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I. FiCK. Zeitschr, f. ration. Med., i854, IV, p. ici

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les photo-réactions somatiqucs soient les mêmes dans les deux cas, il faut évidemment que les photo-réceptions soient le plus possible les mêmes. — Ce prindpe des photo-réceptions (ou des phoio-réactions) toujours les mêmes pour le même objet est au fond celui invoqué par Helm- HOLTZ, mais transcrit en langage physiologique. L'utilité évidente de ce principe a, l'évolution naturelle aidant, soumis les mouvements oculaires à la loi de Listing. —

Le principe de l'orientation ou de la perception toujours la même ne saurait être la cause de l'innéité de la loi de Listing, attendu qu'un principe psychologique ne saurait être la raison (réelle, physiologique) d'une fonction ou disposition physiologique (pp. 19 et 20). — Qu'on nous permette la compavaison suivante. Un homme observe les ombres d'oiseaux qui viennent se poser dans son voisinage, mais cachés à sa vue. Chaque fois qu'il tire un coup de fusil, les ombres s'en vont. Les ombres s'en vont, non pas qu'elles soient « effrayées », mais parce que les oiseaux qui leur donnent naissance sont « effrayés » par le coup de fusil. — Dans le cas de la loi de Listing, le fait psychique est comme l'ombre du fait physiologique : pour qui ignore le fait physiologique, le fait psychique semble être la cause de la loi de Listing.

Nous disons que les photo-réceptions doivent être « le plus possible » les mêmes pour le même objet, qu'il soit fixé directement ou obliquement. En fait, les photoréceptions ne peuvent pas être absolument identiques dans les deux cas, et cela pour des raisons géométriques. Des objets identiques ne peuvent donner des projections identiques sur une sphère que s'ils sont arrangés suivant une surface sphérique concentrique à la première. Or l'œil est une sphère sur laquelle se projettent les objets visuels ; mais ces objets ne sont pas arrangés suivant une sphère concentrique autour de l'œil ; ils sont disposés plus ou moins suivant un plan situé au loin, et perpendiculaire

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à la ligne visuelle dirigée droit devant nous K Si la lijgne visuelle est dirigée droit devant nous, un objet pas trop grand, et fixé, forme une image rétinienne semblable à l'objet. Si ensuite on fixe obliquement un objet identique au premier, ou bien si on continue à fixer le môme objet en tournant la tête, il survient dans son image rétinienne une « distorsion », déjà sensible pour un mouvement oculaire modéré, mais qui est (pour des raisons géométriques) réduite à un minimum si les mouvements s'exécutent conformément à la loi de Listing. Cette distorsion est du même ordre que celle connue des photographes, et qui se produit dans l'image photographique lors([ue l'axe de l'appareil n'est pas perpendiculaire à l'objet. Par exemple des lignes verticales dans l'objet sont inclinées dans l'image lorsque l'axe de l'appareil n'est pas horizontal. — Si le déplacement du regard dans l'orbite est un peu excursif, la distorsion de l'image rétinienne s'accentue, et l'identité de la photo-réaction somatique est en danger. Mais aussi dans ce cas les mouvements oculaires sont suppléés par les mouvemonls fixateurs de la tête, qui plus que les mouvements oculaires évitent la distorsion. Ils réalisent notamment que la photo-réception d'une ligne verticale occupe toujours les mêmes éléments rétiniens, ce (jui est impossible si le mouvement de fixation est obtenu par la seule rotation de l'œil. C'est là la raison physiologi([ue de l'association si marquée des mouvements de la tête avec ceux du corps. On comprend au «si (jue, phylogéniquement, les mouvements fixateurs de l'œil (plus récents) ne pourront jamais remplacer tout à fait les mouvements fixateurs de la tête (p. 162).

L'étude des mouvements oculaires démontre à l'évidence que ni les photo-réceptions, ni les photo-réactions

I. L'objet est sensé n'avoir que deux dimensions, ce qui est le cas dans la vision purement radiaire.

oculaires n*ont rien à voir directement avec les notions psychiques de vertical ou d'horizontal, d'angles droits ou non droits. Dans le regard droit devant nous, une petite croix à angles droits et fixée produit une photo-réception fovéale semblable à l'objet, c'est-à-dire ressemblant à la croix à lignes pleines de la figure i ; et elle est interprétée (psychiquement) avec une branche verticale, une

horizontale et avec des an- \ gles droits. Si maintenant

\ ' on fixe une croix identique

en tournant le regard en haut et à gauche, son image rétinienne est celle des lignes •-~~~h pointillées (fig. i). C'est-àdire que la photo-réception occupe d'autres éléments ré- \ cepteurs, et de plus, ses an-

V gles ne sont plus droits.

F,Q I, Néanmoins, cette photo-ré-

ception est maintenant interprétée comme tout à l'heure celle à lignes pleines, tandis que celle des lignes pleines serait interprétée avec les deux angles ^ et a aigus, et les deux autres obtus. — Maintenant un point rétinien est dans le regard oblique, interprété, comparativement aux voisins, l'un plus en haut, un autre plus en bas, un autre plus à gauche et un autre plus à droite que dans la position primaire du regard. Dans cette nouvelle position du regard, une photo-réception linéaire est interprétée horizontalement (ou verticalement) par rapport à une autre, alors qu'elle ne l'est pas dans le regard droit devant nous. — La théorie psychologante de la vision dit que les mouvements oculaires modifient l'interprétation psychique des photoréceptions. Nous prétendons qu'ils la modifient indirectement, par le moyen d'une modification qu'ils impriment

aux photo-réactions somatiqucs. Seulement il njc faut pas oublier que ce sont généralement des photo-réactions somatiques nerveuses seulement, qui n'aboutissent pas à leur phase musculaire.

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