I. Javal. Manuel du strabisme. Paris, 1896, p
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logiques. L'explication qu'en donne la théorie psychologante (p. 126 et 126) en fait une question d'expérience individuelle, basée sur la sensation inconsciente du « signe local ». Elle compare le sens intime à un agent surveillant le tableau des sonnettes d'un hôtel. Chaque numéro de ce tableau représente un signe local, que l'agent a appris à interpréter dans l'espace ; et cependant, le numéro n'a aucune analogie corporelle avec la chambre, et l'arrangement géométrique des numéros ne correspond pas à celui des chambres.
Pour montrer la fragilité de cette explication, on n'a qu'à rappeler comment on voit avec la tète inclinée latéralement, ou même tout à fait en bas : les objets ne sont pas vus inclinés ou renversés. On invoque alors de nouvelles expériences individuelles. : par suite de nombreux essais de ce genre, nous aurions appris à éviter les « faux jugements visuels », à l'aide des renseignements sensoriels fournis, par d'autres organes des sens (tactiles, du sens de l'équilibre, etc.) * . Nous objectons que lors du premier essai tenté pour voir avec la tète en bas, on ne dispose pas d'une véri-
I. On avait cru, dans le temps, esquiver la difficulté théorique résultant pour la théorie empirique, du fait de la vision droite avec la tête inclinée, en supposant (nup:cK. Die Achsendrehung des Auges. Dorpat, i838.) que lors de ces manœuvres, l'œil exécute une rotation (autour de la ligne visuelle) qui maintiendrait à la rétine son orientation primitive dans l'espace . Des expériences exactes (Javal, Donders et Mulder. Avcli. f. Ophthalm.y 1876, X\I, i, p. 68) démontrèrent que dans ces conditions Tœil exécute réellement une petite rotation en sens opposé du mouvement de la tète, mais que cette rotation est insuffisante pour compenser tout le mouvement de la tète. NuEL. .10
table expérience pouvant redresser notre jugement visuel, et néanmoins on ne voit pas les objets renversés.
Il est certain que la notion de haut et de bas est Tépiphénonène psychique de la station verticale, ou plutôt des innervations qui maintiennent la station verticale. Le problème physiologique consiste donc à rechercher le déterminisme physiologique de cette réaction somatique. Or, il est certain que la station verticale n'est que très accessoirement une photo-réaction (somatique), témoin l'aveugle de naissance qui se tient debout et a parfaitement la notion du haut et du bas. — Les stato-réactions surtout entrent ici en ligne décompte. En langage psychologique, on dit que les sensations (inconscientes) du sens de l'équihbre produisent la notion du haut et du bas. — Néanmoins, les photo-réceptions y sont pour quelque chose aussi : un homme dont l'oreille interne est détruite (des deux cotés) se maintient encore en équilibre, mais il le fait plus difficilement s'il ferme les yeux. — Un ^taxique (privé des réceptions dites musculaires) ne se maintient guère en équilibre s'il ferme les yeux. — Les réceptions musculaires et les photo-réceptions contribuent donc, conjointement avec les stato-réceptions, à maintenir le corps droit, et par conséquent contribuent à provoquer le réflexe somatique dont Tépiphénomène psychique est la notion de haut et de bas.
Rien dans les photo-réllexes somatiques, ni dans les photo-réflexes oculaires, n'a un rapport absolu avec la notion de haut et de bas. Avec la tête renversée, les photo-réflexes sont identiquement les mêmes que dans la position droite : une photo-réception sur la périphérie rétinienne provoque le même mouve-
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ment de préhension à l'aide de la main, et le même mouvement oculaire que dans la station droite — bien entendu si on n envisage le corps réagissant qu'en lui-même. — Mais s'il est douteux que le réflexe de redressement soit excité par les photo-réceptions, il est évident cependant qu'en voie d'exécution, il peut être réglé par les photo- réceptions.
Constatons que lorsqu'il s'agit d'extériorisation, notre sens intime ne constate que Tefl'et total et ultime de tous les processus physiologiques, et qu'il fait cette constatation dans le langage de la géométrie cosmique, de la science de l'espace \ — Les notions de haut et de bas visuel n'acquièrent du reste pas de signification physiologique en étant exprimées en langage géométrique, moyennant les conceptions de « vertical » et de a horizontal », etc., pas plus que la projection radiaire n'est expliquée physiologiquement moyennant les éléments de la sphère ^
XYII. Manière plus exacte dont se meut le globe ocalaire. Loi de LISTING. — Les mouvements de Tœil
1 . Nous nous rapprochons ainsi de l'opinion philosophique qui voit dans Tespace une création du moi.
2. Un essai grossier d'explication « géométrique » consiste à mettre la vision droite sur le compte de la disposition des cônes rétiniens, dirigés vers le centre de la sphère oculaire, de sorte que prolongés vers Textérieur, ils redresseraient les- photo-réceptions, etc. Pour la physiologie, ce sont là des mots, et rien de plus. — D'autre part, recourir à l'image cérébrale « corticale » des objets, qui parait se former réellement dans la rétine corticale, cela n'avance en rien l'explication psychologique, puisque pas plus que de l'image rétinienne, nous n'avons une conscience directe de l'arrangement géométrique de cette imago corticale.
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dans l'orbite ne sont pas des locomotions, mais des mouvements autour de son centre, qui reste immobile dans Torbite ; ce sont des rotations autour d*axes passant par ce a centre de rotation ». Les mouvements habituels de Toeil s'exécutent conformément à la loi de Listing ^ dont voici la teneur. Si nous déplaçons le regard à partir de sa position droit devant nous, la ligne visuelle ^ exécute une rotation autour d'un seul axe de rotation qui eM perpendiculaire et à la position initiale et à la position terminale de la ligne visuelle. — Nous serions entraîné trop loin en décrivant les expériences (de Donders et d'autres) établissant que réellement Tœil se meut d'après cette loi ; mais nous devons dire un mot des causes psychologiques qu'on suppose souvent à cette loi.
Helmholtz admet que de par le système nerveux central, à peu près tous les mouvements oculaires imaginables sont possibles, et que de prime abord, chez le nouveau-né, les uns ne sont pas plus nécessaires que les autres. — Cette opinion est certainement erronée. Si dans l'économie il y a des mouvements déterminés rigoureusement dans leur forme par des mécanismes nerveux congénitaux, ce sont bien les mouvements oculaires. — Helmholtz est d'avis que si les mouvements oculaires suivent toujours la loi de Listing, ce serait que l'expérience individuelle aurait démontré à chacun de nous que de cette manière ils sont les plus utiles pour l'orientation psychique, c'est-à-dire pour l'interprétation corporelle des sensations visuelles. Le, « principe de Vorientation (psychique) la plus facile » présiderait chez chacun individuellement à l'établissement de cette loi.