque excUisivement des valejices somato-motriccs de la lovea.
En un certain sens, les mouvements oculaires font partie inlé*rrante de la plioto-réropliou, puisque leur efïet est d'en moililier les valences sonialo-niotrices, di^ faire de Vieil fovéal élémentaire autant d'yeux (élémentaires), autant de valences motrices somatifpies qu'il y a de mouvements oculaires, c^csf-A-dir<' une inTmitê.
Par le moyen des pboto-réactions sur lœil, les plioto-réactions sur le corps se règlent automatique nient, en voie d'exécution, et avant qu'elles n'aient abouti à leur terme ulfimc, musculaire, un peu comme les macliines industrielles munies de mécanismes auto-réjjrulaleurs règlent elles-mêmes l'intejittité de leurs elTets. — Pour rendre possible cette auto-régulation des photo-réactions srnnatiqtieSp il fallait la création de mécanismes nerveux qui ont apparu (phylogénlquement) avec la iine régulation des photo réllexes bomatiques. Ces mécanismes (dits de fixation, de convergence), sont congénitaux, chez riiomme aussi bien que chez les animaux; ils fonctionnent en qualité de mécanismes réllexes dès que le développement onlogénique est achevé,
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Pour que celle motricilé fixatrice oculaire des photoréceptions non fovéales sorte réellement ses effets, il faut que deux conditions soient réalisées : a) il faut qu*il y ait une photo-réception « visuelle», efficace; b) il faut que tous les organes visuels élémentaires, et surtout les fovéaux, soient intacts. Sinon ^ on remarque que toute photo-réception tend à produire d'emblée son photo-réflexe soma tique, et la' fixation fovéale, même celle qu'on dit volontaire, est impossible à réaliser. La première condition n'est pas réalisée en cas de troubles intenses dans les milieux transparents des deux yeux. Alors aucune photo-réception ne tranche suffisamment sur les autres. De là « le regard vague », immobile, p. ex. en cas de cataracte bilatérale complète. La seconde condition n'est pas réalisée lorsqu'une petite partie rétinienne périphérique fonctionne seule, ou lorsqu'il y a un très large scotome central. Dans ces ccndilions aussi, le regard est vague, « ne cherche pas » . — La théorie psychologique de la vision explique ce dernier cas par une opération psychique compliquée : « le sujet malade, reconnaissant l'inutilité de son effort fixateur, y renonce », etc. — Un examen attentif des faits montre qu'il n'en est pas ainsi. Une preuve péremptoire est que, dans ces conditions, le sujet ne peut plus fixer, môme s'il le veut. Et dans ces conditions, on voit survenir souvent les mouvements oculaires oscillatoires du nystagmus. — Il faut se figurer que, lors du mouvement fixateur, les photo-réceptions intermédiaires contribuent à assurer le mouvement, en règlent l'exécution, tout comme un mouvement du bi^as en voie d'exécution est « réglé » par les innervations profondes du membre.
Des causes autres que des photo-réceptions actuelles peuvent provoquer des mouvements oculaires. C'est
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ainsi que des sono-réceptions peuvent provoquer des mouvements visuels « chercheurs » , de la tête et des yeux, et ces mouvements ont tous les caractères de réflexes. ^Des mouvements oculaires peuvent aussi être provoqués par des endocinèses très compliquées. De ce nombre sont les mouvements oculaires volontaires (voir plus loin). Un homme qui « regarde » en entendant son nom, le fait en vertu d'une endocinèse, suscitée par une sono-réception.
XIII. La projection radiaire psychique et les mouvements oculaires fixateurs. — La projection psychique radiaire, avons-nous dit, est fonction (psychique) des photo-réflexes somatiques, des valences motrices somatiques propres aux différents yeux élémentaires. Elle est constituée par la conscience que nous avons des photo-réactions somatiques, celles-ci étant exprimées dans le langage de la géométrie, c'est-à-dire dans leurs rapports avec les objets environnants. Or, à ce dernier point de vue, les photo-réflexes oculaires modifient les valences motrices des yeux élémentaires ; mais en même temps la localisation psychique est modifiée elle aussi. De par ces innervations motrices oculaires, une photo-réception fovéale (ou autre) est maintenant suivie d'une autre localisation. — L'erreur à peu près générale consiste à rattacher la localisation psychique directement aux mouvements oculaires, alors qu'elle est l'épiphénomène psychique de la photoréaction somatique. En général, nous n'avons conscience que de nos réactions en tant qu'elles ont un rapport direct avec le monde extérieur ; nous n'avons pas conscience des réactions de nos organe^ viscéraux.
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et l'œil en est un. Les photo-réflexes somatiques deviennent conscients (sous forme de projection) dans une phase qui suit celle qui a ressenti . l'influence du réflexe fixateur. Ce réflexe est inconscient. Ce n'est qu'indirectement que les mouvements oculaires influent sur la projection psychique, par le moyen des photo-réactions somatiques.
Le motif des mouvements oculaires dans la théorie psychique de la vision. — Comment la théorie psychique de la vision explique-t-elle « pourquoi » on meut Tœil ? — Pour un certain nombre de cas, elle a tôt fait en invoquant la « volonté » comme mobile primaire de ces mouvements. — Cependant, cette volonté elle-même doit être déterminée par quelque chose ; mais il est très difficile de savoir en quoi consiste ce quelque chose. Le plus souvent, les auteurs y voient le résultat d'une délibération, d*un jugement visuel de la teneur suivante. A son apparition dans la périphérie du champ visuel, l'objet est vu flou, peu distinct. D'autre part nous avons le « désir» de le voir nettement. Ce désir, un peu transformé, devient la « volonté » de voir nettement. Et par l'expérience acquise, nous savons que pour obtenir cet effet, pour atteindre ce « but », le meilleur « moyen » est encore le mouvement de fixation. Et ce mouvement, nous pouvons l'exécuter ou ne pas l'exécuter ; il est donc « volontaire». Cette volonté, déduite de certaines sensations, par une série d'opérations exposées en psychologie, est donc le mobile véritable du mouvement fixateur. — Mais comme dans une foule de circonstances, il est par trop évident que les mouvements oculaires ne sont pas précédés de tout cet attirail psychologique, et qu'ils ont au suprême degré les caractères des mouvements réflexes, inconscients, on se rabat sur une « tendance» à voir nettement. Cette tendance est encore psychique de son
essence; c'est comme une volonté inconsciente (!). Elle est évidemment une conception du même ordre que la leucophobié ou la leucophilie des animaux inférieurs. D'après nous, il faut la ramener sur le terrain exclusivement physiologique, à la motricité oculaire (réflexe) des photo- réception s dans la périphérie rétinienne.
Nous avons déjà signalé dans ces divers jugements visuels un cercle vicieux des plus constants, consistant ici en ce que d'une part la localisation nouvelle résulterait du mouvement oculaire (ou de son innervation) , mais que d'autre part, pour exécuter ces mouvements oculaires, nous devrions déjà avoir une certaine notion de la nouvelle localisation. — Nous rencontrerons le même cercle vicieux dans les raisonnements psychologiques sur la vision de la distance. Wundt, bien que partisan de la théorie psychique, l'a senti : il voit dans les mouvements oculaires des réflexes, sur lesquels la volonté exercerait une certaine influence.
XIY. Localisation des photo-réceptions dans quelques circonstances particulières. — Les images accidentelles (faits psychiques) résultent de la persistance des photoréceptions, alors que l'objet lumineux a disparu. D'après ce qui précède, on comprend que ces images se déplacent avec le regard. Mais on comprend aussi qu'elles restent immobiles lorsqu'on imprime au globe oculaire un mouvement passif, à l'aide du doigt par exemple *. — En cas de paralysie d'un muscle oculaire extrinsèque, si l'objet visuel se trouve dans le terrain d'action du
I. Un fait au fond identique est le cas d'une personne renfermée dans un espace clos, et qui continue à se croire en repos, bien que le réservoir tourne horizontalement, pourvu que le mouvement n*ait pas provoqué d'autres réceptions (ni les réactions correspondantes).
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muscle paralysé, le photo-réflexe fixateur ne se produit pas dans son terme ultime, musculaire, mais bien dans sa partie nerveuse ; il modifie le photo-réflexe somatique : le doigt, poussé sur l'objet, passe à côté (au delà) de lui. La projection psychique est naturellement modifiée dans le même sens : on voit Tobjet déplacé dans le sens de l'action du muscle paralysé.
XV. Nature du point de fixation. — Notons d'abord que ce point est d'une précision absolue, et qu'à l'aide des images négatives, Javal* a pu se convaincre que c'est toujours le même point que nous fixons, ou plutôt que c'est toujours le même œil élémentaire, le même cône fovéal qui sert à la fixation. — Javal se demande si le point de fixation est le « point de vision maxima », — On admet que l'acuité visuelle est la même dans une petite zone centrale de la fovea. Du chef de l'acuité visuelle (de la précision dans la photo-réaction somatique), rien ne désigne donc tel point de la fovea plus particulièrement que tel autre.
Nous- ne saurions approuver Javal lorsqu'il dit que l'utilité du point de fixation ne paraît évidente que lorsqu'il s'agit de fixation binoculaire. Elle est tout aussi évidente dans la vision monoculaire, et le borgne de naissance a un point de fixation.
XYI. Vision droite avec des images rétiniennes renversées. Notions de haut et de bas. — Le problème (psychologique) de la vision droite d'objets dont les images rétiniennes sont renversées, met en évidence la collusion des notions psychologiques, ou des données du sens intime avec la logique des faits physio-